mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205450 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | TEYSSIER |
Vu les procédures suivantes :
I°) Par une première requête enregistrée le 19 juillet 2022 sous le n°2205450, M. A B, représenté par la Selarl Teyssier Barrier avocats, agissant par Me Teyssier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 18 mars 2022 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté sa demande de renouvellement de sa carte professionnelle en qualité d'agent de sécurité privée, ainsi que la décision par laquelle la commission nationale a implicitement rejeté son recours préalable obligatoire réceptionné le 20 avril 2022.
2°) d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer cette carte professionnelle dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il appartient au Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) de démontrer que l'agent ayant consulté le fichier de traitement des antécédents judiciaires était habilité par le représentant de l'Etat, cette habilitation devant préciser les motifs pouvant justifier pour chaque personne les consultations autorisées ;
- il conteste les faits qui lui sont reprochés et la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur d'appréciation sur les faits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2023, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 2 octobre 2023 par une par une ordonnance du 11 septembre 2023.
II°) Par une seconde requête enregistrée le 16 décembre 2022 sous le n°2209437, M. A B, représenté par la Selarl Teyssier Barrier avocats, agissant par Me Teyssier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 18 mars 2022 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté sa demande de renouvellement de sa carte professionnelle en qualité d'agent de sécurité privée, ainsi que la décision par laquelle la commission nationale a implicitement rejeté son recours préalable obligatoire réceptionné le 20 avril 2022 et la décision expresse du 8 septembre 2022 rejetant son recours préalable obligatoire ;
2°) d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer cette carte professionnelle dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il appartient au Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) de démontrer que l'agent ayant consulté le fichier de traitement des antécédents judiciaires était habilité par le représentant de l'Etat, cette habilitation devant préciser les motifs pouvant justifier pour chaque personne les consultations autorisées ;
- il conteste les faits qui lui sont reprochés et la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur d'appréciation sur les faits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2023, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 6 novembre 2023 par une par une ordonnance du 13 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénal ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Collomb, rapporteure publique ;
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 18 mars 2022, la commission locale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité a rejeté la demande de renouvellement de la carte professionnelle d'agent de sécurité présentée par M. B. L'intéressé a présenté un recours administratif préalable à l'encontre de cette décision devant la commission nationale du Conseil national des activités privées de sécurité qui a été réceptionné le 20 avril 2022. Par une décision expresse du 8 septembre 2022, la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité a rejeté sa demande. Par une première requête enregistrée sous le n°2205450, M. B demande au tribunal l'annulation de la décision de la commission locale du 18 mars 2022 ainsi que celle de la commission nationale par laquelle elle a implicitement rejeté son recours administratif préalable réceptionné le 20 avril 2022. Par une seconde requête enregistrée sous le n°2209437, M. B demande au tribunal l'annulation de cette même délibération du 18 mars 2022 de la commission locale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité, de la décision de la commission nationale par laquelle elle a implicitement rejeté son recours administratif préalable et de la décision du 8 septembre 2022 par laquelle la commission nationale a expressément rejeté son recours préalable obligatoire.
2. Ces deux requêtes présentent à juger de questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a dès lors lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'étendue du litige :
3. D'une part, si le juge administratif est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant le juge de l'excès de pouvoir qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable et si le requérant indique, de sa propre initiative ou le cas échéant à la demande du juge, avoir exercé ce recours et, le cas échéant après que le juge l'y a invité, produit la preuve de l'exercice de ce recours ainsi que, s'il en a été pris une, la décision à laquelle il a donné lieu, le juge de l'excès de pouvoir doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée. D'autre part, lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet et une décision expresse de rejet intervenue postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première.
4. Par une décision en date du 8 septembre 2022, la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité a expressément rejeté le recours administratif préalable obligatoire de M. B tendant au renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité. Cette décision expresse s'étant substituée au refus implicite né du silence initialement conservé par la commission nationale sur le recours administratif préalable obligatoire de l'intéressé, les conclusions aux fins d'annulation des requêtes de M. B doivent être regardées comme étant exclusivement dirigées contre la décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité du 8 septembre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. D'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : / 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ; () ". Aux termes de l'article L. 612-20 du même code : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ;2° S'il résulte de l'enquête administrative ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; ".
