jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2204658 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juin 2022 à 16h28, M. B A, représenté par Me Bescou, demande au tribunal :
1°) de prononcer son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 juin 2022 par lequel le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois ;
3°) d'enjoindre au préfet du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour ce dernier de renoncer au bénéfice de la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de leur signataire ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
- la décision de refus de délai de départ volontaire est illégale car est fondée sur une décision illégale ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, le préfet se bornant à relever que sa situation entre dans les critères fixés par les dispositions des 2°, 7° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreurs de fait en ce que le préfet a relevé qu'il aurait contrefait, falsifié ou établi sous une autre identité que la sienne un document d'identité ou de voyage ou fait usage d'un tel document, en ce que le préfet a retenu qu'il n'aurait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour alors qu'il l'a saisi d'une demande de rendez-vous pour le dépôt d'une demande de titre de séjour, en ce que le préfet a retenu qu'il ne disposait pas de garanties de représentation suffisantes ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il doit être présent sur le territoire pour pouvoir se défendre dans le cadre de la procédure pénale où il est mis en cause ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision de refus de délai de départ volontaire ;
- elle est entachée d'une absence d'examen préalable, réel et sérieux de sa situation et d'erreur de fait dès lors qu'ayant été mis en cause dans le cadre d'une procédure pénale, il doit être présent pour se défendre ;
- elle est entachée d'une erreur de fait s'agissant de la menace à l'ordre public qu'il représenterait ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Le préfet du Rhône a présenté des pièces qui ont été enregistrées le 30 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné Mme Reniez, conseillère, pour statuer en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle M. A n'était pas présent et à laquelle le préfet du Rhône n'était ni présent ni représenté.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Reniez, magistrate désignée ;
- les observations de Me Bescou, avocat, représentant M. A, qui reprend des moyens de la requête, soutient au titre de la décision de refus de délai de départ volontaire que le préfet ne peut reprocher au requérant son absence de démarche pour régulariser sa situation alors que suite à un jugement du tribunal annulant une précédente obligation de quitter le territoire, il devait réexaminer la situation de M. A et au titre des décisions de refus de délai de départ volontaire et d'interdiction de retour sur le territoire français que ces décisions sont illégales compte tenu du contrôle judiciaire auquel est soumis l'intéressé.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien, conteste l'arrêté du 15 juin 2022 par lequel le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 précédemment visée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :
3. Les décisions attaquées en date du 15 juin 2022 ont été signées par Mme D C, cheffe du bureau de l'éloignement à la préfecture du Rhône, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté du préfet du Rhône du 8 juin 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le lendemain, d'une délégation pour signer de tels actes. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées manque ainsi en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. M. A déclare être entré sur le territoire français en 2018. S'il se prévaut de la présence sur le territoire français de son frère de nationalité française, il est célibataire sans charge de famille et n'allègue ni n'établit être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où résident selon ses déclarations son épouse et sa fille née en 2017 ainsi que sa mère, sa sœur et trois de ses frères. Par ailleurs, s'il indique travaillait depuis une année comme coiffeur, il n'apporte aucune pièce en ce sens. Dans ces conditions, la décision portant obligation de quitter le territoire français attaquée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette mesure a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté.
6. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 15 juin 2022 par laquelle le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la légalité de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
8. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
9. En premier lieu, M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, il n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.
10. En deuxième lieu, il ressort des motifs de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire que le préfet du Rhône a relevé d'une part que M. A s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour, d'autre part qu'il a été placé en garde à vue pour des faits d'aide à l'entrée irrégulière et fourniture frauduleuse de documents administratifs, enfin qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes. Le préfet a estimé au vu de ces éléments qu'il existait un risque que M. A se soustraie à la mesure d'éloignement prise à son encontre " en l'absence de circonstances particulières ". Il a ainsi examiné s'il existait des circonstances particulières. Le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'erreur de droit en ce que le préfet se serait borné à relever que la situation de l'intéressé entrait dans les critères fixés aux 2°, 7° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit par suite être écarté.
