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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2204620

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2204620

vendredi 29 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2204620
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantPHAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 17 juin 2022, et les 26 janvier et 10 mai 2023, M. B A, représenté par Me Phan, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler :

- les décisions prises le 22 avril 2021 et le 3 août 2022 par le ministre de l'intérieur et des outre-mer portant refus d'immatriculation de son véhicule, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;

- la décision prise le 4 janvier 2022 par le directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône portant refus de délivrance du quitus fiscal, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre :

à titre principal :

- au ministre de l'intérieur et au directeur de l'agence nationale des titres sécurisés de procéder à l'immatriculation de son véhicule, dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

- au directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône de lui délivrer le quitus fiscal ou la mention de dispense nécessaire à l'immatriculation de son véhicule, dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

à titre subsidiaire :

- au ministre de l'intérieur et au directeur de l'agence nationale des titres sécurisés de réexaminer sa demande d'immatriculation dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 1.000 euros par jour de retard ;

- au directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône de réexaminer sa demande de quitus fiscal dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard.

3°) de mettre à la charge de l'État et de l'agence nationale des titres sécurisés les entiers dépens de l'instance ainsi que la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

En ce qui concerne le refus d'immatriculation :

- la décision de refus du 22 avril 2021 a été prise par une autorité incompétente ;

- les décisions sont insuffisamment motivées en droit ;

- l'administration a méconnu les dispositions des articles L. 114-5 et L. 114-8 du code des relations entre le public et l'administration ;

- les décisions sont illégales, par voie d'exception, du fait de l'illégalité des dispositions du 2° alinéa de l'article 242 terdecies de l'annexe II du code général des impôts ainsi que celles de l'article 1er, 1.E.3 b) de l'arrêté du 9 février 2009 relatif aux modalités d'immatriculation des véhicules qui méconnaissent l'article 17 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;

- elles sont illégales, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance du quitus fiscal ;

- les décisions méconnaissent les dispositions de l'article 17 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, l'article 1er du premier protocole additionnel de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne le refus de quitus fiscal :

- la décision de refus du 4 janvier 2022 a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée en droit ;

- l'administration a méconnu les dispositions des articles L. 111-2, L. 114-5 et L. 114-8 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité des dispositions des 2° et 3° alinéas de l'article 242 terdecies de l'annexe II du code général des impôts ainsi que celles de l'article 1er, 1.E.3 b) de l'arrêté du 9 février 2009 relatif aux modalités d'immatriculation des véhicules qui méconnaissent l'article 17 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;

- la décision, en ce qu'elle se fonde sur l'absence de production de la facture d'origine, est entachée d'une erreur de droit et méconnait les dispositions de l'article 242 quaterdecies de l'annexe II du code général des impôts ;

- la décision méconnait les dispositions de l'article 17 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, l'article 1er du premier protocole additionnel de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense enregistrés les 16 et 20 mars 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

à titre principal :

- à supposer que la décision du 22 avril 2021 soit considérée comme une décision de rejet, les conclusions dirigées contre cette décision sont tardives ;

- il n'est pas compétent pour se prononcer sur la décision de refus de délivrance du quitus fiscal ;

à titre subsidiaire :

- le préfet était en compétence liée pour rejeter la demande ;

- les moyens invoqués sont en tout état de cause infondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 avril 2023, le directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- l'administration était tenue de rejeter la demande, dès lors que la facture initiale d'acquisition à l'étranger du véhicule n'était pas au nom de M. A et que seul l'acquéreur désigné sur cette facture pouvait faire la demande de quitus, auprès du service des impôts des entreprises de son domicile ;

- les autres moyens invoqués ne sont pas fondés.

Des observations ont été enregistrées pour l'agence nationale des titres sécurisés le 20 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Par une lettre du 11 décembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre le courrier du 22 avril 2021, qui ne constitue pas un acte décisoire faisant grief susceptible de recours.

Des observations en réponse à ce moyen relevé d'office ont été enregistrées le 12 décembre 2023 pour M. A et ont été communiquées aux défendeurs.