6. D'autre part, aux termes de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale : " I.- Dans le cadre des enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, aux articles L. 114-1, L. 114-2, L. 211-11-1, L. 234-1 et L. 234-2 du code de la sécurité intérieure et à l'article L. 4123-9-1 du code de la défense, les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : () 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat. "
7. En premier lieu, dès lors que les dispositions citées ci-dessus du code de la sécurité intérieure prévoient la possibilité que certains traitements automatisés de données à caractère personnel soient consultés au cours de l'enquête conduite par l'administration dans le cadre de ses pouvoirs de police, préalablement à la délivrance d'un agrément individuel, la circonstance que l'agent ayant procédé à cette consultation n'aurait pas été, en application des dispositions également citées ci-dessus du code de procédure pénale, individuellement désigné et régulièrement habilité à cette fin, si elle est susceptible de donner lieu aux procédures de contrôle de l'accès à ces traitements, n'est pas, par elle-même, de nature à entacher d'irrégularité la décision prise sur la demande d'agrément. Par suite, le moyen soulevé par le requérant tiré de l'absence d'habilitation de l'agent qui a consulté le fichier de traitement des antécédents judiciaires pour y procéder doit dès lors être écarté comme inopérant.
8. En second lieu, pour rejeter la demande de renouvellement de la carte professionnelle d'agent de sécurité de M. B sur le fondement des dispositions précitées du 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, la commission nationale du Conseil national des activités privées de sécurité s'est fondée sur la circonstance que l'intéressé a fait l'objet d'un rappel à la loi par officier de police judiciaire pour avoir commis le 10 mars 2021 à Feyzin des faits de violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours et de menaces de mort et que l'intéressé a déjà été mis en cause pour des faits de même nature, et que ces éléments démontrent des agissements contraires à la probité et sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes, dont la protection constitue pourtant la mission essentielle confiée aux agents de sécurité privée et qu'ils sont d'autant plus graves qu'ils ont été commis alors que l'intéressé était titulaire d'une carte professionnelle, et était donc soumis à des exigences déontologiques élevées, impliquant de conserver, en toutes circonstances, la maîtrise de soi, et que par suite, le comportement de M. B est incompatible avec l'exercice des fonctions envisagées.
9. M. B fait valoir qu'il occupe les fonctions d'agent de sécurité depuis plus de trente ans et a toujours été irréprochable dans ses fonctions, qu'aucune suite judiciaire n'a été donnée à la procédure dans laquelle il a été mis en cause, qu'il a été victime des déclarations mensongères du fils de son ex-femme, lequel s'est introduit à son domicile pour en découdre avec une arme blanche, à la suite d'un différend dans le cadre d'un divorce particulièrement conflictuel. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, ainsi que le rappelle la décision en litige, que M. B a fait l'objet le 12 mars 2021 d'un rappel à la loi pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours et de menace de mort réitérée, et qu'en l'absence de tout autre élément, la matérialité des faits reprochés à M. B doit être regardée comme établie, alors qu'il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a par ailleurs été mis en cause le 16 août 2013 pour des faits de violences volontaires par conjoint ou concubin avec ITT de moins de 8 jours. Par suite, compte tenu de la gravité des faits de violence reprochés à l'intéressé, dont la matérialité est établie, qui ont été commis à une date où il était titulaire d'une carte professionnelle d'agent de sécurité et, à ce titre, soumis à des exigences déontologiques particulières prévues aux articles R. 631-1 et suivants du code de la sécurité intérieure, et qui, pour les derniers, présentent encore un caractère récent à la date de la décision en litige, M. B n'est pas fondé à soutenir, en dépit de son professionnalisme allégué, que la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité aurait commis une erreur d'appréciation en estimant que ces faits révélaient un comportement de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes incompatibles avec l'exercice des fonctions d'agent de sécurité.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du 8 septembre 2022 de la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller ;
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. Segado
La greffière,
E. Seytre
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
N°s 2205450-2209437
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026