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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2204611

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2204611

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2204611
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantCABINET BERGER ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoire enregistrés les 16 juin 2022, 21 décembre 2022 et 27 juillet 2023, M. B A, représenté par Me Paturat, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 1er février 2022 par laquelle le directeur régional de l'environnement, de l'aménagement et du logement d'Auvergne-Rhône-Alpe a classé sans suite sa demande tendant à la délivrance d'un procès-verbal de réception à titre isolé d'un véhicule de marque Man-RMB/Pilote et la décision du 5 mai 2022 rejetant son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes de faire droit à sa demande de réception à titre isolé pour ce véhicule, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 1er février 2022 doit être regardée comme entachée d'un vice d'incompétence et cette irrégularité justifie l'annulation de la décision du 5 mai 2022 par voie de conséquence, dès lors que :

• il n'est pas établi que l'arrêté du 17 janvier 2022 donnant délégation à M. D lui ait été notifié ;

• le directeur régional de l'environnement, de l'aménagement et du logement ne pouvait pas régulièrement subdéléguer sa signature à M. D, lequel ne disposait pas, en tout état de cause, d'une telle délégation pour signer la décision attaquée ;

- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- le véhicule n'était pas soumis à la procédure de réception à titre isolé en raison de sa immatriculation précédente en Allemagne ;

- la décision du 1er février 2022 est entachée d'une erreur de fait, dès lors que les autorités allemandes n'ont pas classé le véhicule en catégorie N2, ce dernier ayant toujours été classé en catégorie M1 ;

- les motifs invoqués dans la décision du 1er février 2022 ne pouvaient fonder le refus en litige ;

- l'administration a commis une erreur d'appréciation en estimant que le véhicule n'était pas conforme à la réglementation alors qu'il a produit les justificatifs nécessaires et que le service des réceptions n'a pas inspecté son véhicule.

Par des mémoires en défense enregistrés les 16 septembre 2022 et 22 février 2023, le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Par une ordonnance du 31 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 août 2023.

Un mémoire a été enregistré le 21 novembre 2023 pour le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes et, l'instruction étant close, n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;

- la directive 2007/46/CE du Parlement européen et du Conseil du 5 septembre 2007 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la route ;

- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;

- l'arrêté du 19 juillet 1954 relatif à la réception des véhicules automobiles ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Viotti, conseillère,

- les conclusions de M. Gilbertas, rapporteur public,

- et les observations de Me Paturat pour M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a déposé, le 1er décembre 2020, une demande tendant à la délivrance d'un procès-verbal de réception à titre isolé d'un véhicule de marque Man-RMB/Pilote de type TGL 10.240 4x2 BL, immatriculé pour la première fois le 5 juin 2008 aux Pays-Bas, puis une seconde fois au cours du mois de mai 2009 en Allemagne. Par une décision du 1er février 2022, le directeur régional de l'environnement, de l'aménagement et du logement d'Auvergne-Rhône-Alpe a classé sans suite cette demande. M. A a formé un recours gracieux, lequel a été rejeté par décision du 5 mai 2022. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur les vices propres de la décision du 5 mai 2022 :

2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative.

3. Il résulte de ce principe que le moyen tiré du défaut de motivation de la décision du 5 mai 2022 rejetant le recours gracieux de M. A, qui est un vice propre de cette décision, ne peut être utilement invoqué.

Sur les autres moyens :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 38 du décret du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de région peut donner délégation de signature notamment en matière d'ordonnancement secondaire : () 4° Pour les matières relevant de leurs attributions, aux chefs ou responsables des services déconcentrés des administrations civiles de l'Etat dans la région. / Ces chefs ou responsables de service, ainsi que l'adjoint auprès du directeur régional des finances publiques mentionné au 7°, peuvent donner délégation pour signer les actes relatifs aux affaires pour lesquelles ils ont eux-mêmes reçu délégation aux agents placés sous leur autorité. Le préfet de région peut, par arrêté, mettre fin à tout ou partie de cette délégation. Il peut également fixer, par arrêté, la liste des compétences qu'il souhaite exclure de la délégation que peuvent consentir les chefs ou responsables de service, et l'adjoint auprès du directeur régional des finances publiques, aux agents placés sous leur autorité ; () ".