Vu :

- la Constitution ;

- la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et son premier protocole additionnel ;

- le code général des impôts ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la route ;

- l'arrêté du 9 février 2009 relatif aux modalités d'immatriculation des véhicules ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bertolo,

- les conclusions de M. Pineau, rapporteur public,

- et, les observations de Me Phan, représentant M. A.

Une note en délibéré présentée par M. A a été enregistrée le 15 décembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. En octobre 2018, M. A a fait l'acquisition auprès de la société Riviera Motors d'un véhicule d'occasion de type Mercedes A200 AMG pour un montant de 34 900 euros TTC. Le 18 mars 2019, ladite société adressait à l'intéressé l'accusé de réception de la demande d'immatriculation, demande effectuée par la société Autos Prestiges SAS. Le 15 octobre 2019, le requérant était informé à la suite d'une demande auprès de l'agence nationale des titres sécurisés (ANTS) que sa demande d'immatriculation était en attente, en raison de l'absence de pièces justificatives. Le 20 août 2020, M. A était informé du placement en redressement judiciaire de la société Riviera Motors. Le 22 avril 2021, l'intéressé était contacté par un agent du centre d'expertise et de ressources titres (CERT) de Clermont-Ferrand qui lui indiquait la nécessité de se rapprocher du service des impôts de Lyon pour obtenir le quitus fiscal de l'opération et lui transmettrait les pièces initiales de la demande d'immatriculation. Le 29 avril 2021, il était indiqué à M. A par l'administration fiscale, que seuls la société Riviera Motors ou son mandataire judiciaire pouvaient effectuer la démarche tendant à l'obtention dudit quitus fiscal. Le 7 mai 2021, le mandataire judiciaire adressait un courrier au services des impôts des entreprises (SIE) d'Aix-en-Provence. Le 28 juillet 2021, M. A sollicitait à nouveau le SIE de Lyon, mais une décision de refus de délivrance de quitus fiscal lui était opposée le 9 septembre 2021, puis à nouveau, le 18 octobre 2021, en raison de l'absence de présentation de la facture d'achat originale à l'étranger. Ayant récupéré cette facture d'achat auprès des autorités suédoises, M. A sollicitait à nouveau le SIE de son domicile pour obtenir le quitus fiscal en cause, mais une nouvelle décision de refus était prise le 4 janvier 2022 au motif que seul l'acheteur initial pouvait effectuer cette demande. Par ailleurs, le 20 juillet 2020, l'ANTS prenait contact avec M. A pour l'accompagner dans sa demande d'immatriculation. Toutefois, le 3 août 2022, une nouvelle décision de refus d'immatriculation lui était adressée. Ainsi, par la présente requête, M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation d'une part, des décisions prises le 22 avril 2021 et le 3 août 2022 par le ministre de l'intérieur et des outre-mer portant refus d'immatriculation de son véhicule, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux, d'autre part, de la décision prise le 4 janvier 2022 par le directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône portant refus de délivrance du quitus fiscal, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux.

Sur le refus de délivrance d'un quitus fiscal :

2. D'une part, aux termes de l'article 17 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 : " La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité publique et dans les conditions prévues par la loi et les principes généraux du droit international. / Les dispositions précédentes ne portent pas atteinte au droit que possèdent les Etats de mettre en vigueur les lois qu'ils jugent nécessaires pour réglementer l'usage des biens conformément à l'intérêt général ou pour assurer le paiement des impôts ou d'autres contributions ou des amendes. ".

