mercredi 2 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205444 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | PAQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juillet 2022, Mme B E épouse F, représentée par Me Paquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 avril 2022 par lequel la préfète de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre à l'autorité préfectorale de la munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et, dans le délai d'un mois et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- le refus de titre de séjour et la mesure d'éloignement contestés sont insuffisamment motivés et entachés d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;
- le refus de séjour critiqué est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas justifié de la consultation du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et que le médecin ayant établi le certificat médical requis a siégé au sein de ce collège en méconnaissance des exigences de l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le refus de séjour en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le refus de titre de séjour et la mesure d'éloignement qui lui sont opposés portent une atteinte excessive au droit au respect de sa vie privée et familiale, en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et résultent d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- son éloignement méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 (9°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français entache d'illégalité la décision portant fixation de son pays de destination, qui méconnaît également les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 août 2022, la préfète de la Loire conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 8 juillet 2022.
La clôture de l'instruction a été fixée au 12 septembre 2022 par une ordonnance du 19 juillet précédent.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les observations de Me Paquet pour Mme F.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissante albanaise née en 1957, Mme F demande l'annulation de l'arrêté du 15 avril 2022 par lequel la préfète de la Loire a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an (). / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ".
S'agissant de la légalité externe :
3. Traduisant un examen particulier de la situation de Mme F, l'arrêté du 15 avril 2022, qui fait en particulier état de la possibilité d'un suivi médical de l'intéressée et de ses attaches familiales, comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen de la situation de la requérante et de l'insuffisante motivation du refus de titre de séjour en litige doivent être écartés.
4. Alors que la préfète de la Loire a versé au dossier l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 18 novembre 2021 au vu duquel elle a pris sa décision, il ressort des énonciations mêmes de cet avis que, contrairement à ce qu'affirme la requérante, celui-ci a été émis au vu d'un rapport établi le 28 octobre précédent par un médecin de l'OFII qui n'était lui-même pas au nombre des médecins ayant rendu cet avis. Par suite, les moyens tirés tout à la fois du défaut de recueil de l'avis requis et de l'irrégularité de la composition du collège de médecins qui l'a émis doivent être écartés comme manquant en fait.
S'agissant de la légalité interne :
5. Pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par Mme F en raison de son état de santé, la préfète de la Loire s'est fondée sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 18 novembre 2021 mentionné ci-dessus selon lequel l'état de santé de la requérante pourrait effectivement faire l'objet d'un suivi approprié dans son pays d'origine. Si Mme F fait valoir les exigences du suivi de la greffe de rein dont elle a bénéficié en 2017 et des pathologies dont elle souffre depuis, en particulier un diabète de type 2, une hypertension artérielle sévère et une hépatite C, les éléments d'ordre médical qui sont avancés, notamment les énonciations des certificats médicaux du Dr C du 9 janvier 2019 et du 11 mai 2021 ou de ceux du Dr D du 6 juin 2019 ou du 20 mai 2022, ne suffisent pas pour remettre en cause le bien-fondé de l'avis émis en dernier lieu par le collège de médecins de l'OFII le 18 novembre 2021 en ce qui concerne la possibilité d'un suivi approprié de la requérante en Albanie. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
6. Si Mme F fait également valoir que, compte tenu de l'impossibilité d'un suivi approprié de son état de santé en Albanie, la décision en litige porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que ce moyen doit être écarté. Les difficultés invoquées par la requérante s'agissant de la prise en charge de son état de santé ne permettent pas davantage de considérer que le refus de titre de séjour critiqué résulterait, s'agissant de ses conséquences sur sa situation personnelle, d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
7. Si Mme F soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français qu'elle conteste est entachée d'un défaut d'examen de sa situation et d'une insuffisance de motivation, ces moyens doivent être écartés pour les motifs exposés au point 3.
8. Si les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile font obstacle à ce qu'un étranger remplissant les conditions pour obtenir un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 de ce même code fasse l'objet d'une obligation de quitter le territoire, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
9. Eu égard à la situation familiale de la requérante et compte tenu de ce qui a été dit au point 6, les moyens selon lesquels la mesure d'éloignement en litige méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
En ce qui concerne la fixation du pays de renvoi :
10. Compte tenu de ce qui a été dit précédemment, le moyen tiré par voie d'exception de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ayant fondé la décision en litige doit être écarté.
11. Si Mme F soutient que, compte tenu de l'impossibilité d'un suivi approprié de son état de santé en Albanie, la décision en litige méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ce moyen doit être écarté pour les motifs de fait exposés au point 5.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme F dirigées contre l'arrêté de la préfète de la Loire du 15 avril 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de Mme F à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
14. Si la requérante a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 8 juillet 2022, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requête présentées sur leur fondement et dirigées contre l'Etat, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E épouse F et à la préfète de la Loire.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Verley-Cheynel, présidente,
M. Gille, vice-président,
M. Besse, vice-président.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2022.
Le rapporteur,
A. A
La présidente,
G. Verley-Cheynel
La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026