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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2205217

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2205217

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2205217
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantAL-DOURI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2022, Mme C D, représentée par Me Al Douri, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2021 par lequel le maire de Saint-Genis-Laval a délivré à M. et Mme H un permis de construire en vue de la réalisation d'une maison individuelle sur un terrain situé 101 avenue du Maréchal Foch, ainsi que la décision du 10 mai 2022 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Genis-Laval la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle dispose d'un intérêt à agir ;

- le projet méconnaît les articles 5.1.1.2.1 et 5.1.1.2.2 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon dès lors que la voie d'accès au terrain comporte une pente d'au moins 18 % sur 22 mètres qui n'est pas sécurisée et qui ne permet pas le passage des véhicules de lutte contre l'incendie et de secours ;

- il méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2022, la commune de Saint-Genis-Laval, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comporte l'énoncé d'aucun moyen intelligible ;

- les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 20 décembre 2021 se heurtent à l'autorité de la chose jugée qui s'attache à l'ordonnance n° 2103645 du 17 septembre 2021 du tribunal administratif de Lyon ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à M. E et Mme A H qui n'ont pas produit de mémoire en défense.

La requête a été communiquée à Mme G B qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une lettre du 13 septembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 15 novembre 2023 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 10 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme F,

- et les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme H ont déposé en mairie de Saint-Genis-Laval le 31 août 2021 une demande de permis de construire en vue de la réalisation d'une maison individuelle sur un terrain situé 101 avenue du Maréchal Foch. Par un arrêté du 20 décembre 2021, le maire de Saint-Genis-Laval leur a délivré l'autorisation ainsi sollicitée. Ce permis de construire a ensuite été transféré le 6 décembre 2022 à Mme B. Mme D demande au tribunal l'annulation du permis de construire délivré le 20 décembre 2021 ainsi que de la décision du 10 mai 2022 rejetant son recours gracieux.

Sur l'exception de chose jugée opposée par la commune de Saint-Genis-Laval :

2. Aux termes de l'article 1355 du code civil : " L'autorité de la chose jugée n'a lieu qu'à l'égard de ce qui a fait l'objet du jugement. Il faut que la chose demandée soit la même ; que la demande soit fondée sur la même cause ; que la demande soit entre les mêmes parties, et formée par elles et contre elles en la même qualité ".

3. Il ressort des termes de l'ordonnance n° 2103645 du 17 septembre 2021 du tribunal administratif de Lyon que Mme D a sollicité, dans l'instance ayant donné lieu à cette ordonnance, l'annulation des arrêtés des 19 août 2019 et 13 novembre 2020 accordant des permis de construire. Dans la présente instance, la requérante demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 20 décembre 2021 délivrant un permis de construire distinct de ceux ainsi précédemment contestés. Par suite, en l'absence d'identité d'objet entre les instances introduites devant le tribunal administratif de Lyon, l'exception d'autorité de la chose jugée opposée par la commune de Saint-Genis-Laval doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 5.1.1.2.1 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'urbanisme (PLU-H) de la métropole de Lyon : " a. Règles applicables à l'ensemble des voies de desserte / Les voies de desserte des terrains : / - présentent des caractéristiques répondant à la nature et à l'importance du projet situé sur le terrain à desservir ; / - permettent la mise en œuvre de la défense incendie des constructions desservies. / b. Règles applicables aux voies nouvelles / Règle générale / Les voies de desserte nouvelles sont adaptées à la topographie et à la configuration du terrain, en cohérence avec le fonctionnement de la trame viaire environnante et en évitant la création d'impasse. / En outre, elles sont dimensionnées en tenant compte des caractéristiques de l'opération desservie et notamment des flux automobiles, cyclistes et piétons ainsi que des besoins en stationnement. () ". D'autre part, aux termes de l'article 5.1.1.2.2 des dispositions communes de ce même règlement : " b. Caractéristiques des accès / Une opération comporte un nombre d'accès sur les voies publiques limité au strict nécessaire. / Les accès : / - sont conçus en tenant compte de la topographie et de la configuration des lieux dans lesquels s'insère l'opération, en cherchant d'une part à réduire leur impact sur la fluidité de la circulation des voies de desserte, d'autre part la mutualisation des accès ; / - présentent des caractéristiques répondant à la nature et à l'importance du projet ; / - prennent en compte la nature des voies sur lesquelles ils sont susceptibles d'être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse sur voie, intensité du trafic) ; / - permettent d'assurer la sécurité des usagers des voies de desserte et de ceux utilisant ces accès. / Cette sécurité est appréciée compte tenu : / - de la position des accès et de leur configuration ; / - de la nature des voies de desserte, du type de trafic et de son intensité. / Lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, l'accès est aménagé sur la voie présentant le moindre risque ou gêne pour la circulation. / Hormis pour l'accès aux terrains supportant une construction existante à la date d'approbation du PLU-H, les 5 premiers mètres de la portion de desserte interne à partir de l'accès présentent une pente maximale de 5 %. ".

5. D'une part, la requérante ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article 5.1.1.2.1 précité, applicable aux voies de desserte et aux voies nouvelles, pour contester la portion de desserte interne du terrain, alors qu'il n'est ni établi, ni même allégué, que l'avenue du Maréchal Foch, laquelle dessert le terrain d'assiette du projet par un accès existant indivis, ne permettrait pas la mise en œuvre de la défense incendie de la construction ainsi desservie. D'autre part, le terrain, dont la pente naturelle est d'environ 34 %, comporte un accès, lequel présente une pente de 18 % sur 22 mètres, dont il n'est pas établi, ni même allégué, que les cinq premiers mètres présenteraient une pente supérieure à 5 %. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la précédente " rampe d'accès ", créée lors de la délivrance des permis de construire des 19 août 2019 et 13 novembre 2020 sur le terrain litigieux, présente un caractère accidentogène particulier. Enfin, Mme D n'établit pas que le projet porte atteinte à la sécurité de sa propriété et de ses habitants, ni qu'il compromet la sécurité des usagers de la voie de desserte, alors qu'au demeurant, la métropole de Lyon, consultée dans le cadre de l'instruction du dossier, a émis un avis favorable au projet le 29 septembre 2021. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 5.1.1.2.1 et 5.1.1.2.2 du règlement du PLU-H doit être écarté.

6. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".

7. Si la requérante fait valoir que le projet méconnaît l'article R. 111-27 précité " d'un point de vue esthétique ", ce moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.

8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 20 décembre 2021 et de la décision du 10 mai 2022 de rejet du recours gracieux doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. Les conclusions présentées par la requérante, partie perdante, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à la commune de Saint-Genis-Laval, à M. E et Mme A H ainsi qu'à Mme G B.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Jean-Pascal Chenevey, président,

Mme Marine Flechet, première conseillère,

Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.

La rapporteure,

F.-M. FLe président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

A. Baviera

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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