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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2205175

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2205175

lundi 11 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2205175
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantHUARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juin 2022 au tribunal administratif de Grenoble et transmise au tribunal administratif de Lyon par ordonnance du 28 juin 2022, M. B D désormais retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry (69125 aéroport Lyon - Saint-Exupéry), représenté par Me Legrand-Castellon, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2022 du préfet de l'Isère en tant qu'il lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 19 mai 2022 jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur son recours ;

4°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. D soutient que :

- l'arrêté du 19 mai 2022 est insuffisamment motivé compte tenu de l'emploi d'une formulation stéréotypée et en l'absence de tout examen des risques encourus dans son pays d'origine ;

- l'arrêté a été pris sans qu'il ait pu faire valoir ses observations préalablement à l'édiction de l'obligation de quitter le territoire en méconnaissance du droit d'être entendu ;

- l'obligation de quitter le territoire méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, compte tenu des risques encourus dans son pays d'origine ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où il fait l'objet de menaces réelles dans son pays d'origine ;

- subsidiairement, sa demande d'asile est sérieuse, dès lors que son dossier va être examiné en formation collégiale par la Cour nationale du droit d'asile.

Des pièces ont été produites le 11 juillet 2022 par le préfet de l'Isère.

La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme A.

Vu les décisions attaquées ;

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 11 juillet 2022, Mme Soubié, magistrate désignée, a présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Legrand-Castellon, avocat, pour M. D, qui conclut aux mêmes fins que la requête, en sollicitant également l'annulation de la décision du 19 mai 2022 en tant qu'elle désigne le pays de destination, par les mêmes moyens et soutient, en outre, que l'arrêté en litige a été pris dans des conditions portant atteinte au principe de loyauté, qu'il a été pris sans examen approfondi de la situation du requérant et que le requérant ne peut pas retourner dans son pays d'origine sans risque ;

- les observations de M. D, requérant, assisté de Mme C, par téléphone, interprète en langue géorgienne ;

- les observations de Me Tomasi, avocat, pour le préfet de l'Isère, qui conclut au rejet de la requête au motif que les conclusions dirigées contre la décision fixant un pays de destination sont tardives et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant géorgien né en 1992, demande l'annulation de l'arrêté du 19 mai 2022 du préfet de l'Isère qui lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée ;

Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination et l'étendue du litige :

3. Aux termes de l'article R. 776-5 du code de justice administrative : " () II. - Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 et les délais de quinze jours mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-3 ne sont susceptibles d'aucune prorogation. / Lorsque le délai est de quarante-huit heures ou de quinze jours, le second alinéa de l'article R. 411-1 n'est pas applicable et l'expiration du délai n'interdit pas au requérant de soulever des moyens nouveaux, quelle que soit la cause juridique à laquelle ils se rattachent./ Le requérant qui, dans le délai de quarante-huit heures ou de quinze jours selon les cas, a demandé l'annulation de l'une des décisions qui lui ont été notifiées simultanément peut, jusqu'à la clôture de l'instruction, former des conclusions dirigées contre toute autre de ces décisions. "

4. Si le préfet de l'Isère soulève l'irrecevabilité des conclusions dirigées par le requérant contre la décision fixant le pays de destination, il résulte des dispositions citées au point 3 qu'en ayant contesté devant le tribunal la décision l'obligeant à quitter le territoire prise sur le fondement du 4°) de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le requérant était recevable à contester, après l'expiration du délai de recours contentieux, la décision fixant le pays de destination. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. Aux termes du I de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. ' L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° (). "

6. En premier lieu, l'arrêté mentionne que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté la demande d'asile du requérant, ressortissant d'un pays " dit sûr " et fait état de l'absence d'éléments suffisamment probants des risques auxquels le requérant allègue être exposé dans son pays d'origine. La décision en litige qui comporte ainsi l'énoncé des éléments de fait qui en constituent le fondement, satisfait ainsi aux exigences de motivation résultant des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation, qui manque en fait, doit, par suite, être écarté.

7. En deuxième lieu, lorsqu'il oblige un étranger à quitter le territoire français sur le fondement des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet doit appliquer les principes généraux du droit de l'Union européenne, dont celui du droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle défavorable ne soit prise à son encontre. Ce droit implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger intéressé à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité de son séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité de son séjour ou la perspective de son éloignement. Une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision faisant grief que si la procédure administrative en cause aurait pu, en fonction des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, aboutir à un résultat différent du fait des observations et éléments que l'étranger a été privé de faire valoir. M. D fait état de manière générale de ce qu'il n'a pas pu présenter ses observations orales auprès de l'autorité préfectorale avant la prise des décisions contestées.

8. Toutefois, il ne ressort, d'une part, d'aucune des pièces du dossier que, durant l'instruction de sa demande d'asile, le requérant aurait tenté de prendre l'attache des services préfectoraux compétents pour faire valoir tout élément qu'il aurait estimé pertinent pour solliciter notamment la reconnaissance d'un droit au séjour qui ferait obstacle à l'édiction d'une mesure d'éloignement. D'autre part, M. D ne fait pas état d'éléments pertinents et nouveaux, susceptibles d'aboutir à un résultat différent. Au surplus, le requérant ne pouvait légitimement ignorer, eu égard à la décision de refus d'asile précédemment opposée à son endroit, qu'il encourrait une mesure d'éloignement prononcée par l'autorité préfectorale. Au demeurant, si le requérant indique ne pas avoir eu le temps d'engager des démarches de régularisation, il ressort des pièces du dossier qu'il a reçu une information sur ce point et n'a toutefois pas entrepris de démarche suite à la décision de l'OFPRA du 3 février 2022. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

9. En troisième lieu, le requérant se prévaut d'une méconnaissance du principe de loyauté, dès lors que l'arrêté en litige lui a été notifié lors d'un rendez-vous en préfecture pour le renouvellement de son attestation de demandeur d'asile. Toutefois, les modalités de notification de la décision en litige n'ont pas d'incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen doit être écarté.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision.- Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes de l'article L.542-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes :a) une décision d'irrecevabilité prise en application des 1° ou 2° de l'article L. 531-32; b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32, en dehors du cas prévu au b du 2° du présent article ; c) une décision de rejet ou d'irrecevabilité dans les conditions prévues à l'article L. 753-5 ; d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 () ".

