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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2205343

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2205343

lundi 18 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2205343
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantDEBBACHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 13 et 17 juillet 2022 sous le n°2205343, M. D A, représenté par Me Petit, demande, dans le dernier état de ses écritures, au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 12 juillet 2022 par lequel le préfet de la Haute-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office, et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Loire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail dans l'attente du réexamen de sa situation ;

4°) d'enjoindre à cette même autorité de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information " Schengen " ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat ;

M. A soutient dans le dernier état de ses écritures que :

- l'arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente ;

- il est entaché d'illégalité dès lors qu'il se fonde sur une décision de refus de séjour du 13 juin 2022 elle-même entachée d'illégalité ; en effet, le refus de séjour n'a pas été précédé d'une consultation de la commission du titre de séjour, souffre d'un défaut d'examen particulier et méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en fait et en droit, dès lors qu'il ne mentionne notamment pas le jugement du tribunal administratif de Lyon rendu le 12 juillet 2022 ;

- il a fait l'objet d'une notification irrégulière à l'intéressé car il est impossible d'identifier l'agent notificateur de l'arrêté en litige ;

- le préfet de la Haute-Loire n'a pas examiné de manière complète et attentive la situation qui lui était soumise ;

- la mesure d'éloignement a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- cette mesure d'éloignement est également privée de base légale dès lors que l'intéressé a déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 13 juin 2022, qui perdure dans l'ordonnancement juridique ;

- elle est en outre entachée d'erreur de droit pour ce même motif ;

- elle est entachée d'un détournement de procédure ;

- elle a été édictée par le préfet sans que l'intéressé ne puisse être entendu et fait valoir ses observations ;

- la décision le privant de délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;

- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- cette décision est également entachée d'erreur de droit dès lors que, par un jugement n°2205219 du 12 juillet 2022, le tribunal administratif de Lyon a annulé la décision de retrait du délai de départ volontaire dont il bénéficiait, comme entachée d'illégalité ;

- l'étranger n'a pas tenté de se soustraire à une précédente mesure d'éloignement, de sorte qu'il n'existe pas d'élément sérieux confortant l'absence de garanties de représentation suffisante, de nature à le priver d'un tel délai de départ volontaire ;

- c'est à tort que le préfet de la Haute-Loire a estimé, pour lui dénier un délai de départ volontaire, que son comportement constituait une menace à l'ordre public ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- l'autorité administrative a méconnu les dispositions des articles L. 612-6 à L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2022 à 19 heures et 19 minutes, le préfet de la Haute-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les pièces complémentaires enregistrées le 18 juillet 2022, présentées par Me Petit, pour M. A.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, ensemble le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Vu le jugement n°2205219 du tribunal administratif de Lyon, en date du 12 juillet 2022.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique le rapport de M. Habchi, magistrat désigné et :

- les observations de Me Petit, pour M. A, également présent à l'audience. Le conseil du requérant rappelle la situation sociale et professionnelle de l'intéressé, insiste sur l'erreur de droit et le défaut de base légale dont est entachée la décision d'éloignement. Il rappelle, en outre, que le détournement de procédure est avéré, le préfet de la Haute-Loire ayant repris une décision de privation de délai de départ volontaire, malgré le jugement du tribunal administratif de Lyon, intervenu quelques heures avant la prise de l'arrêté en litige. Il insiste également sur le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne susvisée. Enfin, il relève que le comportement de l'intéressé ne constitue pas une menace à l'ordre public ;