11. En troisième lieu, pour prendre la décision de refus de délai de départ contestée, le préfet du Rhône s'est fondé sur les dispositions du 2°, 7° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. A, qui s'est maintenu sur le territoire au-delà de la durée de validité de son visa, n'établit pas par les pièces qu'il produit avoir déposé une demande de titre de séjour ou même une demande de rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Par ailleurs, M. A a reconnu lors de son audition par les services de police être en possession d'une fausse carte et il ressort des pièces du dossier qu'une ordonnance de placement sous contrôle judiciaire a été prise à son encontre pour notamment avoir procuré frauduleusement à des étrangers en situation irrégulière un document délivré par une administration publique en vue de constater un droit, une identité ou une qualité ou d'accorder une autorisation. Enfin, si M. A indique disposer d'un logement il n'apporte aucun élément en ce sens. Dans ces conditions, le préfet pouvait légalement refuser d'accorder au requérant un délai de départ volontaire sur le fondement des dispositions des 2°, 7° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de circonstances particulières. Si M. A soutient justifier de circonstances particulières dès lors qu'il est mis en cause dans le cadre d'une procédure pénale, la décision contestée n'a ni pour objet, ni pour effet, de le priver du droit de se défendre dans le cadre de cette procédure pénale dès lors qu'il peut se faire représenter et qu'il peut s'adresser au tribunal pour faire valoir qu'il est dans l'impossibilité de comparaître pour une cause indépendante de sa volonté. En outre, l'ordonnance de placement sous contrôle judiciaire prise à son encontre est sans incidence sur la légalité de la décision refusant un délai de départ volontaire. Par ailleurs, si M. A fait également valoir que le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer sa situation suite à l'annulation d'une précédente mesure d'éloignement, cette circonstance ne constitue pas une circonstance particulière au sens des dispositions précitées justifiant l'absence de démarches du requérant pour régulariser sa situation en déposant une demande de titre de séjour. Le requérant ne justifie ainsi d'aucune circonstance particulière au sens de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant de considérer que l'existence d'un risque de fuite n'est pas établie. La décision de refus de délai de départ volontaire n'est ainsi entachée ni d'erreur de fait, ni d'erreur manifeste d'appréciation.
12. En dernier lieu, ainsi qu'il a été dit, la décision contestée n'a ni pour objet, ni pour effet, de priver le requérant du droit de se défendre dans le cadre de la procédure pénale dont il fait l'objet. Le moyen soulevé par le requérant tiré de ce que la décision de refus de délai de départ volontaire serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation au regard de sa mise cause dans le cadre d'une procédure pénale doit par suite être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 15 juin 2022 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
14. M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, il n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.
15. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 15 juin 2022 par laquelle le préfet du Rhône a fixé le pays de destination.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour :
16. En premier lieu, M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, il n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois.
17. En deuxième lieu, M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision de refus de délai de départ volontaire, il n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois.
18. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Rhône n'aurait pas procédé à l'examen de la situation particulière de l'intéressé avant d'édicter la mesure en litige. Le moyen tiré du défaut d'examen doit par suite être écarté.
19. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
20. M. A a fait l'objet d'une mesure d'éloignement pour laquelle aucun délai de départ volontaire n'a été accordé. Il entre ainsi dans le cas prévu à l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour lequel le préfet assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour, sauf s'il existe des circonstances humanitaires de nature à justifier qu'une telle interdiction de retour ne soit pas édictée. Si le requérant fait valoir qu'il ait mis en cause dans une procédure pénale et doit pouvoir se défendre, cette circonstance ne fait pas obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français contrairement à ce que soutient l'intéressé dès lors qu'il peut se faire représenter. Par ailleurs, l'ordonnance de placement sous contrôle judiciaire prise à son encontre est sans incidence sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français. Le requérant ne justifie d'aucune circonstance humanitaire au sens des dispositions précitées.
21. Par ailleurs, si M. A, qui indique être entrée sur le territoire français en 2018, fait valoir qu'il a un frère de nationalité française il ne l'établit pas. Il ne justifie pas non plus, par les pièces qu'il produit, avoir une insertion particulière sur le territoire français et il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident notamment son épouse et son enfant née en 2017 selon ses déclarations. Par ailleurs, il n'est pas contesté qu'il a été placé en garde à vue pour des faits d'aide à l'entrée irrégulière, la participation à une association de malfaiteurs, de fourniture frauduleuse de documents administratifs et qu'il est personnellement mis en cause dans cette affaire ayant donné lieu à une commission rogatoire. Dans ces conditions, contrairement à ce que fait valoir le requérant, le préfet a pu estimer que son comportement constituait une menace pour l'ordre public. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le préfet du Rhône n'a pas fait une inexacte application des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois, durée qui ne présente pas en l'espèce de caractère disproportionné.
22. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5 du présent jugement, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
23. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 15 juin 2022 pris à son encontre portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
24. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les conclusions de la requête de M. A sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.
La magistrate désignée,
E. Reniez
La greffière,
A. Calmès
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026