vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2204716 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | FAUCK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juin 2022, Mme G A, représentée par la SELARL Nicolas Fauck - Avocats et Associés (Me Fauck), demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2022 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui remettre, dans l'attente, un récépissé dans un délai de huit jours à compter de la même date et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté contesté dans son ensemble :
- il est entaché d'incompétence de son signataire ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
- elle est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que sa situation aurait pu être régularisée par la préfète de l'Ain.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2022, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 23 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes, ni représentées.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante canadienne née le 1er janvier 2001, est entrée sur le territoire français le 27 septembre 2019 munie de son passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " jeune au pair " et valable du 27 septembre 2019 au 27 août 2020. Elle a ensuite obtenu la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " jeune au pair ", valide du 28 août 2020 au 27 août 2021. Après en avoir sollicité le renouvellement et obtenu une attestation de prolongation d'instruction de sa demande du 14 septembre au 31 décembre 2021, l'intéressée a sollicité un changement de statut et la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du même code. Par un arrêté du 23 mai 2022, dont la requérante demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète de l'Ain a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office.
En ce qui concerne l'arrêté contesté dans son ensemble :
2. En premier lieu, par un arrêté du 31 janvier 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratif spécial de la préfecture de l'Ain du 1er février 2022, accessible tant au juge qu'aux parties, la préfète de l'Ain a donné délégation de signature à M. B E, attaché d'administration de l'État, chef du bureau de l'accueil et du séjour des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme F D, attachée d'administration de l'État, directrice de la citoyenneté et de l'intégration de la préfecture de l'Ain, à l'effet de signer, notamment, les actes individuels en matière d'accueil et de séjour des étrangers, à l'exception de ceux au nombre desquels ne figurent pas les décisions contenues dans l'arrêté contesté. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet arrêté manque en fait et doit, par suite, être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Selon les termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
4. Mme A soutient qu'elle a transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux en France, dès lors qu'elle y réside en compagnie de son concubin, ressortissant français avec lequel elle s'est pacsée et justifie d'une communauté de vie depuis plus de deux années, qu'elle y a développé un important réseau amical et qu'elle y est intégrée. Toutefois, en produisant une étude personnalisée d'assurance automobile datée du 16 juin 2020 comportant leurs deux noms, un courrier d'un établissement bancaire non daté, une facture d'achat du 7 juin 2021 et un relevé de compte bancaire du 31 août 2021 mentionnant qu'elle est hébergée par son compagnon, deux attestations de l'assurance maladie en date des 20 juillet 2021 et 1er juin 2022, des relevés de frais imprécis des 1er et 24 juin 2022, cinq attestations de proches et de nombreuses photographies non datées, ainsi que le récépissé de l'enregistrement de sa déclaration conjointe de Pacte civil de solidarité (PACS) en date du 31 décembre 2021, la requérante ne justifie pas de l'ancienneté, de la stabilité et de l'intensité des liens privés et familiaux dont elle se prévaut sur le territoire national, en particulier vis-à-vis de son concubin dès lors que tant leur communauté de vie que leur PACS présentent un caractère récent à la date de la décision contestée. Par ailleurs, si l'intéressée se prévaut de sa maîtrise de la langue française et de ce qu'elle suit une formation en vue de l'obtention d'un certificat d'aptitude professionnelle (CAP) en coiffure, en versant notamment au dossier les éléments relatifs à sa scolarité au sein de l'école Silvya Terrade d'Annecy pour l'année scolaire 2021-2022, ces éléments ne sont pas davantage de nature à démontrer une intégration sociale et professionnelle particulière sur le territoire français, où elle est entrée récemment et n'a été admise à séjourner que pour un motif non pérenne. Enfin, la requérante, sans charge de famille en France, n'établit ni même n'allègue être dépourvue de toute attache dans son pays d'origine, où elle a vécu l'essentiel de son existence, ni qu'elle ne pourra y poursuivre sa vie privée et familiale, et notamment sa formation professionnelle. Dans ces circonstances, compte tenu de la durée et de ses conditions de séjour, la préfète de l'Ain n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme A en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour. Les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent, par suite, être écartés.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de ce que la décision contestée devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision contestée, ni d'aucune autre pièce du dossier, que la préfète de l'Ain n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation personnelle de Mme A. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.
7. En troisième lieu, en l'absence d'argumentation particulière, et en tenant compte des conséquences spécifiques de la mesure d'éloignement, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de ce que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle et familiale de la requérante pourront être écartés par les mêmes motifs que ceux précédemment exposés au point 4.
8. En dernier lieu, si Mme A soutient que sa situation aurait dû être régularisée, elle ne fait état d'aucun motif exceptionnel, au regard de sa vie privée et familiale ainsi que de ses qualifications ou de son expérience professionnelle, de nature à permettre de considérer que la préfète de l'Ain aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme G A et à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Pineau, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.
Le rapporteur,
C. C
La présidente,
A. Baux
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026