vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2204633 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | GARAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juin 2022, M. E B, représenté par Me Garaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 mars 2022 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain :
- à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir,
- à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
M. B soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elles sont entachées d'une insuffisance de motivation et d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation individuelle ;
1°) s'agissant de la décision portant refus de séjour :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 611-1 et L. 611-3, 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) s'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par exception d'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2022, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 22 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 août 2022.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant albanais né le 9 juin 2003, déclare être entré en France, accompagné de sa mère, en septembre 2018 alors qu'il était encore mineur. Le 15 novembre 2021, devenu majeur, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté en date du 10 mars 2022, la préfète de l'Ain a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, les décisions contestées, en date du 10 mars 2022, ont été signées par M. C D, attaché d'administration de l'Etat, chef du bureau de l'accueil et du séjour des étrangers, qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté de la préfète de l'Ain du 31 janvier 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du même jour, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, qui manque en fait, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, les décisions en litige visent les textes dont elles font application, notamment les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ainsi que les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et précisent les éléments déterminants qui ont conduit la préfète de l'Ain à refuser l'admission au séjour de M. B et à lui faire obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité ou tout pays où il établit être légalement admissible. Les décisions en litige comportent ainsi les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement et ont permis au requérant d'en discuter utilement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes des décisions en litige, ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète de l'Ain n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant avant d'édicter à son encontre les décisions attaquées. Si M. B fait état de ce que ses liens familiaux en France n'auraient pas être pris en compte, il ressort au contraire de l'arrêté en litige que la présence de sa mère, en situation irrégulière sur le territoire national, a été relevée ainsi que celle de l'un de ses oncles qui y séjourne régulièrement, la préfète ayant d'ailleurs relevé à cet égard que M. B ne démontrait pas entretenir avec lui une relation stable et intense. Enfin il ressort de la lecture de l'arrêté attaqué que la préfète de l'Ain a également pris en compte la pathologie dont est atteinte M. B mais que l'intéressé ne démontrait pas être dans l'impossibilité d'être soigné dans son pays d'origine et d'y suivre une scolarité adaptée à son handicap. Ainsi, s'il est loisible au requérant de contester cette appréciation, cette divergence d'analyse ne saurait établir le défaut d'examen invoqué alors que les décisions en litige rappellent de manière détaillée sa situation personnelle, familiale et scolaire. Le moyen tiré de l'erreur de droit en l'absence d'examen particulier doit ainsi être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger d'un visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Aux termes de l'article L. 422-1 du même code : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
5. Pour refuser la délivrance du titre de séjour prévu par les dispositions précitées, la préfète de l'Ain a relevé d'une part, que M. B ne justifiait pas être rentré sur le territoire national muni du visa de long séjour requis pour que lui soit délivré un titre de séjour portant la mention " étudiant ", d'autre part, qu'il ne justifiait pas d'une nécessité liée au déroulement de sa formation, ni de ce que la poursuite de ses études supérieures devait conduire l'autorité administrative à le dispenser d'un tel visa, et enfin, que M. B ne démontrait pas disposer de ressources suffisantes. Pour contester cette appréciation, le requérant soutient que la préfète aurait opéré une confusion entre les deux alinéas de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le premier alinéa étant muet s'agissant des conditions d'entrée sur le territoire français et n'exigeant pas de circonstances particulières pour le suivi des études. Toutefois, il ressort des termes mêmes de ces dispositions que la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " est subordonnée à la production d'un visa de long séjour mais qu'en application de son deuxième alinéa, cette condition peut ne pas être exigée lorsque le demandeur, entré régulièrement en France, justifie soit d'une nécessité liée au déroulement de ses études, soit d'une scolarité ininterrompue depuis l'âge de seize ans avec poursuite d'études supérieures. Or en l'espèce, il est constant que M. B est dépourvu du visa de long séjour et s'il a été scolarisé en France avant l'âge de seize ans, ayant intégré une classe de troisième " Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants " (UPE2A) en décembre 2018, il ne poursuit pas d'études supérieures puisqu'il est inscrit depuis septembre 2020 en préparation d'un diplôme de CAP " Production, service et restauration ". Par ailleurs, s'agissant d'une nécessité liée au déroulement de ses études, le requérant fait état de ce qu'il est atteint d'une déficience visuelle liée à la maladie de Stargardt et produit un certificat médical établi par un praticien hospitalier du centre de référence des maladies sensorielles