mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205298 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DUFFAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 juillet 2022 et 27 juillet 2023, Mme C B et Mme D A, représentées par Me Duffaud, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 janvier 2022 par laquelle le maire de la commune de Villieu-Loyes-Mollon a exercé le droit de préemption urbain sur trois parcelles, cadastrées section B nos 70 à 72, ainsi que le rejet du recours gracieux du 23 mars 2022 formé contre cette décision ;
2°) d'annuler la décision du 12 mai 2022 par laquelle la même autorité a prescrit la consignation d'une somme de 1 000 euros auprès de la caisse des dépôts et consignations ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villieu-Loyes-Mollon une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
Sur la décision du 12 mai 2022 :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à sa volonté de signer l'acte de vente ; la commune ne lui a jamais demandé directement de signer l'acte et la sommation ne lui a jamais été notifiée ;
- cette décision est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision du 27 janvier 2022 portant exercice du droit de préemption ; cette dernière décision est tardive pour l'application de l'article L. 213-2 du code de l'urbanisme ; aucun projet réel n'est caractérisé par la décision de préemption ; les décisions des 27 janvier et 12 mai 2022 forment ensemble une opération complexe ;
Sur la décision du 27 janvier 2022 :
- cette décision est illégale pour les motifs relevés au soutien du moyen tiré de l'exception d'illégalité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2022, la commune de Villieu-Loyes-Mollon, représentée par Me Bourillon, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation de la décision du 12 mai 2022 sont irrecevables car tardives en l'absence de tout recours gracieux ;
- les conclusions à fin d'annulation de la décision du 12 mai 2022 sont également irrecevables, faute pour les requérantes de justifier d'un intérêt à agir à son encontre ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 31 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 août 2023.
Un mémoire a été enregistré pour la commune de Villieu-Loyes-Mollon le 15 septembre 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Par une lettre du 26 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur les conclusions dirigées contre la décision du 12 mai 2022, laquelle concerne des modalités de paiement trouvant leur cause dans des obligations de droit privé.
Des observations à ce courrier ont été enregistrées pour les requérantes le 1er juillet 2024 et ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller,
- les conclusions de M. Borges Pinto, rapporteur public,
- les observations de Me Tardieu, suppléant Me Duffaud, pour les requérantes, et celles de Me Manzoni, suppléant Me Bourillon, pour la commune de Villieu-Loyes-Mollon.
Considérant ce qui suit :
1. Une déclaration d'intention d'aliéner les parcelles cadastrées section B nos 70 à 72, au prix de mille euros, a été reçue, le 30 novembre 2021, en mairie de Villieu-Loyes-Mollon. Par une décision du 27 janvier 2022, le maire de cette commune a décidé l'exercice du droit de préemption urbain sur ces biens. En l'absence de régularisation de l'acte authentique de vente, la même autorité, par une décision du 12 mai 2022, a prescrit la consignation de la somme correspondant au prix de vente auprès de la caisse des dépôt et consignations. Mme C B et Mme D A, respectivement vendeuse et acquéreuse évincée, demandent au tribunal l'annulation des décisions précitées des 27 janvier et 12 mai 2022, ainsi que de la décision implicite rejetant le recours gracieux introduit à l'encontre de la décision du 27 janvier 2022.
Sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 27 janvier 2022 :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des accusés de réception produits, que la décision en litige a été notifiée à l'étude du notaire chargé de la vente le 31 janvier 2022. Cette décision comportait les voies et délais de recours. Par un courrier du 4 mars 2022, notifié le 8 mars suivant, le notaire chargé de la vente a indiqué à l'autorité administrative qu'il ne pouvait donner suite à la vente en cause, estimant la notification de la décision de préemption tardive et cette vente dépourvue de caractère parfait. Un tel courrier, qui ne demande pas le retrait de la décision de préemption en cause, ne saurait être regardé comme un recours gracieux interrompant le délai de recours contentieux. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 27 janvier 2022, présentées par Mmes B et Mme A dans une requête enregistrée au greffe du tribunal le 12 juillet 2022, soit après expiration du délai de recours de deux mois suivant la notification de la décision en litige, sont tardives et doivent pour ce motif être rejetées.
Sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 12 mai 2022 :
4. Aux termes de l'article L. 213-14 du code de l'urbanisme : " En cas d'acquisition d'un bien par voie de préemption ou dans les conditions définies à l'article L. 211-5, le transfert de propriété intervient à la plus tardive des dates auxquelles seront intervenus le paiement et l'acte authentique. / Le prix d'acquisition est payé ou, en cas d'obstacle au paiement, consigné dans les quatre mois qui suivent soit la décision d'acquérir le bien au prix indiqué par le vendeur ou accepté par lui, soit la décision définitive de la juridiction compétente en matière d'expropriation, soit la date de l'acte ou du jugement d'adjudication. / En cas de non-respect du délai prévu au deuxième alinéa du présent article, le vendeur peut aliéner librement son bien ".
5. Il résulte des dispositions précitées qu'une décision de consignation, intervenue après que la vente parfaite du bien en cause, est seulement relative aux conditions du paiement du prix du bien vendu. Les litiges nés des conditions d'un paiement qui trouve sa cause dans des obligations qui sont de droit privé ne ressortissent pas à la compétence du juge administratif et les conclusions présentées par les requérantes à cet égard doivent ainsi être rejetées comme présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les frais du litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Villieu-Loyes-Mollon, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamnée à verser la somme que demandent les requérantes sur leur fondement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par cette commune au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête n° 2205298 à fin d'annulation de la décision du 12 mai 2022 sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus de conclusions de la requête n° 2205298 est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Villieu-Loyes-Mollon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, représentante unique des requérantes, et à la commune de Villieu-Loyes-Mollon.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
Le rapporteur,
M. Gilbertas
Le président,
H. Drouet
La greffière,
A. Farlot
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026