- les observations de Me Tomasi, pour le préfet de la Haute-Loire qui rappelle le parcours de l'intéressé et relève tout d'abord que l'exception d'illégalité du refus de séjour est irrecevable. Puis, il insiste sur le profil et le comportement défavorable de l'étranger, dont les avis des structures d'accueil sont mitigés. Il rappelle enfin que l'interdiction de retour sur le territoire français ne souffre d'aucune erreur de base légale.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1.M. A né le 18 décembre 2002 et de nationalité guinéenne, est entré en France le 10 décembre 2017 alors qu'il était âgé de 14 ans et demi, démuni de tout visa ou document de séjour. L'intéressé a été pris en charge par le service départemental de l'aide sociale à l'enfance de la Haute-Loire, en qualité de mineur non accompagné, jusqu'en 2020, période au cours de laquelle son contrat jeune majeur a pris fin. En 2021, M. A a été muni d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 11 juin 2021 au 10 juin 2022. Le 21 avril 2022, l'étranger a sollicité le renouvellement de son titre de séjour auprès de l'autorité préfectorale, mais après instruction de sa demande, le préfet de la Haute-Loire a par un arrêté du 13 juin 2022, notifié le 17 juin suivant, rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et lui a en outre opposé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 12 mois. Puis, après avoir été destinataire " d'une note blanche " par les services de sécurité intérieure, le préfet de la Haute-Loire a estimé que le comportement de M. A constituait une menace à l'ordre public, de sorte qu'en application de l'article L. 612-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par un arrêté du 5 juillet 2022, notifié le 7 juillet suivant, l'autorité administrative a mis fin à la décision du 13 juin 2022 accordant un délai de départ volontaire, et a procédé à son retrait. Par un arrêté du 8 juillet 2022, M. A a été placé au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry, mesure dont la légalité a été confirmée par le juge judiciaire des libertés et de la détention ultérieurement. Toutefois, par un jugement n°2205219 du 12 juillet 2022 notifié le même jour au préfet de la Haute-Loire comme à M. A, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Lyon, saisi par l'étranger de conclusions dirigées contre l'arrêté du 13 juin 2022 susvisé et contre celui du 5 juillet suivant, procédant au retrait du délai de départ volontaire de trente jours, a annulé la décision du préfet de la Haute-Loire privant M. A de délai de départ volontaire, après avoir jugé que, d'une part, M. A avait accompli toute diligence nécessaire à l'obligation de présentation à laquelle il était alors astreint, d'autre part, qu'il ne saurait être regardé, en l'espèce, comme constituant une menace à l'ordre public, et a en outre, rejeté le surplus des conclusions de la requête du ressortissant guinéen. A la suite de ce jugement, l'intéressé a été toutefois maintenu en rétention administrative. En dernier lieu, par un ultime arrêté du 12 juillet 2022, le préfet de la Haute-Loire a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, assortie d'une décision fixant le pays à destination duquel il sera reconduit d'office, et lui a opposé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois. Par sa requête, M. A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler ce dernier arrêté pris par l'autorité administrative, le concernant.

Sur les conclusions présentées au titre de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Compte tenu de l'urgence qui s'attache à la situation personnelle et administrative de M. A, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

Sans qu'il soit besoin d'examiner tous les autres moyens de la requête, articulés par M. A :

3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier ainsi que de la chronologie des faits de l'espèce, que l'arrêté en litige du 12 juillet 2022 obligeant M. A à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a été notifié à l'intéressé le 12 juillet 2022 à 19 heures et 30 minutes. A cette date, le préfet de la Haute-Loire, qui avait pourtant reçu notification du jugement n°2205219 du 12 juillet 2022 à 15 heures et 50 minutes, ne pouvait légitimement ignorer la circonstance que le tribunal administratif de Lyon avait annulé sa décision de retrait du délai de départ volontaire dont l'étranger bénéficiait jusqu'à alors. A cet égard, il est constant que cet arrêté du 12 juillet 2022 ne vise pas davantage le jugement dont il s'agit. Dans ces conditions, et alors même que le visa de ce jugement dans l'arrêté attaqué revêt un caractère facultatif, en omettant de prendre en compte la portée du jugement d'annulation partielle du 12 juillet 2022, le préfet n'a pas procédé à un examen attentif et complet de la situation de l'étranger qui lui était soumise. Dès lors, pour ce premier motif, l'arrête en litige doit être annulé.

4. En deuxième lieu, le droit d'être entendu, garanti notamment par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, implique ainsi que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français non prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Ainsi que l'a jugé la cour administrative d'appel de Lyon, une violation des droits de la défense, en particulier du droit d'être entendu, n'entraîne l'annulation de la décision prise au terme de la procédure administrative en cause que si, en l'absence de cette irrégularité, cette procédure pouvait aboutir à un résultat différent.

5. S'il ressort des pièces du dossier que M. A a pu, il est vrai, présenter des observations lorsqu'il a saisi l'autorité préfectorale d'une demande de titre de séjour, qui a donné lieu à une décision de rejet assortie d'une mesure d'éloignement le 13 juin 2022, il est constant que la décision le privant de délai de départ volontaire, édictée le 5 juillet 2022 à son encontre, a été annulée par le juge administratif le 12 juillet suivant. Or, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que M. A, qui a à nouveau fait l'objet d'un arrêté, le 12 juillet 2022, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, ait été en capacité de formuler des observations écrites ou orales devant l'autorité préfectorale, avant sa notification à 19 heures 30 minutes le 12 juillet 2022, notamment sur le motif tiré de la menace à l'ordre public, ou sur celui lié à l'absence de garanties de représentation suffisantes, éléments qui ont pourtant motivé l'édiction de l'arrêté du 12 juillet 2022 présentement contesté. Il ressort des pièces du dossier, notamment du jugement du 12 juillet susvisé, versé aux débats, et de l'attestation du 8 juillet 2022 rédigée par la personne qui héberge l'étranger, que ces éléments auraient pu aboutir à un résultat différent. Dès lors, c'est à tort que le préfet de la Haute-Loire a privé M. A de son droit général d'être entendu, avant que ne soit prise à nouveau la seconde obligation de quitter le territoire français. Par suite, l'arrêté du 12 juillet 2022 doit, pour ce second motif, être annulé.

