vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2204662 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | GALICHET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 juin 2022, M. B A, représenté par Me Galichet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 janvier 2022 par lequel la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire de lui délivrer sous astreinte de 100 euros par jour de retard :
- à titre principal, une carte de résident portant la mention " Longue durée UE " sur le fondement de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- à titre subsidiaire, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- à titre très subsidiaire, un titre de séjour portant la mention " salarié " sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- à titre infiniment subsidiaire, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par une décision du 13 mai 2022, la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A a été rejetée pour caducité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né le17 octobre 1972, est entré régulièrement en France en juin 2005, muni d'un visa C " famille de français. L'intéressé a ensuite bénéficié de la délivrance de d'une carte de séjour temporaire d'un an, laquelle a été renouvelée, puis d'une carte de résident de dix ans valable jusqu'en 2017. Alors que le 14 décembre 2012, M. A avait souscrit une déclaration d'acquisition de la nationalité française, par un jugement du tribunal de grande instance de Lyon du 1er mars 2017, l'enregistrement de cette déclaration a été annulé en raison d'une présomption de fraude, l'intéressé ayant déclaré sur l'honneur entretenir une communauté de vie avec son épouse française alors qu'une procédure de divorce par consentement mutuel avait déjà été engagée. Le 10 janvier 2019, l'intéressé a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté en date du 3 janvier 2022, la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
3. Pour refuser l'admission exceptionnelle au séjour de M. A sur le fondement des dispositions précitées, la préfète de la Loire a relevé que la maîtrise élémentaire de la langue française constatée par l'administration et par la commission du titre de séjour, les attestations de proches témoignant de son intégration et le fait que M. A déclare aimer la France et la ville de Saint-Etienne ne sauraient être regardés comme des motifs exceptionnels ou des considérations humanitaires. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A est entré régulièrement en France en juin 2005 en qualité de conjoint d'une ressortissante française qu'il avait épousée le 17 août 2004 au Sénégal et qu'il a résidé régulièrement en France sous couvert de cartes de séjour temporaires délivrées et renouvelées en sa qualité de conjoint de français puis sous couvert d'une carte de résident, valide jusqu'en mars 2017. Si par un jugement du tribunal de grande instance de Lyon du 1er mars 2017, sa déclaration de nationalité française, enregistrée le 25 octobre 2013, a été annulée en raison de la fin de la communauté de vie affective entre le requérant et son épouse française antérieurement à l'enregistrement de cette déclaration, il est constant que M. A vit en France depuis près de dix-sept ans à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, si l'extranéité de son fils, né le 25 août 1998 d'une précédente relation, a également été constatée par le jugement précité du tribunal de grande instance de Lyon, celui-ci vit toutefois à Saint-Etienne et dispose d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " valide jusqu'en décembre 2024, et le requérant soutient, sans que cela ne soit contesté en défense, ne plus avoir d'attaches familiales au Sénégal, ses deux parents étant décédés, et avoir établi le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français où il a toujours exercé une activité professionnelle. En effet, il ressort des pièces du dossier et notamment des bulletins de salaire produits, que M. A a continûment exercé des activités salariées depuis son arrivée en 2005, d'abord comme agent de sécurité puis comme préparateur de commande à compter de 2011et qu'il travaille dans la même entreprise depuis plus de huit ans à la date de la décision attaquée, ses avis d'imposition pour les années 2018 à 2020 mentionnant des revenus salariaux annuels oscillant entre 18 600 et 24 900 euros. Par suite, dans les circonstances très particulières de l'espèce tenant notamment à la durée significative de présence du requérant en France où il a essentiellement séjourné en situation régulière, à la circonstance qu' il a installé ses intérêts privés, familiaux et professionnels, en refusant de délivrer à M. A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", la préfète de la Loire a méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Il y a lieu pour ce motif et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, de prononcer l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, ainsi que, par voie de conséquence, celles des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
4. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement que soit délivrée à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Il y a lieu d'enjoindre à la préfète de la Loire d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une quelconque astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 100 euros à M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 3 janvier 2022 de la préfète de la Loire est annulé.
Article 2: Il est enjoint à la préfète de la Loire de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3: L'Etat versera à M. A une somme de 1 100 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de la Loire.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Pineau, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.
Le rapporteur,
N. C
La présidente,
A. Baux
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026