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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2205153

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2205153

mardi 18 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2205153
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU 9ème chambre
Avocat requérantLEFEVRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 juillet 2022, et un mémoire enregistré le 4 octobre 2022, Mme A B E demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 juin 2022 par lequel la préfète de l'Ain l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois ;

3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour ce dernier de renoncer au bénéfice de la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

Elle soutient :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entaché d'un défaut d'examen et d'insuffisance de motivation ;

- elle méconnaît le droit d'être entendu ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le délai de départ est entachée d'incompétence ;

- elle sera annulée par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision fixant le pays de destination sera annulée par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français sera annulée par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est disproportionnée ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2022, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que son arrêté n'est entaché ni d'incompétence de son auteur, ni d'un défaut d'examen complet, ni d'un défaut de motivation, que la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît ni l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que compte tenu de la légalité de cette décision, les décisions fixant le délai de départ et le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français ne sont pas privées de base légale, que la décision fixant le pays de destination ne méconnaît pas l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

La présidente du tribunal a désigné Mme Reniez, conseillère, pour statuer en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative ;

Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle la préfète de l'Ain n'était ni présente ni représentée.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Reniez, magistrate désignée ;

- les observations de Me Lefevre, avocat, représentant Mme B E, qui reprend des moyens de la requête ;

- les observations de Mme B E.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B E, ressortissante angolaise, conteste l'arrêté du 28 juin 2022 par lequel la préfète de l'Ain l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre Mme B E au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 précédemment visée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Si la décision ne mentionne pas que la requérante a adressé une demande d'admission au séjour au titre de son état de santé, qui a été refusée par la préfète de l'Ain par une décision du 28 juin 2022, l'obligation de quitter le territoire prise à l'encontre de Mme B E est fondée sur le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La requérante n'est ainsi pas fondée à soutenir que l'absence de cette mention entache la décision contestée d'insuffisance de motivation. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit par suite être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Ain n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de la requérante. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'un examen particulier doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".

6. Ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ou sur la décision le plaçant en rétention dans l'attente de l'exécution de la mesure d'éloignement, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.

7. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français non prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.

8. Une violation des droits de la défense, en particulier du droit d'être entendu, n'entraîne l'annulation de la décision prise au terme de la procédure administrative en cause que si, en l'absence de cette irrégularité, cette procédure pouvait aboutir à un résultat différent.

9. Si, pour soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît le droit d'être entendu, la requérante fait valoir qu'elle a présenté une demande de titre de séjour pour raison de santé que la préfète a refusé d'enregistrer, il est constant qu'elle a ainsi pu indiquer à la préfète qu'elle souhaitait obtenir un titre de séjour pour raison de santé avant l'édiction de la décision contestée. Par ailleurs, en tout état de cause, elle ne produit aucune pièce médicale et n'apporte dans la présente instance aucune précision sur son état de santé. Il ne ressort ainsi pas des pièces du dossier que l'intéressée disposait d'éléments pertinents qu'elle aurait pu utilement porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la mesure d'éloignement et qui, s'ils avaient été communiqués à temps, auraient été de nature à faire obstacle à la décision lui faisant obligation de quitter le territoire. Le moyen doit par suite être écarté.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / () ". Aux termes de l'article R. 611-1 de ce code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / () ".

11. D'une part, si Mme B E fait valoir que la préfète était nécessairement informé qu'elle avait d'importants problèmes de santé puisqu'elle lui a envoyé un courrier de demande de titre de séjour, qui a fait l'objet d'une décision de refus d'enregistrement, elle ne produit pas les certificats médicaux et l'ordonnance médicale qui auraient été joints à ce courrier qui ne mentionne pas la pathologie dont elle souffre, ni aucun élément relatif à sa situation médicale. Dans ces conditions, il ne peut être tenu pour établi que la préfecture disposait d'éléments d'information suffisamment précis et circonstanciés justifiant la saisine du collège de l'Office français de l'immigration et de l'intégration avant l'édiction de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

12. D'autre part, en se bornant à soutenir qu'elle a d'importants problèmes de santé sans apporter la moindre pièce médicale ni préciser sa pathologie, la requérante n'établit pas que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité ni qu'elle ne pourrait pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut donc qu'être écarté.

13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

14. Mme B E, qui est entrée sur le territoire français le 23 janvier 2019 avec son fils qui était alors mineur selon ses déclarations, ne se prévaut d'aucune attache sur le territoire français en dehors de son fils. Elle ne justifie pas non plus d'une insertion particulière sur le territoire français à la date de la décision contestée. Elle n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine et il ne ressort pas des pièces du dossier que sa cellule familiale ne pourrait se reconstituer dans son pays d'origine. Si elle se prévaut de son état de santé, ainsi qu'il a été dit, elle n'apporte aucun élément de nature à établir que son état nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle ne pourrait effectivement bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la décision portant obligation de quitter le territoire en litige n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a ainsi pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la préfète de l'Ain n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

15. Il résulte de ce qui précède que Mme B E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 28 juin 2022 par laquelle la préfète de l'Ain l'a obligée à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

16. En premier lieu, il résulte des motifs qui précèdent que Mme B E n'est pas fondée à invoquer, par voie d'exception à l'encontre de la décision lui accordant un délai de départ volontaire, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

17. En second lieu, la décision attaquée en date du 28 juin 2022 a été signée par Mme D C, directrice de la citoyenneté et de l'intégration de la préfecture de l'Ain, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté de la préfète de l'Ain du 31 janvier 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le 1er février 2022, d'une délégation pour signer un tel acte. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée manque ainsi en fait et doit être écarté.

18. Il résulte de ce qui précède que Mme B E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 28 juin 2022 par laquelle la préfète de l'Ain a fixé le délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

19. Il résulte des motifs qui précèdent que Mme B E n'est pas fondée à invoquer, par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

20. Il résulte de ce qui précède que Mme B E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 28 juin 2022 par laquelle la préfète de l'Ain a fixé le pays de destination.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

21. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

22. Mme B E est entrée sur le territoire français le 23 janvier 2019 avec son fils alors mineur selon ses déclarations pour y solliciter l'asile. Elle était donc présente depuis environ trois ans sur le territoire français à la date de la décision contestée. S'il est constant que seul son fils, désormais majeur, réside sur le territoire français, sans disposer d'un titre de séjour, il ressort des pièces du dossier qu'entrée sur le territoire français pour y solliciter l'asile, elle n'a jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Dans les circonstances de l'espèce, la préfète de l'Ain a commis une erreur d'appréciation en prenant à son encontre une décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

23. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B E est fondée à demander l'annulation de la décision du 28 juin 2022 de la préfète de l'Ain portant interdiction de retour sur le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

24. Le présent jugement qui annule seulement la décision portant interdiction de retour sur le territoire français n'implique pas la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour et le réexamen de la situation de la requérante. Les conclusions à fin d'injonction doivent par suite être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Mme B E est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La décision du 28 juin 2022 de la préfète de l'Ain prise à l'encontre de Mme B E portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de six mois est annulée.

Article 3 : Les conclusions de la requête de Mme B E sont rejetées pour le surplus.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B E et à la préfète de l'Ain.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.

La magistrate désignée,

E. Reniez

La greffière,

S. Lecas

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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