5. Par un arrêté du 14 mai 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du lendemain, le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes a donné délégation à M. F C, directeur régional de l'environnement, de l'aménagement et du logement, à l'effet de signer tous actes, documents administratifs, rapports, conventions, certificats, correspondances intervenant dans le cadre des missions relevant de sa direction, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les réceptions à titre isolée de véhicule, en l'autorisant à " subdéléguer sa signature aux collaborateurs qu'il aura désignés par arrêté pour les domaines relevant de leur activité au sein du service ", conformément à l'article 38 du décret du 29 avril 2004 précité. Jean-Philippe C a ensuite subdélégué sa signature à M. E D pour tous les actes relatifs à la réception des véhicules par un arrêté du 17 janvier 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du 19 janvier suivant. Dans ces conditions, et dès lors que le caractère exécutoire de cet arrêté, de nature réglementaire, n'était pas subordonné à sa notification aux personnes concernées, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté en toutes ses branches.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () 7° Refusent une autorisation () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

7. En l'espèce, la décision attaquée mentionne l'article 14 bis de l'arrêté du 19 juillet 1954 relatif à la réception des véhicules automobiles et l'annexe IV de la directive 2007/46/CE du Parlement européen et du Conseil du 5 septembre 2007 établissant un cadre pour la réception des véhicules à moteur, de leurs remorques et des systèmes, des composants et des entités techniques destinés à ces véhicules dont elle fait application. Après avoir rappelé que doivent faire l'objet d'une réception à titre isolé les véhicules usagés relevant de la catégorie internationale " M1 " ou " N1 " précédemment immatriculés hors du territoire français et non conformes à un type ayant fait l'objet d'une réception communautaire ou d'une réception nationale française, la décision expose que le véhicule concerné doit répondre aux domaines essentiels de sécurité, tels que listés à l'annexe IV de la directive 2007/46/CE et des textes pris pour son application, en l'occurrence l'ancrage des sièges et des embases pivotantes, le dispositif de vision indirecte, les niveaux sonores et le freinage. La décision indique ensuite que la société Frankia, repreneuse et représentante de l'activité du constructeur automobile RMB, n'a pas été en mesure d'attester de la conformité de ces domaines essentiels de sécurité et qu'en dépit d'une demande transmise aux autorités compétentes en Allemagne et aux Pays-Bas, Etats membres de l'Union européenne dans lequel le véhicule a fait l'objet d'une immatriculation sous la catégorie internationale " N2 ", ces dernières n'ont pas été en mesure de communiquer les justificatifs nécessaires. Enfin, concernant les sièges et embases pivotantes, la décision précise que seule l'homologation de l'entité " siège et ceinture de sécurité " a pu être établie. Dans ces conditions, la décision attaquée, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, satisfait à l'exigence de motivation prévu par les articles L. 211-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 311-1 du code de la route : " Pour l'application du présent code, les termes ci-après ont le sens qui leur est donné dans le présent article : / 1. Véhicules de catégorie M : véhicules à moteur conçus et construits pour le transport de personnes et ayant au moins quatre roues : / 1.1. Véhicule de catégorie M1 : véhicule conçu et construit pour le transport de personnes et comportant, outre le siège du conducteur, huit places assises au maximum ; () 2. Véhicules de catégorie N : véhicules à moteur conçus et construits pour le transport de marchandises et ayant au moins quatre roues : () 2.2. Véhicule de catégorie N2 : véhicule conçu et construit pour le transport de marchandises ayant un poids maximal supérieur à 3,5 tonnes et inférieur ou égal à 12 tonnes ; () ".

9. Il ressort des termes mêmes de l'attestation du constructeur Man produite par le requérant qu'à sa sortie d'usine, le véhicule relevait de la catégorie internationale " N2 ", c'est-à-dire les véhicules conçus et construits pour le transport de marchandises ayant un poids maximal supérieur à 3,5 tonnes et inférieur ou égal à 12 tonnes. Cette information est reprise dans le certificat d'immatriculation délivré par les autorités néerlandaises le 5 juin 2008, de même que sur le procès-verbal de contrôle technique réalisé le 1er mars 2022. Ce même procès-verbal précise par ailleurs que le véhicule relève désormais de la catégorie internationale " M1 " qui correspond aux véhicules conçus et construits pour le transport de personnes, catégorie dont se prévaut expressément M. A sans ses écritures. Ce dernier n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que la décision en litige serait entachée d'une erreur de fait sur la catégorie dans laquelle son véhicule a été initialement immatriculé.

10. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article 24 de directive 2007/46/CE du 5 septembre 2007 susvisée, dans sa rédaction alors en vigueur : " Réceptions individuelles / Les États membres accordent une réception individuelle si le véhicule est conforme à la description jointe à la demande et satisfait aux exigences techniques applicables et ils délivrent sans retard injustifié une fiche de réception individuelle. / La présentation de la fiche de réception individuelle est établie sur le modèle de la fiche de réception CE par type figurant à l'annexe VI et contient au moins les renseignements nécessaires pour remplir la demande d'immatriculation prévue par la directive 1999/37/CE du Conseil du 29 avril 1999 relative aux documents d'immatriculation des véhicules. La fiche de réception individuelle ne porte pas l'intitulé "réception CE de véhicule". / 6. La validité de la réception individuelle est limitée au territoire de l'État membre qui l'a accordée. / Lorsqu'un demandeur souhaite vendre, immatriculer ou mettre en service dans un autre État membre un véhicule pour lequel a été obtenue une réception individuelle, l'État membre qui a accordé la réception lui fournit à sa demande une déclaration mentionnant les dispositions techniques en vertu desquelles ledit véhicule a été réceptionné. / S'agissant d'un véhicule pour lequel une réception individuelle a été accordée par un État membre conformément aux dispositions du présent article, les autres États membres autorisent la vente, l'immatriculation ou la mise en service de ce véhicule à moins qu'ils n'aient de bonnes raisons de croire que les dispositions techniques en vertu desquelles le véhicule a été réceptionné ne sont pas équivalentes à leurs propres dispositions / 7. À la demande du constructeur ou du propriétaire du véhicule, les États membres accordent une réception individuelle à tout véhicule conforme aux dispositions de la présente directive et des actes réglementaires mentionnés à l'annexe IV ou à l'annexe XI, selon le cas. / Dans ce cas de figure, les États membres acceptent la réception individuelle et autorisent la vente, l'immatriculation et la mise en service du véhicule ".

11. D'autre part, aux termes de l'article R. 321-6 du code de la route : " La réception communautaire, dite réception CE, est destinée à constater qu'un véhicule ou un type de véhicule, de système ou d'équipement satisfait aux prescriptions techniques exigées pour sa mise en circulation. / Les règles techniques élaborées en application des actes réglementaires communautaires relatifs à la réception des véhicules, des systèmes ou des équipements sont fixées par arrêté du ministre chargé des transports. / Pour l'application de la présente section, les termes ci-après ont le sens qui leur est donné dans le présent article : / "réception CE par type" : l'acte par lequel un Etat membre de la CE certifie qu'un type de véhicule, de système, de composant ou d'entité technique satisfait aux dispositions administratives et aux exigences techniques communautaires ; / - "réception individuelle" : l'acte par lequel un Etat membre de la CE certifie qu'un véhicule donné, qu'il soit unique ou non, satisfait aux dispositions administratives et aux exigences techniques applicables ; () ". Aux termes de l'article R. 321-11 de ce code : " Tout véhicule dont le type a fait l'objet d'une réception CE et qui est muni d'un certificat de conformité valide peut être librement commercialisé et mis en circulation () ". Selon l'article R. 321-15 du même code : " Avant sa mise en circulation et en l'absence de réception CE, tout véhicule à moteur, toute remorque ou tout élément de véhicule, toute semi-remorque doit faire l'objet d'une réception nationale effectuée soit par type à la demande du constructeur, soit à titre isolé à la demande du propriétaire ou de son représentant. () Le ministre chargé des transports détermine par arrêté les éléments de véhicule soumis à réception ainsi que les conditions particulières auxquelles sont soumis les différents éléments de véhicule pour assurer la conformité des véhicules formés à partir d'éléments avec les dispositions du présent code. () ". L'article R. 321-1 dudit code prévoit : " Lorsque le véhicule présenté satisfait aux prescriptions