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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2205489

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2205489

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2205489
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation8ème chambre
Avocat requérantBOUHALASSA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Bouhalassa, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 mai 2022 par laquelle le préfet du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le refus de titre de séjour qui lui est opposé est insuffisamment motivé et est entaché d'une erreur de fait ainsi que d'un défaut d'examen de sa situation ;

- le refus de titre de séjour qui lui est opposé méconnaît les articles L. 233-1 et L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le refus de séjour en litige et l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français portent une atteinte excessive à sa vie privée et familiale, en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et résultent d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'illégalité du refus de titre qui lui est opposé entache d'illégalité l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire.

La requête a été communiquée au préfet du Rhône, qui a produit des pièces enregistrées le 20 juillet 2023.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Le président de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Richard-Rendolet.

Considérant ce qui suit :

1. Ressortissant albanais né en 1967, M. B demande l'annulation de la décision du 13 mai 2022 par laquelle le préfet du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le refus de séjour :

2. Traduisant un examen particulier de la situation du requérant, la décision critiquée fait état de façon circonstanciée des éléments de fait et de droit qui lui donnent son fondement et relatifs en particulier à la nature du titre de séjour sollicité par le requérant ainsi qu'à sa situation administrative, personnelle et familiale. Si M. B se prévaut de l'erreur de fait que l'autorité administrative aurait selon lui commise s'agissant de la présence en France de son épouse et de ses deux filles, la décision critiquée est toutefois conforme sur ce point aux indications portées sur le formulaire de sa demande de titre de séjour et qu'il appartenait à M. B d'actualiser. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen de la situation du requérant, de l'insuffisance de motivation et de l'erreur de fait commise par l'autorité préfectorale doivent être écartés.

3. Si M. B soutient que le préfet du Rhône aurait dû examiner sa demande de titre de séjour au regard de sa qualité de membre de famille d'un ressortissant de l'Union européenne, il ressort du dossier que la demande de titre de séjour de M. B ne se fondait pas sur les dispositions des articles L. 233-1 et L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont la méconnaissance est invoquée mais n'a été présentée qu'en vue de la délivrance du titre de séjour portant la mention " salarié " prévu à l'article L. 426-11 de ce code et au regard duquel la décision en litige a été prise. Par suite, le moyen doit être écarté.

4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / (.) ". Pour soutenir que ces stipulations ont été méconnues, M. B se prévaut de sa résidence en France depuis le mois de février 2020 et de la présence à ses côtés et en situation régulière depuis le mois d'août suivant de son épouse et ses deux enfants qui poursuivent leurs études. Compte tenu toutefois du caractère encore récent et des conditions de la présence en France du requérant à la date de la décision en litige, du fondement de sa demande de titre de séjour ainsi que de l'objet et des effets de la décision en litige, le moyen tiré de l'atteinte excessive que le refus de titre de séjour en cause porterait au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Les circonstances qui sont invoquées ne permettent pas davantage de considérer que le refus critiqué résulte d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

5. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet du Rhône n'a pas fait obligation au requérant de quitter le territoire français mais s'est borné à l'y inviter. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre une telle obligation doivent être rejetées comme dépourvues d'objet.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre la décision du préfet du Rhône du 13 mai 2022 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de M. B à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Etat, qui n'est pas partie perdante.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 12 février 2024, à laquelle siégeait :

M. Gille, président,

M. Richard-Rendolet, premier conseiller,

Mme Feron, première conseillère

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.

Le rapporteur,

F-X. Richard-RendoletLe président,

A. Gille

Le greffier,

Y. Mesnard

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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