lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205138 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | DEBBACHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 juillet 2022 sous le n°2205138, M. D E, représenté par Me Debbache, demande dans le dernier état de ses écritures, au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er juillet 2022 par laquelle le préfet du Rhône a prononcé sa remise aux autorités italiennes ;
2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
M. E soutient dans le dernier état de ses écritures que :
- la décision de remise aux autorités italiennes est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation commise dans l'application des dispositions de l'article 17 du règlement Dublin A, eu égard notamment à l'impossibilité, alléguée, pour l'Italie de le prendre en charge dans des conditions d'accueil convenables ;
- elle a été édictée au mépris des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, dit " B A " ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle le préfet du Rhône n'était ni présent, ni représenté.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 février 2022 :
- le rapport de M. Habchi, magistrat désigné,
- et les observations de Me Debbache, pour M. E, également présent à l'audience, qui insiste sur l'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article 17 du règlement " dit B A ", en raison notamment de sa situation personnelle, et de l'impossibilité pour l'Italie de le prendre en charge au titre de l'asile.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1.M. E, né le 1er janvier 1978 et de nationalité burkinabé, est entré en France le 14 décembre 2021 démuni de tout visa ou document de séjour, après avoir séjourné en Italie. Le 27 décembre 2021, M. E a saisi le préfet du Rhône d'une demande d'asile, et après avoir relevé ses empreintes, l'autorité administrative a constaté, dans le fichier européen " Eurodac ", que le ressortissant burkinabé était connu des autorités italiennes, pays où il a été identifié le 8 novembre 2016. Puis, par un arrêté du 1er juillet 2022, le préfet du Rhône a conséquemment décidé de prononcer sa remise aux autorités italiennes. M. E demande au tribunal d'annuler cette décision administrative la concernant.
Sur les conclusions présentées au titre de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions nationales relatives au droit d'asile et à l'éloignement, issues du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () ". La faculté laissée à chaque État membre, par le 1 de l'article 17 du règlement n°604/2013, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
4. M. E expose qu'il souhaite rester en France en raison de sa connaissance de la langue française, et du fait que la France respecte son identité et sa situation de demandeur d'asile. Interrogé au cours de l'audience publique, il affirme qu'il voudrait trouver en France une protection et une insertion paisible. Toutefois, pour louable que soit sa volonté d'intégration dans la société française, le requérant ne démontre pas qu'il ne pourrait pas être pris en charge en Italie pour l'examen de sa demande d'asile, pays membre de l'Union européenne qui possède des services administratifs en capacité de l'accompagner dans son parcours, et ne justifie pas davantage que sa situation familiale s'opposerait à sa remise aux autorités italiennes en raison d'une impossibilité quelconque de déplacement ou de voyage. S'il affirme à cet égard que l'Italie lui aurait opposé un refus d'asile par le passé, il ne l'établit pas devant le tribunal. Interrogé spécifiquement sur ce point au cours de l'audience du 18 juillet 2022, M. E n'a pas été en capacité de fournir une explication probante sur l'allégation selon laquelle l'Italie lui aurait opposé, selon ses déclarations, un refus d'asile, ni n'a pu fournir une décision administrative émanant des autorités italiennes sur ce plan. Dans ces conditions, il n'est pas démontré que l'Italie ne serait pas responsable de sa demande d'asile, dès lors qu'il est constant qu'il a séjourné en 2016 dans ce pays de l'Union européenne. Ainsi, c'est sans méconnaître les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 que le préfet du Rhône a pu ne pas déroger aux critères de détermination de l'Etat responsable de la demande d'asile de M. E, et prononcer sa remise aux autorités italiennes. Il n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet du Rhône aurait entaché sa décision de remise sur ce plan, d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Si M. E soutient qu'il craint pour sa vie en cas de retour au Burkina-Faso, il n'apporte aucun élément probant ni commencement de preuve à l'appui de cette allégation. Par suite, l'intéressé, qui n'apporte pas d'élément nouveau établissant le caractère réel, sérieux et actuel des menaces invoquées en cas de retour au Burkina-Faso, n'est pas fondé à soutenir que la décision de remise, qui n'a au demeurant pas pour objet de l'éloigner vers son pays d'origine, méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Enfin, il ne ressort pas davantage des pièces versées au dossier que le requérant encourrait des risques de traitement inhumain ou dégradant en Italie, pays qui possède un système de prise en charge adapté des demandeurs d'asile.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n°2205138 de M. E est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D E et au préfet du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
H. C
La greffière,
C. DRIGUZZI
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
N°2205138
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026