réglementaires, le service en charge des réceptions désigné par arrêté par le ministre chargé des transports dresse de ces opérations un procès-verbal de réception dont une expédition est remise au demandeur. Le modèle de ce procès-verbal est fixé par le ministre chargé des transports ". Par ailleurs, en vertu de l'article R. 321-16 du même code : " Tout véhicule isolé ou élément de véhicule ayant subi des transformations notables est obligatoirement soumis à une nouvelle réception. Le propriétaire du véhicule ou de l'élément de véhicule doit demander cette nouvelle réception au préfet. / Le ministre chargé des transports définit par arrêté les transformations notables rendant nécessaires une nouvelle réception ". L'article 13 de l'arrêté du 19 juillet 1954 relatif à la réception des véhicules automobiles dispose, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " Constituent une transformation notable au sens de l'article R. 321-16 du code de la route nécessitant une réception à titre isolé : / - toute transformation d'un véhicule déjà en circulation susceptible de modifier sa situation au regard des articles R. 311-1, R. 312-1 à R. 312-18, R. 314-1 à R. 316-10, R. 317-23 à R. 317-24-1, R. 317-26, R. 317-26-1 et R. 318-1 à R. 318-8 du code de la route ; / -toute modification des indications d'ordre technique figurant sur le certificat d'immatriculation, à l'exception de la carrosserie (à condition qu'il soit présenté un certificat tel que prévu à l'annexe VII du présent arrêté), du couple genre/carrosserie (à condition qu'il soit présenté un certificat tel que prévu à l'annexe VII bis du présent arrêté), ou du poids à vide () ". Enfin, selon l'article 14 bis de cet arrêté, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Un véhicule usagé relevant de la catégorie internationale M1 ou N1 visée à l'article R. 311-1 du code de la route, précédemment immatriculé hors du territoire français, non conforme à un type ayant fait l'objet d'une réception communautaire ou d'une réception nationale française et importé en France en vue de son immatriculation, doit faire l'objet d'une réception à titre isolé auprès du service en charge des réceptions. / Le véhicule doit répondre aux domaines essentiels de sécurité listés à l'annexe IV de la directive 2007/46/CE et des textes pris pour son application, applicables à sa date de première mise en circulation. / II. - En particulier, au moins pour les six domaines réglementés, listés à l'annexe IV de la directive 2007/46/CE, suivants : / - le freinage ; / - la visibilité arrière du conducteur et les dispositifs de vision indirect ; / - le niveau sonore ; / - les émissions ; / - la compatibilité électromagnétique ; / - la sécurité électrique (si concerné), / la conformité est établie par la présentation de fiches de communication, de procès-verbaux d'essais par un laboratoire reconnu ou d'attestation du constructeur. / Pour ce qui concerne les véhicules précédemment immatriculés dans un Etat membre, les demandes de réception à titre isolé ne disposant pas des documents de conformité pour un ou plusieurs des cinq domaines réglementés tel qu'il est indiqué ci-dessus, et afin d'éviter de refaire des essais techniques déjà effectués dans le cadre d'autres procédures dans l'Etat membre de provenance, la procédure suivante est appliquée : / - les autorités françaises demandent aux autorités de l'Etat membre de provenance, pour les documents de conformité manquants, si des essais techniques ont été réalisés et, dans l'affirmative, demandent la transmission des résultats correspondants. Les autorités françaises informent le demandeur de cette démarche et attitude active ; / - à tout moment le demandeur conserve le choix d'attendre la réponse des autorités de l'Etat membre de provenance du véhicule ou de réaliser les essais techniques manquants dans un laboratoire reconnu d'un Etat membre de son choix. / III. - Pour tous les autres domaines réglementés listés à l'annexe IV de la directive 2007/46/CE et des textes pris pour son application, pour lesquels la demande de réception à titre isolé ne dispose pas de documents de conformité tel qu'il est indiqué ci-dessus, au paragraphe II, les vérifications sont réalisées par le service en charge des réceptions lors de la présentation du véhicule ".

