mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205370 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | BARIOZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juillet 2022, et un mémoire, enregistré le 4 octobre 2022, M. B D, représenté par Me Barioz, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail jusqu'au réexamen de sa situation ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de s'assurer de l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un défaut de signature et d'incompétence ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit en raison d'un défaut d'examen particulier ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision de refus de délai de départ volontaire méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination devra être annulée par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une absence d'examen particulier de sa situation et d'erreur de droit, la préfète s'étant crue en situation de compétence liée par rapport aux décisions antérieures ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et au demeurant il ne dispose d'aucune nationalité ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français devra être annulée par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2022, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
La présidente du tribunal a désigné Mme Reniez, conseillère, pour statuer en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative ;
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle la préfète de l'Ain n'était ni présente ni représentée.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Reniez, magistrate désignée ;
- les observations de Me Barioz, avocat, représentant M. D, qui reprend des autres moyens de la requête ;
- les observations de M. D.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant arménien selon l'arrêté attaqué, conteste l'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente mois.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. D, dont la demande d'aide juridictionnelle est en cours d'instruction, au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 précédemment visée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
3. Les décisions attaquées en date du 12 juillet 2022 ont été signées par M. C A, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux à la préfecture de l'Ain, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté de la préfète de l'Ain du 31 janvier 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le lendemain, d'une délégation pour signer de tels actes. Le moyen tiré de l'absence de signature et de l'incompétence du signataire des décisions contestées manque ainsi en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Ain, qui n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation familiale et personnelle de l'intéressé, n'aurait pas procédé à l'examen de sa situation particulière avant d'édicter la mesure en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit en l'absence d'examen particulier doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Il est constant que M. D qui déclare être entré sur le territoire français en 2009, s'y est maintenu en dépit de quatre mesures d'éloignement les 9 février 2011, 27 février 2014, 29 septembre 2015 et 11 juin 2021. Si le requérant soutient que sa mère est présente sur le territoire français en situation régulière, il ne l'établit pas. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier et des propos tenus lors de l'audience que son père est décédé en France. M. D, célibataire et sans charge de famille, ne se prévaut d'aucune autre attache familiale sur le territoire français et ne conteste pas avoir vécu l'essentiel de son existence dans son pays d'origine où il n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches familiales. Si le requérant s'investit dans des activités bénévoles et justifie ainsi de ses efforts d'intégration sur le territoire français, il n'établit pas y avoir noué des attaches anciennes, intenses et stables. Par ailleurs, s'il fait valoir qu'il est handicapé et que son état de santé est préoccupant, il ne ressort pas des pièces du dossier ni même est allégué que son état nécessiterait des soins qui ne pourraient se poursuivre dans son pays d'origine. Par suite, et eu égard notamment aux conditions de son séjour en France, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiales au regard des buts poursuivis. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté.
7. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
8. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui, par elle-même, n'implique pas le retour de l'intéressé dans son pays d'origine.
9. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 12 juillet 2022 par laquelle la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la légalité de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
11. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. D, la préfète de l'Ain a retenu qu'il était entré de manière irrégulière sur le territoire français, qu'il s'y était maintenu en dépit de quatre mesures d'éloignement et qu'il ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes.
12. Pour contester la décision de refus de délai de départ volontaire, le requérant fait valoir qu'il n'a pas tenté de se soustraire à une précédente mesure d'éloignement. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. D a déjà fait l'objet de quatre mesures d'éloignement en 2011, 2014, 2015 et 2021 qu'il ne conteste pas ne pas avoir exécutées. S'il fait valoir qu'il ne peut pas exécuter la mesure d'éloignement sa nationalité étant indéterminée, il n'apporte aucun élément établissant qu'il ne serait pas de nationalité arménienne ni aucune explication. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il justifierait de circonstances particulières au sens des dispositions précitées. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit par suite être écarté.
13. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus de délai de départ volontaire méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
14. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 12 juillet 2022 par laquelle la préfète de l'Ain a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.
16. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Ain, qui a relevé que M. D n'apportait aucun élément nouveau ou probant laissant présumé qu'il serait effectivement menacé dans son pays d'origine, se serait sentie en situation de compétence liée. Le moyen tiré de l'erreur de droit en ce que la préfète de l'Ain se serait crue en situation de compétence liée par rapport aux précédentes décisions doit par suite être écarté.
17. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Ain n'aurait pas procédé à l'examen de la situation particulière de l'intéressé avant d'édicter la mesure en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'absence d'examen particulier doit être écarté.
18. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants ".
19. Si requérant soutient que la décision fixant le pays de renvoi lui fait courir des risques pour sa vie il n'apporte dans la présente instance aucun élément ni même aucune précision sur ses craintes. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
20. En dernier lieu, si le requérant soutient qu'il ne dispose d'aucune nationalité, il n'apporte aucun élément ni aucune explication de nature à justifier qu'il n'aurait pas la nationalité arménienne retenue par la préfète de l'Ain.
21. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 12 juillet 2022 par laquelle la préfète de l'Ain a fixé le pays de destination.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
22. En premier lieu, il résulte des motifs qui précèdent que M. D n'est pas fondé à invoquer, par voie d'exception à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
23. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
24. M. D a fait l'objet d'une mesure d'éloignement pour laquelle aucun délai de départ volontaire n'a été accordé. Il entre ainsi dans le cas prévu à l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour lequel la préfète assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour, sauf s'il existe des circonstances humanitaires de nature à justifier qu'une telle interdiction de retour ne soit pas édictée. En l'espèce, le requérant ne justifie d'aucune circonstance humanitaire. La préfète de l'Ain n'a ainsi ni méconnu les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation en édictant une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de M. D.
25. Par ailleurs, s'il est constant que le requérant est présent sur le territoire français depuis environ quatorze ans, il s'y est maintenu en dépit de quatre mesures d'éloignement. Il est célibataire sans charge de famille. S'il indique que sa mère est en situation régulière sur le territoire français il ne l'établit pas et il ressort des pièces du dossier que son père est désormais décédé. Il ne justifie d'aucune autre attache familiale sur le territoire français. En outre, il n'est pas contesté qu'il a été placé en garde à vue le 11 juillet 2022 pour conduite en état d'ivresse. La préfète a ainsi pu retenir que le comportement de l'intéressé, qui ne conteste pas avoir conduit en état d'ivresse, constitue une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, et même si le requérant exerce des activités à titre bénévole, la préfète de l'Ain n'a pas commis d'erreur d'appréciation en fixant la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français à trente mois.
26. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
27. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 12 juillet 2022 par laquelle la préfète de l'Ain a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente mois.
28. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
29. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. D, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
30. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les conclusions de la requête de M. D sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à la préfète de l'Ain.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
La magistrate désignée,
E. Reniez
La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026