mercredi 2 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205432 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ROBIN VERNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juillet 2022, Mme G A F, représentée par Me Vernet, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 16 mai 2022 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée révélant un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et est entachée d'erreurs de fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire à quatre-vingt-dix jours est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire.
Mme A F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 octobre 2022.
La clôture d'instruction a été fixée au 12 septembre 2022 par ordonnance du 19 juillet 2022.
Le préfet du Rhône a produit un mémoire le 5 octobre 2022, après clôture d'instruction, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme H,
- et les observations de Me Lulé substituant Me Vernet, représentant Mme A F.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A F, ressortissante tchadienne née le 4 novembre 1998, déclare être entrée en France le 3 octobre 2020 sous couvert d'un visa long séjour mention " étudiant " valable du 24 septembre 2020 au 24 septembre 2021. Le 16 juillet 2021, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour " étudiant " sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par des décisions en date du 16 mai 2022, le préfet du Rhône a refusé de lui renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office. Mme A F demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision contestée a été signée par Mme B E, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture du Rhône, qui bénéficiait d'une délégation à cet effet par un arrêté du préfet du 11 janvier 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le lendemain, accessible au juge comme aux parties. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, dans sa décision du 16 mai 2022 le préfet du Rhône vise les textes dont il fait application, notamment l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et précise les éléments déterminants de la situation de la requérante qui ont conduit à lui refuser le renouvellement de son titre de séjour. Contrairement à ses allégations, la décision mentionne que l'intéressée n'a pu poursuivre les études déclarées auprès du consulat de France en raison de son arrivée tardive en France. Le préfet n'étant pas tenu de mentionner dans sa décision tous les éléments caractérisant la vie en France de la requérante, la décision qui comporte les éléments de droit et de fait qui la fondent est suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment des mentions de la décision attaquée que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier des circonstances de l'espèce et aurait ainsi entaché sa décision d'erreur de droit.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ". Il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement de titre de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier et notamment au regard de sa progression dans le cursus universitaire, de son assiduité aux cours et de la cohérence de ses choix d'orientation, si le demandeur peut être regardé comme poursuivant effectivement ses études.
6. Pour refuser à Mme F le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante, le préfet du Rhône s'est fondé, d'une part, sur ce que l'intéressée n'a pas poursuivi en 2020-2021 les études de master en droit public projetées dans sa demande de visa mais s'est inscrite en auditeur libre en " gestion spéciale, droit, économie, gestion " et, d'autre part, qu'au titre de l'année 2021-2022, elle présente une inscription en diplôme universitaire " Gestion des conflits, médiation et interculturalité " comportant un nombre d'heures de cours annuel insuffisant pour lui conférer la qualité d'étudiante. La requérante, titulaire d'une licence de droit et sciences politiques obtenue au Cameroun, fait valoir qu'elle n'a pu achever son master 1 de droit public au Cameroun au titre de l'année universitaire 2019-2020 en raison de la fermeture des frontières en lien avec la crise sanitaire et qu'en conséquence elle n'a pu s'inscrire effectivement en Master 2 à l'université Sorbonne Paris Nord où sa candidature aurait été initialement retenue pour l'année 2020-2021. En outre, elle soutient, sans le démontrer, avoir sollicité dès son arrivée en France le 3 octobre 2020, une modification de son inscription en master 1 de droit public qui lui aurait été refusée, la procédure d'inscription étant close depuis le mois de juillet 2020. Selon ses allégations, c'est dans ce contexte qu'elle aurait alors décidé de poursuivre une formation en qualité d'auditeur libre à l'Université de Strasbourg en 2020-2021. Si Mme F soutient avoir candidaté en vain, pour l'année universitaire suivante, au sein de plusieurs universités pour suivre un master 1 de droit public, et se prévaut des difficultés générales pour obtenir une telle admission, ces circonstances ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation du préfet du Rhône selon laquelle son inscription au titre de l'année 2021-2022 en diplôme universitaire " Gestion des conflits, Médiation et Interculturalité " ne peut être regardée comme la poursuite effective de ses études. Ni la circonstance qu'elle ait suivi, du 20 juin au 1er juillet 2022, une formation intensive à distance sur le droit des réfugiés organisée conjointement par la fondation René Cassin-Institut international des droits de l'homme de Strasbourg et la Représentation en France du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, ni son admission en master 1 de droit public au titre de l'année universitaire 2022-2023, postérieures à la décision attaquée, ne sont de nature à établir que le préfet du Rhône aurait méconnu les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en rejetant sa demande de renouvellement de carte de séjour étudiant au titre de l'année 2021-2022.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire :
7. En premier lieu, Mme A F n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour prise à son encontre, son moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de celle fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.
8. En second lieu, comme il a été dit précédemment, Mme F ne justifie pas de la réalité de ses études. Si elle soutient que la décision l'obligeant à quitter le territoire français compromet sa possibilité d'accéder au master 1 de droit public auquel elle vient d'être admise le 16 juin 2022, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ne pourrait pas poursuivre ses études et son projet professionnel dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
9. Mme F n'ayant pas démontré l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire prises à son encontre, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme G A F et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Verley-Cheynel, présidente,
M. Gille, vice-président,
M. Besse, vice-président.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2022.
La présidente,
G. HLe vice-président, assesseur le plus ancien
A. Gille
La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026