jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205145 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ADS - SOULA MICHAL - MAGNIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 5 juillet 2022 et le 3 août 2023, M. C B A, représenté par la Selarl Cabinet ADS Soula Michal-Magnin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 novembre 2020 par laquelle la maire de la commune de Décines-Charpieu l'a informé du non-renouvellement de son contrat à durée déterminée expirant le 31 décembre 2020 ;
2°) de condamner la commune de Décines-Charpieu à lui verser une somme de 3 000 euros en réparation du préjudice que lui a causé le non-respect du délai de prévenance ;
3°) de condamner la commune de Décines-Charpieu à lui verser une somme de 20 000 euros en réparation du préjudice que lui a causé l'illégalité de la décision de ne pas renouveler son contrat de travail ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Décines-Charpieu la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- le refus critiqué est intervenu en méconnaissance du délai réglementaire de prévenance de deux mois ;
- la décision attaquée s'inscrit dans le cadre d'un recours abusif aux contrats à durée déterminée, n'est pas motivée par l'intérêt du service et procède d'une discrimination ;
- l'illégalité de la décision attaquée est de nature à engager la responsabilité de la commune et son préjudice peut être évalué à 23 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juin 2023, la commune de Décines-Charpieu, représentée par la Selarl ATV Avocats associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas recevable dès lors que les conclusions à fin d'annulation n'ont pas été formées dans un délai raisonnable et que le contentieux indemnitaire n'est pas lié ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Feron,
- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique,
- et les observations de Me Coassy pour M. B A, ainsi que celles de Me Vieux-Rochas pour la commune de Décines-Charpieu.
Considérant ce qui suit :
1. Employé par la commune de Décines-Charpieu en qualité d'agent de proximité sur le fondement d'un contrat de travail à durée déterminée, M. B A conteste la décision de la maire de cette commune du 20 novembre 2020 de ne pas renouveler son contrat au-delà de son échéance du 31 décembre 2020 et demande l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait des fautes commises par la commune à l'occasion de la fin de son engagement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Un agent dont le contrat est arrivé à échéance n'a aucun droit au renouvellement de celui-ci. Il en résulte qu'alors même que la décision de ne pas renouveler ce contrat est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur l'aptitude professionnelle de l'agent et, de manière générale, sur sa manière de servir et se trouve ainsi prise en considération de la personne, elle n'est pas, sauf à revêtir le caractère d'une mesure disciplinaire, au nombre de celles qui doivent être motivées. Par suite et alors que le caractère disciplinaire de la décision en litige ne ressort pas du dossier, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.
3. Aux termes de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 applicable aux agents contractuels des collectivités territoriales : " Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard : / () / - deux mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à deux ans ; () ".
4. En application des dispositions précitées de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 et alors qu'il est constant que M. B A a été employé pour une durée supérieure à deux ans, la commune de Décines-Charpieu était tenue d'informer le requérant de son intention de ne pas renouveler son engagement deux mois avant le terme de son contrat. Toutefois, s'il est constant que M. B A n'a été informé de la décision de ne pas renouveler son contrat que par un courrier du 20 novembre 2020, la méconnaissance du délai de prévenance est sans incidence sur la légalité de cette décision, qui n'est pas davantage affectée par la circonstance alléguée par le requérant que son recrutement sur longue durée par contrats à durée déterminée successifs révélerait un recours abusif de la commune à la conclusion de tels contrats.
5. Alors qu'un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision de la commune de Décines-Charpieu de ne pas renouveler le contrat de M. B A au-delà du 31 décembre 2020 serait justifiée par un motif étranger à l'intérêt du service et la circonstance que M. B A était placé en arrêt de travail depuis le 10 septembre 2020 ne suffit pas pour faire présumer l'existence alléguée par le requérant d'une discrimination à raison de son état de santé.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions dirigées contre la décision du 20 novembre 2020 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
7. Eu égard à ce qui précède et alors qu'il ne justifie pas de l'existence d'un préjudice résultant du retard avec lequel il a été prévenu du non-renouvellement de son contrat, M. B A n'est pas fondé à demander la condamnation de la commune défenderesse à l'indemniser du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de l'illégalité fautive de la décision du 20 novembre 2020.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par le requérant sur leur fondement et dirigées contre la commune de Décines-Charpieu, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement de ces mêmes dispositions par la commune de Décines-Charpieu.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Décines-Charpieu tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A et à la commune de Décines-Charpieu.
Délibéré après l'audience du 29 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
La rapporteure,
C. Feron
Le président,
A. GilleRendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026