jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205484 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | CJA PUBLIC CHAVENT-MOUSEGHIAN-CAVROIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Cavrois, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 février 2022 par laquelle le directeur de l'EHPAD Le Fil d'Or a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 1er octobre 2021 et des arrêts de travail prescrits à compter du 30 octobre 2021, ainsi que la décision du 20 mai 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'EHPAD Le Fil d'Or de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 1er octobre 2021 et des arrêts de travail qui sont en lien et d'en tirer les conséquences en ce qui concerne leur prise en charge, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'EHPAD Le Fil d'Or la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'un avis de la commission de réforme en méconnaissance de l'article 16 du décret du 19 avril 1988 ;
- le directeur de l'EHPAD a fait une inexacte application des articles 35-2 et 35-3 du décret du 19 avril 1988 en rejetant sa demande comme irrecevable ;
- elle méconnaît l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, dès lors que l'accident, à l'origine du traumatisme au poignet, est bien survenu dans le temps et sur le lieu du service.
L'intégralité de la procédure a été transmise au centre hospitalier du Forez, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 23 août 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 septembre 2023.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées, par courrier en date du 29 mars 2024, que le tribunal était susceptible de relever d'office la situation de compétence liée dans laquelle se trouvait l'autorité administrative pour rejeter la demande de Mme A.
Des observations ont été enregistrées le 2 avril 2024 pour le compte de Mme A en réponse au moyen susceptible d'être relevé d'office.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Lacoste Lareymondie,
- les conclusions de M. Habchi,
- et les observations de Me Guérin substituant Me Cavrois, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, aide-soignante, exerce ses fonctions au sein de l'établissement public d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Le Fil d'Or, relevant du centre hospitalier du Forez. Le 1er octobre 2021, elle a ressenti une vive douleur au poignet droit en manipulant un patient. Elle a continué d'exercer ses fonctions jusqu'au 30 octobre 2021, date à laquelle elle a consulté son médecin en raison d'une aggravation des douleurs. Elle a alors été placée en congé de maladie. Le 26 janvier 2022, elle a sollicité le bénéfice du congé pour invalidité temporaire imputable au service. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler la décision du 3 février 2022 rejetant sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du I de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 alors applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service () ".
3. Aux termes de l'article 35-2 du décret du 19 avril 1988 susvisé : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité investie du pouvoir de nomination dont il relève une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. () / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. " Selon l'article 35-3 du même code : " I. - La déclaration d'accident de service ou de trajet prévue à l'article 35-2 est adressée à l'autorité investie du pouvoir de nomination dont relève le fonctionnaire, dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 35-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. / () IV.- Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. "
4. Pour refuser de faire droit à la demande de Mme A tendant au bénéfice d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le directeur de l'EHPAD Le Fil d'Or a retenu que cette demande avait été déposée au-delà du délai de quinze jours, fixé par l'article 35-3 du décret du 19 avril 1988, suivant l'établissement du certificat médical constatant les lésions de l'intéressée. Il ressort des pièces du dossier que, le 30 octobre 2021, le médecin consulté par Mme A a rempli un avis d'arrêt de travail en précisant son motif, à savoir " lésion fissuraire du tendon fléchisseur radial ". Contrairement à ce que soutient Mme A, une telle mention indique clairement la nature autant que le siège des lésions résultant de l'accident survenu le 1er octobre 2021, de sorte que l'avis d'arrêt de travail en cause doit être regardé comme tenant lieu du certificat requis par le 2° de l'article 35-2 du même décret. Un tel document médical suffisait donc à faire courir le délai de quinze jours au cours duquel la requérante devait adresser à l'établissement, en plus de cet avis d'arrêt de travail, le formulaire de demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service. Si le même médecin a établi un certificat médical le 26 janvier 2022, celui-ci ne comporte aucune constatation médicale relative au siège et à la nature des lésions dont souffrent l'intéressée, distincte de celle contenue dans l'avis d'arrêt de travail du 30 octobre 2021, et précise d'ailleurs que le lien entre la douleur et l'accident du travail avait alors déjà été fait en octobre 2021. Il s'ensuit que l'établissement de ce second certificat, même plus détaillé, n'a pu avoir pour effet de faire courir à nouveau un délai pour la présentation de la déclaration d'accident du travail. La demande de Mme A, adressée le 26 janvier 2022, soit au-delà du délai règlementaire de quinze jours, était tardive. Le directeur de l'EHPAD Le Fil d'Or était donc tenu de la rejeter, conformément aux dispositions du IV de l'article 35-3 du décret du 19 avril 1988. L'administration s'étant ainsi trouvée en situation de compétence liée, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision, du défaut de motivation, de l'absence de consultation de la commission de réforme et de la violation de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.
5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Il n'y a donc pas lieu de faire droit aux conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'EHPAD Le Fil d'Or, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au centre hospitalier du Forez et à l'EHPAD Le Fil d'Or.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Besse, président,
Mme Allais, première conseillère,
Mme de Lacoste Lareymondie, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
La rapporteure,
E. de Lacoste Lareymondie
Le président,
T. Besse
La greffière
S. Lecas
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026