12. Ainsi qu'il a été dit, le véhicule d'occasion en litige, qui s'apparente à une autocaravane, relève désormais de la catégorie internationale " M1 ". Il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des rubriques " D2 " et " K " des certificats d'immatriculation néerlandais et allemands, restées vierges, ni n'est même allégué par M. A que ce véhicule aurait fait l'objet d'une réception communautaire, ni qu'il serait conforme à un type ayant déjà fait l'objet d'une réception nationale française. Il entrait, dès lors, dans le champ d'application de l'article 14 bis précité de l'arrêté du 19 juillet 1954 relatif à la réception des véhicules automobiles, quand bien même il aurait été précédemment immatriculé hors du territoire français, y compris dans un Etat membre de l'Union européenne. Au surplus, il est établi que le véhicule a fait l'objet d'une transformation notable depuis sa mise en circulation aux Pays-Bas en 2008 au sens de l'article R. 321-16 du code de la route, dès lors qu'il ne relève plus de la catégorie " N2 ", telle qu'inscrite sur le certificat d'immatriculation. Ainsi, il devait faire l'objet, en application de l'article R. 321-16 précité, d'une réception à titre isolée.

13. En quatrième lieu, il résulte du II de l'article 14 bis précité de l'arrêté du 19 juillet 1954 susvisé que, pour les domaines réglementés à l'annexe IV de la directive 2007/46/CE relatifs au freinage, à la visibilité arrière du conducteur et les dispositifs de vision indirecte, le niveau sonore, les émissions, la compatibilité électromagnétique et la sécurité électrique, la conformité est établie par la présentation de fiches de communication, de procès-verbaux d'essais dans un laboratoire reconnu ou d'attestations du constructeur. S'agissant des autres domaines réglementés listés à l'annexe IV, pour lesquelles le demandeur ne dispose pas des documents de conformité précités, les vérifications sont réalisées par le service en charge des réceptions lors de la présentation du véhicule. Ainsi, s'il n'incombait pas à la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement de procéder elle-même à la vérification des dispositifs de freinage, de vision indirecte et du niveau sonore, contrairement à ce que soutient M. A, il lui appartenait en revanche d'y procéder s'agissant de l'ancrage des sièges et des embases pivotantes lors de la présentation du véhicule. Par suite, le motif tiré de ce que, faute pour le requérant d'en apporter la preuve, la conformité de l'ancrage des sièges et des embases pivotantes n'a pu être établie est entaché d'une erreur de droit.

14. En cinquième lieu, pour établir la conformité du véhicule dans les domaines réglementés listés à l'annexe IV de la directive 2007/46/CE relatifs des dispositifs de freinage, de vision indirecte et du niveau sonore, le requérant se prévaut d'un procès-verbal de contrôle technique du 1er mars 2022, un certificat de montage d'une carrosserie du constructeur Frankia ainsi qu'un certificat de conformité d'un véhicule habituel de loisirs selon les dispositions de l'article 3 de l'arrêté du 7 juin 2002 modifiant l'arrêté du 7 juin 2002 relatif à la prévention des risques d'incendie, d'explosion et d'asphyxie dans les véhicules habitables de loisirs, établi le 16 décembre 2022 par le bureau Veritas Exploitation. Toutefois, eu égard à la nature et à leurs mentions, ces seuls documents n'attestent pas que le véhicule répond aux domaines essentiels de sécurité listés à l'annexe IV de la directive 2007/46/CE. Par ailleurs, si le requérant se prévaut d'une attestation de conformité et d'une attestation de réception du constructeur Man Truck et Bus France, ces documents certifient que le véhicule, construit en 2008, " était conforme lors de sa sortie usine aux différentes communications européennes demandées par la législation ", sans davantage de précisions, et que la largeur et la longueur du châssis autorisent son immatriculation en France conformément aux articles R. 312-10 et R. 312-11 du code de la route. Toutefois, et ainsi qu'il a déjà été dit, le véhicule a fait l'objet d'une transformation notable depuis sa sortie d'usine, dès lors qu'il relevait initialement de la catégorie internationale des poids-lourds " N2 " transportant des marchandises et qu'il appartient désormais à la catégorie des véhicules " M1 ", destiné au transport de personnes. Ces documents ne peuvent, dès lors, suffire à justifier que les dispositifs de freinage, de vision indirecte et du niveau sonore sont conformes à la directive 2007/46/CE. Enfin, et quand bien même ce véhicule aurait été immatriculé en Allemagne et aux Pays-Bas, les autorités de ces pays, consultées dans le cadre de l'instruction de la demande, n'ont pas non plus été en mesure d'attester qu'il répond aux caractéristiques fixées par l'annexe IV de la directive 2007/46/CE en produisant le résultat des essais réalisés à ce titre. La circonstance qu'une autocaravane que le requérant estime " identique " à la sienne soit mise en vente sur une plateforme en ligne de petites annonces ne suffit pas par elle-même à démontrer la conformité de son propre véhicule. Dans ces conditions, et faute d'avoir produit les justificatifs nécessaires, M. A n'est pas fondé à soutenir que le directeur régional de l'environnement, de l'aménagement et du logement a commis une erreur d'appréciation en classant sans suite sa demande de réception à titre isolée.

15. En dernier lieu, en se bornant à reprendre plusieurs paragraphes de la décision attaquée en affirmant que " ces données ne peuvent légalement constituer " un obstacle à la réception du véhicule, M. A n'assortit pas son moyen des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

16. Il résulte de l'instruction que le directeur régional de l'environnement, de l'aménagement et du logement aurait pris la même décision en la fondant sur le seul motif tiré de l'absence de présentation des justificatifs permettant d'établir la conformité du véhicule au dans les domaines réglementés listés à l'annexe IV de la directive 2007/46/CE relatifs des dispositifs de freinage, de vision indirecte et du niveau sonore, retracé au point 14 du présent jugement. Dès lors, nonobstant l'erreur de droit relevée au point 13, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er février 2022 ni la décision du 5 mai 2022 rejetant son recours gracieux. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée à la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Hervé Drouet, président,

M. François-Xavier Richard-Rendolet, premier conseiller,

Mme Océane Viotti, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.

La rapporteure,

O. ViottiLe président,

H. Drouet

La greffière,

C. Amouny

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2204611

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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