11. Si le requérant fait valoir que son droit au séjour n'avait pas pris fin avec la décision de l'OFPRA, il ressort des pièces du dossier que le requérant provient d'un pays dit " sûr ", et a été débouté d'une admission à l'asile au terme d'une procédure accélérée. Il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment de l'extrait de la décision de l'OFPRA que celle-ci aurait été prise pour un autre motif que la sûreté du pays d'origine. Dès lors, le requérant pouvait légalement être éloigné par l'autorité préfectorale, en application des dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers doit être écarté.

12. Si M. D doit être regardé comme se prévalant d'une méconnaissance des dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le moyen tiré de ce que la mesure d'éloignement en litige méconnaîtrait ces dispositions est inopérant à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français qui, par elle-même, n'implique pas le retour de M. D dans son pays d'origine. Il en va de même du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation en cas de retour dans son pays d'origine.

13. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qui l'oblige à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

14. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

15. M. D fait état de craintes en cas de retour dans son pays d'origine en raison des menaces et violences qu'il allègue avoir subi avant son départ pour la France, en raison de la relation amoureuse qu'il entretenait avec une compatriote d'une autre confession. Toutefois, tant le récit joint à la demande d'asile, que les termes du recours devant la Cour nationale du droit d'asile et que les propos à l'audience du requérant ne permettent d'établir la réalité des risques auquel le requérant serait exposé en cas de retour dans son pays d'origine, pas plus que l'impossibilité pour lui d'obtenir une protection de la part des autorités judiciaires que le requérant allègue tout en indiquant ne pas avoir sollicité la police suite aux menaces reçues. Dès lors, le moyen doit être écarté.

16. M. D se prévaut d'un défaut d'examen particulier de sa situation, dans la mesure où le préfet de l'Isère n'a pas analysé précisément sa situation en cas de retour dans son pays d'origine. Toutefois, il ressort de la décision en litige que le préfet, après avoir relevé que la demande d'asile du requérant avait été rejetée par l'OFPRA, a fait état de l'absence d'éléments permettant de démontrer l'existence d'un risque personnel et réel en cas de retour de M. D dans son pays d'origine. Dans ces conditions, il ne ressort pas de la décision en litige que le préfet n'aurait pas procédé à un examen de la situation du requérant. Par suite, le moyen doit être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 19 mai 2022 qui fixe le pays à destination duquel il pourra être reconduit.

Sur les conclusions aux fins de suspension de l'obligation de quitter le territoire français :

18. En premier lieu, aux termes des dispositions combinées de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables à l'espèce : " l'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ", et celles de l'article L. 752-11 de ce code : " le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ".

19. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'étranger, faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui forme un recours contentieux contre celle-ci peut, en application de l'article L. 752-5 précité, saisir le tribunal administratif de conclusions aux fins de suspension de cette mesure d'éloignement. Il est fait droit à la demande de suspension de la mesure d'éloignement si le juge a un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de rejet ou d'irrecevabilité opposée par l'OFPRA à la demande de protection, au regard des risques de persécutions allégués ou des autres motifs retenus par l'OFPRA. Les moyens tirés des vices propres entachant la décision de l'OFPRA ne peuvent utilement être invoqués à l'appui des conclusions aux fins de suspension de la mesure d'éloignement, à l'exception de ceux ayant trait à l'absence, par l'OFPRA, d'examen individuel de la demande ou d'entretien personnel en dehors des cas prévus par la loi ou de défaut d'interprétariat imputable à l'OFPRA.

20. A cet égard, tout d'abord, M. D se prévaut de ce que la Cour nationale du droit d'asile a renvoyé l'audiencement de son appel devant une formation collégiale. Toutefois, cette circonstance ne saurait à elle seule, signifier qu'il existe un doute sérieux sur la régularité de la décision de refus d'asile prise par l'OFPRA. D'ailleurs, M. D, qui se prévaut de menaces qu'il encourrait en raison de la relation qu'il entretenait avec une compatriote d'une autre confession, n'apporte devant le tribunal aucun élément nouveau de nature à établir qu'il existerait un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de refus d'asile opposée par l'OFPRA, au regard des risques de persécutions allégués ou des autres motifs retenus par l'OFPRA. A cet égard, ses déclarations devant l'OFPRA sont apparues peu convaincantes, voire non probantes quant à la réalité des menaces exposées par l'intéressé devant . Dès lors, en l'état de l'instruction, M. D n'est pas fondé à demander au juge administratif l'application des dispositions citées au point 18.

21. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

22. Compte tenu de ses motifs, le présent n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. D est rejetée.

Article : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de l'Isère.

Lu en audience publique le 11 juillet 2022.

La magistrate déléguée,

A.-S. A,

première conseillèreLa greffière,

C. DRIGUZZI

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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