3. Enfin, aux termes de l'article 298 sexies du code général des impôts : " I. - Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les acquisitions intracommunautaires de moyens de transport neufs effectuées par des personnes mentionnées au 2° du I de l'article 256 bis ou par toute autre personne non assujettie. / () V bis. - Tout assujetti ou personne morale non assujettie, autre qu'une personne bénéficiant du régime dérogatoire prévu au 2° du I de l'article 256 bis, qui réalise des acquisitions intracommunautaires de moyens de transport mentionnés au 1 du III est tenu, pour obtenir le certificat fiscal avant d'acquitter effectivement la taxe, de présenter une caution solvable qui s'engage, solidairement avec l'assujetti ou la personne morale non assujettie, à acquitter la taxe sur la valeur ajoutée due au titre de l'acquisition intracommunautaire. () / VII. - Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions d'application des dispositions du présent article et, notamment, en tant que de besoin, les mesures permettant, en vue d'en assurer le contrôle, l'identification des moyens de transport neufs. ". Aux termes de l'article 242 terdecies de l'annexe II du code général des impôts : " I. - Toute personne qui acquiert un moyen de transport mentionné au 1 du III de l'article 298 sexies du code général des impôts, en provenance d'un autre Etat membre de l'Union européenne, est tenue de demander auprès de l'administration fiscale dont elle relève le certificat fiscal prévu au V bis de l'article 298 sexies du code général des impôts. / Le certificat doit être obligatoirement présenté pour obtenir l'immatriculation ou la francisation d'un moyen de transport mentionné au premier alinéa et provenant d'un autre Etat membre de l'Union européenne. / Lorsqu'un véhicule terrestre à moteur d'occasion est acquis auprès d'un assujetti revendeur qui a appliqué le régime prévu à l'article 297 A du code général des impôts à la revente du véhicule, le certificat est demandé par cet assujetti revendeur ou, si l'opération a été réalisée par l'intermédiaire d'un mandataire agissant au nom et pour le compte de l'acquéreur du véhicule, par ce mandataire. ".

3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la facture d'achat du 22 décembre 2018 versée au débat, que M. A a fait l'acquisition de son véhicule d'occasion auprès de la société française Riviera Motors, assujettie revendeur au sens des dispositions précitées du 3ème alinéa du I de l'article 242 terdecies de l'annexe II au code général des impôts. Aussi, dès lors qu'il est constant que M. A n'a pas réalisé lui-même une acquisition intracommunautaire, l'administration était en compétence liée pour rejeter sa demande d'obtention du certificat fiscal prévu par les dispositions du V bis de l'article 298 sexies du code général des impôts.

4. Il en résulte que les moyens tirés de l'incompétence de l'autorité ayant pris la décision de refus du 4 janvier 2022, de l'insuffisante motivation en droit de cette décision, de ce que l'administration aurait méconnu les dispositions des articles L. 111-2, L. 114-5 et L. 114-8 du code des relations entre le public et l'administration, ainsi que les dispositions de l'article 17 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, de ce que la décision serait entachée d'une erreur de droit eu égard aux dispositions de l'article 242 quaterdecies de l'annexe II du code général des impôts et d'une erreur manifeste d'appréciation, qui ne remettent pas en cause la situation de compétence liée de l'administration, sont inopérants et doivent être écartés.

5. En deuxième lieu, M. A soutient que la décision de refus de délivrance du certificat fiscal serait illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité des dispositions des 2° et 3° alinéas de l'article 242 terdecies de l'annexe II du code général des impôts ainsi que celles de l'article 1er et de l'annexe I de l'arrêté du 9 février 2009 relatif aux modalités d'immatriculation des véhicules, qui méconnaitraient l'article 17 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 en ce qu'elles ne prévoient pas de dérogation à la présentation du quitus fiscal.

6. Toutefois, d'une part, les dispositions de l'arrêté du 9 février 2009 ne constituant ni la base légale de la décision de refus de délivrance du certificat fiscal, et cette décision n'étant pas prise pour leur application, M. A ne peut utilement exciper de leur illégalité.

7. D'autre part, les dispositions des 2° et 3° alinéas de l'article 242 terdecies de l'annexe II du code général des impôts n'ont ni pour objet ni pour effet d'entraîner la privation du droit de propriété, et n'entrent pas ainsi dans le champ d'application de l'article 17 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Par ailleurs, l'atteinte alléguée par M. A à son droit de propriété ne résulte pas des dispositions en cause, mais de la circonstance que le revendeur de son véhicule n'a pas procédé à son immatriculation en France préalablement à sa cession, et que celle-ci a été frauduleusement réalisée sous le régime de l'occasion alors que le véhicule était fiscalement neuf à son arrivée sur le territoire, et ce, dans le but d'éluder le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée. En tout état de cause, les dispositions en cause sont justifiées et proportionnées à l'objectif d'intérêt général de lutte contre la fraude fiscale qu'elles poursuivent. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision de refus de délivrance du certificat fiscal serait illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité des dispositions des 2° et 3° alinéas de l'article 242 terdecies de l'annexe II du code général des impôts, doit être écarté.

8. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 1er du premier protocole additionnel de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit dès lors être écarté.

Sur le refus de délivrance d'un certificat d'immatriculation :

En ce qui concerne le courrier du 22 avril 2021 :

9. Le courrier du 22 avril 2021 d'un agent du centre d'expertises et de ressources titres de Clermont-Ferrand, qui se borne à informer M. A des démarches à accomplir pour poursuivre et finaliser sa demande d'immatriculation, ne constitue pas un acte décisoire faisant grief susceptible de recours ainsi qu'en ont été informées les parties par un courrier du tribunal, en date du 11 décembre 2023. Les conclusions de M. A tendant à son annulation sont par suite irrecevables et doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision de refus du 3 août 2022 :

10. Les dispositions de l'article premier de l'arrêté du 9 février 2009 relatif aux modalités d'immatriculation des véhicules prévoient que : " Dossiers de demande d'immatriculation. / Les demandes d'immatriculation d'un véhicule neuf ou d'occasion sont adressées au ministre de l'intérieur soit par voie électronique, soit par l'intermédiaire d'un professionnel de l'automobile habilité par le ministre de l'intérieur. / Les pièces suivantes, détaillées en annexe I du présent arrêté, doivent pouvoir être mises à disposition pour l'instruction d'une demande d'immatriculation. / Le ministère de l'intérieur dispose d'un droit d'évocation des documents originaux pour le contrôle des pièces qui lui sont adressées par voie électronique. / () 1. E.-Véhicules précédemment immatriculés hors du territoire métropolitain (hors cas particuliers visés à l'article 12) / () 1. E. 3. Justificatifs fiscaux Aucun justificatif fiscal n'est à produire pour les remorques, les semi-remorques, les véhicules agricoles et forestiers et les engins spéciaux provenant d'un Etat membre de l'Union européenne autre que la France. / Pour les autres véhicules : () b) Provenant d'un Etat de l'Union européenne autre que la France, dans les cas autres que ceux mentionnés au point a : un quitus fiscal ou une mention de dispense. ".

11. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la facture d'origine suédoise versée au débat par le requérant, que le véhicule dont il a fait l'acquisition auprès de la société Riviera Motors a été initialement importé de Suède, par un acheteur particulier, y était immatriculé, et que par suite la demande d'immatriculation de M. A entrait dans le champ d'application du b) de l'article 1.E de l'arrêté précité de 2009, s'agissant d'un véhicule précédemment immatriculé dans un autre État de l'union européenne. Dès lors que M. A n'a pas été en mesure de produire le quitus fiscal dudit véhicule, ainsi que le fait valoir le ministre de l'intérieur et des outre-mer en défense, l'administration était tenue de rejeter sa demande de délivrance d'un certificat d'immatriculation.

12. Il en résulte que les moyens tirés de l'insuffisante motivation en droit de la décision du 3 août 2022, de ce que l'administration aurait méconnu les dispositions des articles L. 114-5 et L. 114-8 du code des relations entre le public et l'administration, ainsi que les dispositions de l'article 17 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, de ce que la décision serait illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance du quitus fiscal, et de ce qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, qui ne remettent pas en cause la situation de compétence liée de l'administration, sont inopérants et doivent être écartés.

13. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que la décision de refus d'immatriculation serait illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité des dispositions du 2° alinéa de l'article 242 terdecies de l'annexe II du code général des impôts ainsi que celles de l'article 1er, 1.E.3 b) de l'arrêté du 9 février 2009 relatif aux modalités d'immatriculation des véhicules, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7.

14. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 1er du premier protocole additionnel de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant de l'apprécier, et doit être écarté.

15. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en ce comprises ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, et à l'agence nationale des titres sécurisés.

Délibéré après l'audience du 15 décembre 2023, où siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Bertolo, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.

Le rapporteur,

C. Bertolo

La présidente,

A. Baux

La greffière,

I. Rignol

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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