mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205253 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CJA PUBLIC CHAVENT-MOUSEGHIAN-CAVROIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juillet 2022 et 13 janvier 2023, Mme C B et M. A B, représentés par Me Paquet-Cauet, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 mai 2022 par laquelle le vice-président de la métropole Saint-Etienne Métropole a rejeté leur demande d'abrogation de la délibération du conseil métropolitain de Saint-Etienne Métropole du 27 juin 2019 approuvant le plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Galmier en tant que ce plan opère le classement des parcelles cadastrées section BD nos 136 et 164 en zone UE de son règlement ;
2°) d'enjoindre au président de Saint-Etienne Métropole d'inscrire l'abrogation des dispositions en cause du plan local d'urbanisme de la commune à l'ordre du jour du conseil métropolitain dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai ;
3°) de mettre à la charge de Saint-Etienne Métropole une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le classement en zone UE du règlement du plan local d'urbanisme des parcelles en litige est incohérent avec le parti pris d'urbanisme des auteurs de ce plan, tel que ressortant du projet d'aménagement et de développement durables et du rapport de présentation ; aucun objectif n'est précisé s'agissant du développement des équipements publics et privés en matière d'enseignement, de soins ou d'activités sportives ; la commune y est décrite comme suffisamment équipée à cet égard et les objectifs de croissance démographique sont limités ; ces éléments sont confirmés par les mentions du rapport de présentation ; aucune servitude d'urbanisme afférente à une telle vocation ne grève les terrains en cause ;
- les parcelles en cause, comme celles de l'ensemble du secteur, ont une vocation d'habitation historique dont aucun élément ne montre un souhait d'évolution ; le maintien d'un classement en zone UCa était parfaitement compatible avec l'intégrité de la zone UE voisine ; le classement litigieux est ainsi entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'illégalité du classement étant établie, le président de Saint-Etienne Métropole était en situation de compétence liée pour donner suite à la demande d'abrogation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 21 décembre 2022 et 19 juillet 2023, la métropole Saint-Etienne Métropole, représentée par Me Cavrois, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller,
- les conclusions de M. Borges Pinto, rapporteur public,
- les observations de Me Gidon, suppléant Me Paquet-Cauet, pour M. et Mme B, et celles de Me Guérin, suppléant Me Cavrois, pour la métropole Saint-Etienne Métropole.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 27 juin 2019, le conseil métropolitain de la métropole Saint-Etienne Métropole a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Galmier. Mme C B et M. A B demandent au tribunal l'annulation de cette délibération en tant que ce plan opère le classement des parcelles cadastrées section BD nos 136 et 164 en zone UE de son règlement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ". L'article L. 151-9 du même code dispose : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Selon les dispositions applicables à la zone UE du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Galmier : " Il s'agit d'une zone urbaine d'équipements publics et privés notamment en matière d'enseignement, de soins, d'activités sportives et culturelles ".
3. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles cadastrées section BD nos 136 et 164 de M. et Mme B sont situées dans une zone urbanisée de la commune de Saint-Galmier, une zone d'activité économique étant située au nord de ce tènement, des terrains de sports et un collège bordant la partie est, un établissement d'enseignement étant situé, par-delà une voie publique, au sud de ces parcelles et la limite ouest de ces parcelles étant constituée d'une voie publique séparant ces terrains d'une vaste zone agricole. Le projet d'aménagement et de programmation durables du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Galmier prévoit, outre une logique de concentration du développement urbain au niveau du centre-ville de la commune, une maîtrise de la croissance démographique à un taux annuel de 0,46 % en vue d'assurer la consolidation de sa position de " centralité locale " et pour qu'une telle croissance puisse être absorbée par les équipements publics existants. A cet égard, le rapport de présentation de ce plan local d'urbanisme précise que le secteur d'implantation des parcelles de M. et Mme B est destiné au développement des équipements publics sur une surface de 1,5 ha permettant de répondre aux besoins d'équipements sportifs de la commune. Contrairement à ce qui est soutenu par les requérants, il ne saurait se déduire de l'ensemble de ces mentions qu'aucun développement des équipements publics n'a été envisagé par les auteurs du plan local d'urbanisme, lesquels ont identifié un secteur clairement défini dévolu à une telle vocation, situé à proximité du centre-ville et au sein duquel les parcelles des requérants sont situées. Un tel parti d'aménagement ne saurait être regardé comme incohérent avec les dispositions du projet d'aménagement et de développement durables précédemment mentionnées, non plus qu'avec l'absence d'orientation d'aménagement et de programmation ou d'emplacements réservés grevant les terrains en cause. De même, la localisation de ces parcelles, isolées des secteurs d'habitation par des équipements publics et une zone d'activité économique, ne permet de faire regarder le classement en zone UCa antérieur comme cohérent avec l'objectif de concentration de l'urbanisation sur le centre-ville de la commune. A cet égard, la seule circonstance que ces parcelles ont été classées antérieurement en zone UCa et qu'elles sont voisines d'un nombre limité de maisons d'habitation ne saurait, compte tenu du parti pris d'urbanisme cohérent déterminé ci-avant, faire regarder leur classement en zone UE comme entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration est tenue d'abroger expressément un acte réglementaire illégal ou dépourvu d'objet, que cette situation existe depuis son édiction ou qu'elle résulte de circonstances de droit ou de fait postérieures, sauf à ce que l'illégalité ait cessé ".
5. Ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement, le classement en zone UE des parcelles de M. et Mme B ne peut être regardé comme incohérent avec le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Galmier ni entaché d'erreur manifeste d'appréciation. Dans ces conditions, faute d'illégalité établie des dispositions en cause de ce plan, les requérant ne sauraient utilement invoquer les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte les assortissant.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la métropole Saint-Etienne Métropole, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamnée à verser la somme que demande les requérants sur leur fondement. Il n'y a pas lieu lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner ceux-ci à verser une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2205253 est rejetée
Article 2 : Les conclusions présentées par la métropole Saint-Etienne Métropole au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C et M. A B et à la métropole Saint-Etienne Métropole.
Copie sera adressée à la commune de Saint-Galmier.
Délibéré après l'audience du 8 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
Le rapporteur,
M. Gilbertas
Le président,
H. Drouet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026