mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205160 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | THOMINETTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2022, Mme A C, représentée par Me Thominette, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 9 juin 2022 par lesquelles la préfète de la Loire lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a déterminé le pays de destination en cas de reconduite ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai d'un mois à compter de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé s'agissant de l'indication de la disponibilité d'un traitement approprié dans le pays d'origine ;
- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de production de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;
- cet arrêté procède d'un examen incomplet de sa situation personnelle ; ses précédents titres de séjour n'ont pas été pris en compte ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de la modification de position des autorités médicales ;
- l'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale, tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2022, la préfète de la Loire conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 7 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 août 2022.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller,
- et les observations de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante algérienne née le 13 avril 1997, demande l'annulation des décisions du 9 juin 2022 par lesquelles la préfète de la Loire lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a déterminé le pays de destination en cas de reconduite.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé par M. B D, sous-préfet secrétaire général de la préfecture de la Loire, investi d'une délégation de signature à cet effet par arrêté préfectoral du 5 mai 2022, régulièrement publié le lendemain. Le moyen tiré de l'incompétence d'auteur de l'acte doit ainsi être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions et stipulations dont il fait application et relève les éléments biographiques de Mme C pertinents pour cette application. En particulier, et dans la mesure où ni le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ni l'autorité préfectorale n'avaient à apprécier la disponibilité d'un éventuel traitement dès lors que l'autorité médicale estimait qu'une interruption d'un tel traitement était dépourvue de conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'absence d'indications s'agissant d'une telle disponibilité ne saurait caractériser le défaut de motivation invoqué. Enfin, la circonstance que l'arrêté attaqué ne mentionne pas la délivrance antérieure de titres de séjour à raison de son état de santé, non plus qu'aucune autre pièce du dossier, n'établissent un défaut d'examen particulier de la situation de la requérante. Les moyens afférents ne peuvent dès lors qu'être écartés.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. () ". Selon l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ".
5. D'une part, il ressort des éléments produits en défense que, par un avis du 22 décembre 2021, le collège des médecins de l'OFII a estimé que, si l'état de santé de Mme C nécessite une prise en charge médicale, l'interruption de celle-ci ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'autorité médicale n'étant dans cette hypothèse pas tenue de se prononcer sur la disponibilité effective d'un traitement dans le pays d'origine. Le moyen tiré du vice de procédure du fait de l'absence d'un tel avis doit ainsi être écarté comme manquant en fait.
6. D'autre part, pour contester l'appréciation portée par le collège des médecins de l'OFII s'agissant des conséquences de l'interruption de sa prise en charge, Mme C fait valoir deux certificats médicaux de deux médecins ophtalmologues algériens faisant valoir les difficultés de diagnostic et de suivi des personnes atteintes de la maladie de Stargardt dont est affectée la requérante, relevant qu'aucun traitement n'est pour l'heure existant. Toutefois, ces certificats, pas plus que les écritures de la requérante se bornant à indiquer que les dispositifs d'aide lui permettent une relative autonomie, ne contestent sérieusement l'absence de conséquences d'une exceptionnelle gravité de l'interruption de la prise en charge médicale dont elle bénéficie. Ainsi, et quelles que soient les possibilités d'une telle prise en charge effective en Algérie, c'est par une exacte application des stipulations et dispositions précitées que la préfète de la Loire a pu refuser le titre de séjour sollicité.
7. En quatrième lieu, si Mme C se prévaut du sens de l'avis de l'autorité médicale émis le 1er octobre 2019 dans le cadre d'une précédente demande de titre de séjour et au regard du caractère dégénératif de la maladie dont elle est atteinte, une telle circonstance apparaît sans incidence sur l'appréciation portée par le collège des médecins de l'OFII et la préfète à sa suite. Il ne saurait dès lors en résulter l'erreur manifeste d'appréciation invoquée. Ce moyen doit ainsi être écarté.
8. En dernier lieu, Mme C fait valoir sa durée de résidence en France, de moins de quatre ans à la date de l'arrêté en litige, la présence de son oncle et de sa tante s'occupant d'elle ainsi que ses démarches d'accès à l'emploi, notamment par un contrat d'accompagnement vers l'emploi auprès de la mission locale depuis le 17 janvier 2020. Toutefois, de tels éléments, alors que ses démarches apparaissent infructueuses et que ses parents et frères résident en Algérie, ne caractérisent pas des liens tels avec la France que les décisions en litige y porteraient une atteinte disproportionnée. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté en litige méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte et celles à fin de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens dans les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Thominette et à la préfète de la Loire.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
Le rapporteur,
M. Gilbertas
Le président,
H. Drouet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026