6. En troisième lieu, M. A soutient que l'arrêté en litige est également entaché d'erreur de droit dès lors que, par un jugement n°2205219 du 12 juillet 2022, le tribunal administratif de Lyon a annulé la décision de retrait du délai de départ volontaire dont il bénéficiait, comme entachée d'illégalité. Il doit être regardé ici, eu égard à ses écritures complémentaires, comme soulevant la méconnaissance de l'autorité de chose jugée. Il ressort en effet des termes mêmes de l'arrêté attaqué que, pour obliger M. A à quitter le territoire sans délai de départ volontaire, le préfet de la Haute-Loire s'est à nouveau fondé sur le motif tiré de la menace à l'ordre public, et ce alors qu'il n'a fait état d'aucune circonstance de droit ou de fait nouvelle. A cet égard, par le jugement susvisé du 12 juillet 2022, le tribunal a estimé que le comportement de l'intéressé ne constituait pas " une menace suffisamment grave, réelle et actuelle à l'ordre public " et a annulé pour ce motif, la décision privant M. A de délai de départ volontaire. Si le préfet de la Haute-Loire fait valoir en défense qu'en tout état de cause, il aurait pu prendre la même décision de privation de délai de départ volontaire en prenant en compte le refus de M. A de communiquer son adresse, il ressort toutefois des pièces du dossier que Mme C, ressortissante française résidant au Puy-en-Velay (Haute-Loire) a attesté le 8 juillet 2022 héberger le ressortissant guinéen dans cette même ville, et si le préfet affirme que ce document, versé aux débats, serait une attestation de complaisance, il ne l'établit guère devant le tribunal. Il s'ensuit que l'arrêté en litige a méconnu l'autorité de la chose jugée, et ce alors même que cet arrêté ne revêt pas un caractère définitif. Pour ce motif, l'arrêté en litige doit être aussi annulé.

7. En quatrième lieu, il résulte des termes du jugement du 12 juillet susvisé, au demeurant non discutés en défense, que le tribunal administratif de Lyon a seulement procédé à l'annulation partielle de l'arrêté du 13 juin 2022 du préfet de la Haute-Loire, en estimant que la décision privant M. A d'un délai de départ volontaire, était entachée d'illégalité interne. Cette annulation a eu pour effet que perdurent dans l'ordonnancement juridique interne la décision portant obligation de quitter le territoire français et celle relative à l'interdiction de retour sur le territoire français, en date du 13 juin 2022. Or, en édictant une seconde fois, le 12 juillet 2022, une nouvelle décision portant obligation de quitter le territoire français, alors qu'il lui était loisible de placer l'intéressé en rétention administrative sur le fondement de son arrêté du 13 juin 2022, le préfet de la Haute-Loire a commis une erreur de droit. Pour ce dernier motif, l'arrêté ne peut qu'être annulé.

8. En cinquième et dernier lieu et au surplus, aux termes de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative en application des articles L. 612-1 ou L. 612-2. Ce délai court à compter de sa notification ". Il ressort des pièces du dossier que M. A a été maintenu en rétention administrative le 12 juillet 2022 malgré l'intervention du jugement annulant la décision le privant de délai de départ volontaire. Ainsi, et comme le soutient le requérant, l'autorité préfectorale a méconnu la portée du jugement du tribunal administratif du 12 juillet 2022 sur ce point.

9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens articulés par M. A à l'appui de ses conclusions, que l'arrêté du 12 juillet 2022 édicté par le préfet de la Haute-Loire doit être annulé dans son ensemble.

Sur l'injonction :

10. Cette annulation, qui concerne tant la mesure d'éloignement, y compris le pays de destination, la décision privant l'intéressé d'un délai de départ volontaire, que celle lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an, implique tout d'abord que le préfet de la Haute-Loire procède à l'effacement du signalement de M. A, aux fins de non- admission dans le système d'information " Schengen ". Elle implique également, ensuite, que soit délivrée une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation, en application des dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette annulation n'implique pas en revanche, contrairement à ce que le requérant soutient, que soit délivré à M. A un document de séjour l'autorisant à travailler.

Sur les frais de procès :

11. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, ainsi qu'il a été exposé au point 2. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. A réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'arrêté du 12 juillet 2022 du préfet de la Haute-Loire obligeant M. A à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et lui opposant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, est annulé.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Loire de procéder au réexamen de la situation de M. A, de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour, et de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non -admission dans le système d'information Schengen, dans le délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête n°2205343 de M. A est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de la Haute-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

H. B

La greffière,

C. Driguzzi

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

N°2205343

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