vendredi 23 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205278 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | MESSAOUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement les 11 juillet et 29 août 2022, sous le n° 2205278, M. A C, ayant pour avocat Me Messaoud, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 30 juin 2022 par lequel le préfet du Rhône l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixe le pays de destination d'une reconduite d'office, lui interdit tout retour pendant 24 mois ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant le réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour ce conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
M. C soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- il est également entaché d'un vice de procédure, le préfet n'ayant pas procédé à un examen complet de sa situation ;
- la mesure d'éloignement est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur manifeste d'appréciation, et a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant son pays de destination, illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement, méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision lui interdisant tout retour pendant 24 mois, illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement, est entachée d'une erreur de fait, est disproportionnée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Le préfet du Rhône a produit des pièces enregistrées le 6 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative et la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant éloignement des étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience tenue le 9 septembre 2022. Le magistrat désigné y a présenté son rapport et a entendu :
- Me Messaoud, avocate de M. C, qui reprend les conclusions et moyens de la requête ;
- M. C, requérant : il indique avoir suivi une 1ère année de CAP mécanique et s'occuper de son père handicapé.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, né en 1999, de nationalité albanaise, entré en France en mars 2014, a fait l'objet d'une première mesure d'éloignement prise le 12 février 2018 par le préfet de l'Ain. Sa demande d'asile déposée ultérieurement a été rejetée le 12 juillet 2018 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) puis le 18 janvier 2019 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Une décision portant refus de séjour, assortie d'une nouvelle mesure d'éloignement, lui a été opposée le 22 janvier 2020 par le préfet du Rhône. M. C n'ayant pas poursuivi ses démarches, l'OFPRA a, le 28 janvier 2021, pris une décision de clôture de sa demande de réexamen de sa demande d'asile. Le 30 juin 2022, le préfet du Rhône, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'oblige encore à quitter le territoire français, lui impartit un délai de 30 jours pour y déférer, fixe son pays de destination d'une reconduite d'office, lui interdit tout retour pendant une période de 24 mois. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler ces décisions du 30 juin 2022.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, il y a lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Si, dans l'arrêté en litige, le préfet du Rhône a indiqué que la mère du requérant résidait régulièrement en France et que le frère du requérant, Sebastjan, né en 1998, avait fait l'objet d'une mesure d'éloignement en date du 22 janvier 2020, il n'a pas fait mention de l'autre frère du requérant, Alban, né en 2002, entré en France également en mars 2014 où il réside sous couvert d'une carte de séjour pluriannuelle expirant au 29 novembre 2025, ni, surtout, du père du requérant, M. D C, auquel le préfet avait pourtant délivré un récépissé constatant la reconnaissance d'une protection internationale. La CNDA a en effet, le 16 février 2022, accordé le bénéfice de la protection subsidiaire à ce ressortissant albanais qui, selon elle, établissait être exposé, en raison d'une vendetta dirigée à son encontre, à des atteintes graves, au sens des 1° et 2° de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas de retour dans son pays d'origine et ne pas pouvoir bénéficier de la protection effective des autorités albanaises. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que le préfet du Rhône n'a pas, avant de l'obliger à quitter le territoire français, à destination de l'Albanie, et de lui interdire tout retour avant l'écoulement d'une période de deux années, procédé à un examen complet de sa situation. Il en résulte, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du préfet du Rhône du 30 juin 2022 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".
5. Le présent jugement, qui annule notamment la mesure d'éloignement prise le 30 juin 2022 à l'encontre de M. C, implique nécessairement la délivrance au requérant d'une autorisation provisoire de séjour, couvrant la durée de l'examen de sa situation par le préfet du Rhône. Il y a ainsi lieu d'enjoindre à cette autorité d'y procéder, en application des dispositions susvisées.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat, qui succombe dans la présente instance, la somme de 800 euros au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens, à verser à Me Messaoud, à condition que cette dernière renonce à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
DECIDE :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du préfet du Rhône du 30 juin 2022 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Rhône de procéder au réexamen de la situation de M. A C.
Article 4 : L'Etat versera à Me Messaoud une somme de 800 euros, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Rhône.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et à Me Messaoud.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
B. B
La greffière,
C. Réveillé
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026