génétiques de Montpellier, relevant la nécessité d'une prise en charge dans un institut de type malvoyance et d'une aide dans son processus de scolarité mais il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. B ne pourrait poursuivre une formation en Albanie, pays où il était scolarisé avant son arrivée sur le territoire national, de telle sorte que les éléments précités ne peuvent être regardés comme constituant une nécessité liée au déroulement des études au sens des dispositions précitées. Enfin, si le requérant indique que les frais afférents à sa scolarité ont toujours été payés, il ne produit cependant aucun justificatif permettant de démontrer qu'il disposerait des moyens d'existence exigés pour la délivrance d'un titre de séjour étudiant, l'autorité n'ayant, en tout état de cause, pas à solliciter préalablement à l'édiction de la décision en litige que le requérant produise des pièces complémentaires, dès lors que la justification des moyens d'existence du demandeur relève des conditions de fond de la délivrance de ce titre de séjour et non de la complétude du dossier de demande. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L.422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. "
7. M. B fait état des attaches dont il dispose en France et de ce que son état de santé nécessite son maintien sur le territoire national dans la mesure où sa pathologie ne peut être soignée en Albanie. Si le requérant se prévaut de la présence régulière d'un oncle en France, titulaire d'un titre de séjour, il est constant, toutefois, que sa mère y séjourne irrégulièrement, cette dernière ayant fait l'objet, le 5 août 2020, de décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, confirmée par un jugement du tribunal puis par une ordonnance de la cour administrative d'appel de Lyon, du 20 mai 2021. S'agissant de son état de santé, M. B verse au débat un certificat établi par un médecin albanais, le 15 octobre 2018, indiquant que sa dystrophie rétinale ne peut pas être traitée en Albanie mais il ressort du certificat du praticien hospitalier mentionné au point 5 que la pathologie du requérant n'est malheureusement pas traitable actuellement, le document faisant seulement état de recherche en cours sur l'apport de cellules, et se limitant à faire des recommandations d'ordre alimentaire et de protection contre la lumière. Ainsi, il ne ressort pas de ces éléments que l'état de santé de M. B, qui n'a au demeurant pas sollicité son admission au séjour en qualité d'étranger malade, la demande présentée par sa mère lorsqu'il était mineur ayant d'ailleurs été rejetée, nécessiterait son maintien sur le territoire pour y recevoir un traitement médical qui ne pourrait être obtenu qu'en France. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait noué des attaches particulièrement anciennes, stables et pérennes au cours de sa scolarité en France où il demeure célibataire et sans charge de famille et il conserve nécessairement en Albanie ses attaches culturelles et sociales dès lors qu'il y a passé l'essentiel de son existence. Dans ses conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France au regard des buts poursuivis. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat. ".
9. Si M. B fait état de sa situation médicale et scolaire, l'intéressé ne peut toutefois être regardé comme justifiant de circonstances humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées dès lors qu'il ne reçoit pas de traitement médical qui ne serait disponible qu'en France et dès lors qu'il ne démontre pas qu'il ne pourrait poursuivre sa scolarité en Albanie où il a effectué la majorité de sa formation. Par suite, la préfète de l'Ain n'a pas méconnu les dispositions de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de délivrer à titre exceptionnel un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à M. B. Enfin, si le requérant soutient qu'il disposerait d'une expérience significative, la préparation d'un diplôme de CAP ne peut être regardée comme conférant à M. B une expérience ou une qualification particulières devant conduire à une admission exceptionnelle au séjour au titre du travail sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ". Aux termes de l'article L. 611-3 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / 1° L'étranger mineur de dix-huit ans () ".
11. M. B a fait l'objet d'une décision portant refus de séjour et relève ainsi des prévisions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoyant que l'autorité administrative peut assortir cette décision d'une mesure d'éloignement. Si M. B se prévaut des dispositions du 1° de l'article L. 611-3 du même code, âgé de dix-huit ans à la date de l'arrêté attaqué, il était ainsi devenu majeur et ne pouvait utilement se prévaloir de la protection contre l'éloignement prévue par les dispositions précitées, laquelle ne trouve à s'appliquer qu'aux ressortissants étrangers encore mineurs. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 611-1 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
12. En premier lieu, en l'absence d'illégalité des décisions portant refus titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de ces décisions et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi doit être écarté.
13. En second lieu, si le requérant indique dans ses écritures que sa vie en Albanie serait menacée en l'absence de suivi médical et scolaire et peut être regardé comme invoquant une erreur manifeste d'appréciation de la préfète de l'Ain quant aux conséquences de sa décision sur sa situation personnelle, ce moyen ne peut être qu'écarté dès lors qu'ainsi il a été exposé, M. B n'établit pas qu'il ne pourrait être pris en charge médicalement dans son pays d'origine où il était suivi avant son entrée sur le territoire français, ni y poursuivre sa formation, l'essentiel de sa scolarité y ayant été effectuée.
14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que cette requête doit être rejetée, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Pineau, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.
Le rapporteur,
N. A
La présidente,
A. Baux
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026