LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2204632

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2204632

vendredi 16 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2204632
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantGUERAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 18 juin et 25 juillet 2022, M. C A, représenté par Me Guerault, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 mai 2022 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain :

- de lui délivrer d'une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, jusqu'au réexamen de son droit au séjour,

- de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard,

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de fait s'agissant de sa situation professionnelle ;

- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 27 juillet 2022, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 22 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 août 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant albanais né le 10 août 1987, est entré en France en décembre 2021, muni de son passeport biométrique. Le 9 février 2022, l'intéressé a sollicité son admission au séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté en date du 20 mai 2022, la préfète de l'Ain a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, M. A fait état de ce que, s'étant vu délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, le 9 février 2022, à l'issue du dépôt de sa demande de titre de séjour, il a conclu, le 14 mars 2022, un contrat de travail à durée indéterminée (CDI) en qualité d'ouvrier d'exécution et dispose ainsi, à la date de la décision attaquée, d'un emploi effectif. Le requérant soutient ainsi qu'en relevant qu'il n'avait produit à l'appui de sa demande de titre de séjour aucune promesse d'embauche, aucun contrat de travail ni aucun diplôme lui permettant d'exercer un emploi en France, la préfète de l'Ain aurait commis une erreur de fait de nature à avoir eu une influence majeure sur le sens de la décision attaquée et qu'il n'est pas établi que la même décision aurait été prise si les informations pertinentes avaient été portées à la connaissance de l'autorité administrative. Toutefois, il est constant d'une part, que M. A n'a pas fait état de l'évolution de sa situation professionnelle auprès des services instructeurs postérieurement au dépôt de sa demande de titre de séjour et, d'autre part, ainsi que le fait valoir la préfète en défense, que le CDI conclu par M. A l'a été deux mois avant l'édiction de l'arrêté en litige et n'est dès lors pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée sur le droit au séjour de l'intéressé au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment compte tenu de l'absence d'expérience professionnelle significative en France de l'absence de qualification particulière. Par suite, dès lors qu'il résulte de l'instruction que la préfète aurait pris la même décision quand bien même les éléments précités relatifs à l'évolution récente de la situation professionnelle de M. A auraient été portés à sa connaissance, le moyen tiré de l'erreur de fait, tel qu'articulé, pourra être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

4. M. A fait état de ce que son épouse ainsi que les membres de sa famille résident régulièrement en France depuis plus de dix ans, que celle-ci travaille et justifie d'une intégration exemplaire et que l'emploi de M. A leur permettra désormais de vivre en autonomie. Toutefois, le mariage du requérant, intervenu en Albanie le 21 septembre 2021, demeure très récent à la date des décisions attaquées alors, en outre, qu'il ressort des pièces du dossier que le couple ne vit ensemble que depuis cinq mois, M. A ne faisant état d'aucune réelle antériorité de la relation nouée avec son épouse. Outre le caractère très récent de cette relation, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer en Albanie, pays dont l'épouse du requérant a également la nationalité et où le couple s'est marié, et ce alors même que les parents, le frère et la sœur de son épouse disposent de titres de séjour, l'épouse de M. A ayant désormais créé sa propre cellule familiale et résidant dans un autre département que les membres de sa famille. Par ailleurs, la présence de M. A sur le territoire français demeure très récente alors qu'il a passé l'essentiel de son existence en Albanie où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-quatre ans, la circonstance tirée de ce qu'il a conclu un contrat de travail deux mois avant l'édiction des décisions attaquées ne permettant pas de démontrer qu'il aurait établi le centre de ses intérêts notamment professionnels ou privés en France. Eu égard à ses conditions de séjour, M. A n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées auraient porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit ainsi être écarté. Par les mêmes motifs et en l'absence d'argumentation spécifique, la préfète de l'Ain n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ses décisions sur la situation de M. A en refusant de l'admettre au séjour et en lui faisant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité ou tout pays où il établit être légalement admissible.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat. "

6. D'une part, le mariage très récent de M. A avec une compatriote titulaire d'un titre de séjour portant la mention " vié privée et familiale " en France valide jusqu'au 6 juin 2023, le fait que les membres de la famille de cette dernière résident régulièrement sur le territoire national et la circonstance que le couple dispose désormais de son propre logement ne constituent pas des considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors c'est sans méconnaître ces dispositions ni commettre une erreur manifeste d'appréciation dans leur application en refusant de délivrer à M. A, à titre exceptionnel, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".

7. D'autre part, M. A relève que, contrairement à ce qu'a indiqué la préfète de l'Ain, il dispose d'un contrat de travail à durée indéterminée, conclu le 14 mars 2022, pour un poste d'ouvrier d'exécution du bâtiment, emploi occupé régulièrement puisque son récépissé l'autorisait à travailler durant l'examen de sa demande de titre de séjour, et qu'ayant travaillé dans le secteur du bâtiment en Albanie, il justifie d'une expérience professionnelle, son intégration socio-professionnelle ayant été particulièrement rapide en France. Toutefois, ainsi qu'il a été exposé au point 2, non seulement le requérant n'a pas porté à la connaissance des services instructeurs l'évolution de sa situation mais en outre, les activités salariées de M. A demeurent extrêmement récentes à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, l'intéressé ne saurait être regardé comme justifiant d'une expérience professionnelle significative en France alors qu'au demeurant, il ne produit aucun justificatif permettant de démontrer qu'il disposerait d'une qualification ou d'un diplôme particulier obtenus en Albanie. Aussi, l'intéressé ne peut être regardé comme justifiant de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels devant conduire à ce que la préfète de l'Ain l'admette au séjour à titre exceptionnel au titre du travail. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ensemble l'erreur manifeste d'appréciation dans leur application, doit ainsi être écarté.

8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que cette requête doit être rejetée, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la préfète de l'Ain.

Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Pineau, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.

Le rapporteur,

N. B

La présidente,

A. Baux

La greffière,

I. Rignol

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions