mercredi 2 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205434 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | BECHAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 juillet 2022, Mme B C, représentée par Me Bechaux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 avril 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de la munir d'une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- le refus de titre de séjour contesté est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas établi que l'avis du 14 juillet 2021 au vu duquel la décision a été prise a été effectivement rendu par les médecins dont les noms figurent sur cet avis statuant collégialement ;
- le refus de séjour en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le refus de titre de séjour attaqué porte une atteinte excessive au droit au respect de sa vie privée et familiale, en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision du préfet portant refus de titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'illégalité du refus de titre de séjour qui lui a été opposé entache d'illégalité l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français ;
- l'illégalité de l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français entache d'illégalité la décision portant fixation de son pays de destination.
La requête a été communiquée au préfet du Rhône, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 8 juillet 2022.
La clôture de l'instruction a été fixée au 12 septembre 2022 par une ordonnance du 19 juillet précédent.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les observations de Me Béchaux pour Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissante de la république du Congo née en 1959, Mme C demande l'annulation de l'arrêté du 20 avril 2022 par lequel le préfet du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 90 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an (). / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ".
S'agissant de la légalité externe :
3. Si la requérante fait valoir qu'il n'est pas possible de s'assurer de la sincérité des indications portées sur l'avis du 14 juillet 2021 du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) au vu duquel la décision en litige a été prise, il ressort suffisamment des mentions de cet avis, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, que, contrairement à ce qui est allégué, cet avis, dont l'authenticité n'est pas sérieusement contestée par la seule invocation de sa signature par voie électronique, a été effectivement émis par trois médecins membres de ce collège en ayant délibéré. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité des conditions de recueil de cet avis doit être écarté.
S'agissant de la légalité interne :
4. Pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par Mme C en raison de son état de santé, le préfet du Rhône s'est fondé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 14 juillet 2021 mentionné ci-dessus selon lequel l'état de santé de la requérante pourrait effectivement faire l'objet d'un suivi approprié dans son pays d'origine. Si Mme C expose qu'elle souffre de douleurs articulaires et de céphalées chroniques justifiant un suivi rhumatologique et que, souffrant de névrose post-traumatique en lien avec des évènements survenus dans son pays d'origine, elle bénéficie également d'un suivi psychothérapique, les éléments d'ordre médical qui sont avancés, notamment les énonciations du rapport médical du 24 juin 2021, ne suffisent pas pour remettre en cause le bien-fondé de l'avis du collège de médecins du 14 juillet 2021 émis au vu de ce rapport et relatif à la possibilité d'un suivi approprié de la requérante au Congo. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
5. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger () qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./ Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
6. Pour soutenir que la décision en litige porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, Mme C fait valoir que ses attaches familiales se trouvent désormais en France où vivent ses quatre enfants majeurs. Toutefois, compte tenu en particulier des conditions et du caractère encore récent de la présence en France de la requérante, qui n'y est entrée en dernier lieu à l'âge de 60 ans qu'au mois de décembre 2019 et sous couvert d'un visa de court séjour, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Les circonstances dont Mme C fait également état, tirées notamment du soutien qu'elle apporte à l'une de ses filles, ne permettent pas davantage de considérer que le refus de titre de séjour critiqué résulterait, s'agissant de ses conséquences sur sa situation personnelle, d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
7. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à soutenir que l'illégalité de la décision portant refus de séjour qui lui a été opposée entache d'illégalité la mesure d'éloignement prise sur son fondement.
En ce qui concerne la fixation du pays de renvoi :
8. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré par Mme C de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ayant fondé la décision en litige doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme C dirigées contre l'arrêté du préfet du Rhône du 20 avril 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de Mme C à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
11. Si la requérante a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 8 juillet 2022, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requête présentées sur leur fondement et dirigées contre l'Etat, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Verley-Cheynel, présidente,
M. Gille, vice-président,
M. Besse, vice-président.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2022.
Le rapporteur,
A. A
La présidente,
G. Verley-Cheynel
La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026