mardi 5 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205168 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BENSAHKOUN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement le 4 juillet 2022 et le 4 juillet 2023, la SAS C. Retro, représentée par Me Bensakhoun, doit être regardée comme demandant au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les cinq titres de perception émis le 29 mars 2022 par la direction générale des finances publiques portant remboursement, pour un montant total de 40 895 euros, de l'intégralité des aides exceptionnelles perçues au titre des mois de janvier, février, mars, avril et mai 2021 dans le cadre du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, et de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 40 895 euros, ainsi que les pénalités et majorations de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'administration les entiers dépens de la procédure ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
- au vu des justificatifs produits, elle remplit les conditions permettant l'attribution des aides en litige ;
- l'administration n'est pas fondée à lui opposer le fait que le traitement des aides relatives aux coûts fixes relève de la direction des grandes entreprises au regard des dispositions du décret n°2020-371 du 30 mars 2020 prévoyant l'échange de données entre services.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 mai 2023, le directeur régional des finances publiques de la région Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la SAS C. Retro ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 7 juillet 2023 par une ordonnance du 26 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2020-935 du 30 juillet 2020 ;
- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 ;
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Collomb, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS C. Retro, qui exploite une salle de dancing et spectacle et est dirigée par Mme A B, a perçu l'aide exceptionnelle au titre des mois de mars 2020 à mai 2021 au titre du premier volet du fonds de solidarité, institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19. A la suite d'un contrôle ayant révélé des incohérences, la direction générale des finances publiques l'a informée, le 12 avril 2021 et le 23 août 2021, de la récupération des sommes indument perçues et de l'émission prochaine de titres de perception. Ces seize titres de perception d'un montant total de 34 642 euros au titre de l'année 2020 et de 40 895 euros au titre de l'année 2021 ont été émis le 29 mars 2022. La SAS C. Retro demande, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler les cinq titres de perception émis le 29 mars 2022 d'un montant chacun de 8 179 euros au titre des mois de janvier à mai 2021 pour un montant total de 40 895 euros, ainsi que la décharge de l'obligation de payer cette somme.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge de l'obligation de payer :
2. Aux termes de l'article 3-1 de l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " I. - Les aides versées au titre du fonds le sont sur la base d'éléments déclaratifs prévus par décret. / Sous réserve des dispositions du troisième alinéa du II, elles sont insaisissables. / II. - Les documents attestant du respect des conditions d'éligibilité au fonds et du correct calcul du montant de l'aide sont conservés par le bénéficiaire pendant cinq années à compter de la date de versement de cette dernière. / Les agents de la direction générale des finances publiques et les agents publics affectés dans les services déconcentrés des administrations civiles de l'Etat peuvent demander à tout bénéficiaire du fonds communication de tout document relatif à son activité, notamment administratif ou comptable, permettant de justifier de son éligibilité et du correct montant de l'aide reçue pendant cinq années à compter de la date de son versement. Le bénéficiaire dispose d'un délai d'un mois pour produire ces justifications à compter de la date de la demande. / En cas d'irrégularités constatées, d'absence de réponse ou de réponse incomplète à la demande prévue au premier alinéa, les sommes indûment perçues font l'objet d'une récupération selon les règles et procédures applicables en matière de créances étrangères à l'impôt et au domaine. / La procédure prévue au présent II ne constitue pas une procédure de contrôle de l'impôt. ". Au titre des mois de janvier à mai 2021, le décret n°2020-371 du 30 mars 2020 précise que sont éligibles au fonds de solidarité les entreprises faisant l'objet d'une interdiction d'accueil du public, dont les discothèques, ayant subi une perte d'au moins 20 % de leur chiffre d'affaires, cette condition s'appliquant seulement à compter du mois de février 2021. Elles bénéficient à ce titre d'un droit d'option entre une aide correspondant au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros, ou à 20 % du chiffre d'affaires de référence dans la limite de 200 000 euros, le chiffre d'affaires de référence retenu pour le calcul de l'aide étant le chiffre d'affaires constaté au cours du même mois de l'année 2019 ou le chiffre d'affaires mensuel moyen constaté en 2019.
3. Il résulte de l'instruction, et notamment du courrier du 23 août 2021, que l'administration a motivé l'émission des titres de perception en litige correspondant au remboursement des aides perçues au titre des mois de janvier à mai 2021 par la circonstance que la SAS C. Retro n'avait pas fourni, malgré les multiples demandes en ce sens, l'intégralité des justificatifs permettant de vérifier la cohérence des chiffres d'affaires déclarés sur ses formulaires de demande d'aide, au titre des mois de janvier à mai 2019 et des mois de janvier à mai 2021, rendant ainsi impossible la vérification de son éligibilité aux aides du fonds de solidarité. Si la société requérante produit à l'instance des attestations de son expert-comptable établies dans le cadre d'une autre demande d'aide dite " coûts fixes ", des extraits de sa balance comptable au titre des mois de janvier, mars, avril, mai et juin 2019 et des mois de janvier, février, mars, mai, juin 2021, ainsi que des extraits de compte bancaire, ces éléments épars, en l'absence notamment de production de ses déclarations de chiffre d'affaires au titre des mois concernés, ne permettent pas, en l'état de l'instruction, de caractériser la perte de chiffre d'affaires alléguée, ayant motivé le versement des aides en litige.
4. Il résulte de tout ce qui précède, que la SAS C. Retro n'est pas fondée à contester le bien-fondé de la créance totale de 40 895 euros fondant les cinq titres de perception en litige émis le 29 mars 2022, et qu'en conséquence, ses conclusions aux fins d'annulation des cinq titres de perception émis le 29 mars 2022 et de décharge de l'obligation de payer doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En outre, en l'absence de dépens dans la présente instance, les conclusions présentées par la société requérante au titre de l'article R.761-1 du code de justice administrative doivent être, en tout état de cause, rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la SAS C. Retro est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS C. Retro et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et au directeur régional des finances publiques de la région Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône.
Délibéré après l'audience du 13 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller ;
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2024.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. Segado
La greffière,
T. Andujar
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026