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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2204659

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2204659

mercredi 22 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2204659
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation8ème chambre
Avocat requérantSCP CARNOT AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juin 2022, M. A B, représenté par Me Denis, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de refus née du silence conservé par le président de la Métropole de Lyon sur sa demande du 17 février 2022 tendant à ce que lui soit accordé le bénéfice de la protection fonctionnelle ;

2°) de mettre à la charge de la Métropole de Lyon la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- les faits survenus le 15 février 2022 justifiaient l'octroi de la protection fonctionnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 mars 2023, la Métropole de Lyon, représentée par la SELARL Carnot, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête n'est pas recevable dès lors qu'il a été fait droit aux demandes du requérant avant qu'il ne saisisse le tribunal ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les pièces du dossier ;

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Richard-Rendolet,

- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique,

- les observations de Me Denis pour M. B, ainsi que celles de Me Litzler pour la Métropole de Lyon.

Considérant ce qui suit :

1. Agent de maîtrise territorial principal employé par la Métropole de Lyon en qualité de responsable de secteur à la direction Propreté, M. B demande au tribunal d'annuler la décision implicite de refus née du silence conservé par le président de la métropole sur sa demande en date du 17 février 2022 tendant à ce qu'il bénéficie de la protection fonctionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 134-1 du code général de la fonction publique : " L'agent public () bénéficie, à raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire, dans les conditions prévues au présent chapitre ". Aux termes de l'article L. 134-5 du même code : " La collectivité publique est tenue de protéger l'agent public contre les atteintes volontaires à l'intégrité de sa personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. / Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté ".

3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande () ".

4. Si M. B fait valoir que la décision implicite qu'il conteste ne satisfait pas à l'exigence législative de motivation, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ait vainement sollicité la communication des motifs de cette décision. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

5. Pour soutenir que les circonstances justifiaient que le bénéfice de la protection fonctionnelle lui soit accordé, M. B expose que, le 15 février 2022, il a été victime à sa prise de poste puis en fin de service d'une agression de la part d'un collègue et que les conséquences psychologiques de cette agression ont justifié son placement en arrêt de travail. Toutefois, s'il est constant que, le 15 février 2022, une vive altercation a opposé M. B à un agent de propreté d'une autre équipe à laquelle l'intervention de collègues a permis de mettre un terme en évitant que les intéressés n'en viennent aux mains, il ressort des pièces du dossier que M. B et le collègue concerné ont été reçus dès le lendemain par leur supérieur hiérarchique afin de les entendre sur les causes de leur différend et d'envisager les suites à donner à cet incident, qui a fait l'objet d'un signalement au directeur le 2 mars 2022, que M. B a été reçu le 23 février 2022 par le service de la médecine du travail puis, le 23 mars 2022, par le responsable du service de la Métropole de Lyon chargé de la promotion de la diversité et de la lutte contre les discriminations, et que le requérant a été admis au bénéfice d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 22 février 2022 par un arrêté du 7 mars suivant. Alors que la demande de protection adressée à l'autorité territoriale par M. B n'envisageait pas d'autre action particulière ayant directement trait à l'incident en cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que le différend ayant donné lieu à l'altercation du 15 février 2022 justifiait que des mesures supplémentaires soient prises et M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en ne donnant pas d'autre suite à sa demande, le président de la Métropole de Lyon a méconnu l'obligation de lui assurer une protection appropriée en application des dispositions citées au point 2.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions du requérant présentées sur leur fondement et dirigées contre la Métropole de Lyon, qui n'est pas partie perdante.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la Métropole de Lyon.

Délibéré après l'audience du 15 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gille, président,

M. Richard-Rendolet, premier conseiller,

Mme Feron, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2024.

Le rapporteur,

F-X. Richard-RendoletLe président,

A. Gille

La greffière,

F. de Biasi

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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