jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205518 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DEFAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 juillet et 7 octobre 2022, M. B C et Mme A C, représentés par Me Defaux, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 31 mars 2022 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes Ardèche des Sources et Volcans a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal ou, à titre subsidiaire, d'annuler cette délibération en tant qu'elle classe en zone A les parcelles cadastrées AE n° 210, n° 526 et n° 527 situées sur le territoire de la commune de Jaujac, ainsi que la décision du 31 mai 2022 rejetant leur recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la communauté de communes Ardèche des Sources et Volcans d'approuver par délibération le classement desdites parcelles en zone UB ou dans toute autre zone constructible, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes Ardèche des Sources et Volcans la somme de 3 000 euros à leur verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ce classement en zone A est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles R. 151-18 et R. 151-22 du code de l'urbanisme dans la mesure où les parcelles ne présentent aucun potentiel agronomique, biologique ou économique, l'une d'entre elles étant en outre artificialisée car supportant leur maison d'habitation, où aucune exploitation agricole n'est présente à proximité et où le tènement se trouve dans un secteur pavillonnaire ;
- le maintien des parcelles en zone UB s'impose puisqu'elles se trouvent à 700 mètres du centre du village, sont desservies par les réseaux publics et sont insérées dans une vaste zone résidentielle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 septembre et 7 novembre 2022, la communauté de communes Ardèche des Sources et Volcans, représentée par la SELAS Cabinet Champauzac, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que soit prononcée une annulation partielle de la délibération attaquée en tant qu'elle classe en zone agricole la parcelle cadastrée AE n° 210 et, et toute hypothèse, à ce que soit mis à la charge de M. et Mme C le versement d'une somme de 4 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 17 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 17 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chapard,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Defaux, pour M. et Mme C, requérants,
- et les observations de Me Di Curzio, substituant la SELAS Cabinet Champauzac, pour la communauté de communes Ardèche des Sources et Volcans.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 31 mars 2022, le conseil communautaire de la communauté de communes Ardèche des Sources et Volcans a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal. Par courrier du 12 mai 2022, M. et Mme C ont exercé un recours gracieux contre cette délibération, lequel a été rejeté par une décision du président de la communauté de communes du 31 mai 2022. Ils demandent l'annulation de cette décision et de la délibération du 31 mars 2022.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. " Il résulte de ces dispositions qu'une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
3. Il ressort des pièces du dossier que la délibération attaquée a classé en zone A trois parcelles appartenant à M. et Mme C, situées sur le territoire de la commune de Jaujac, jusqu'alors classées en zone UB du plan local d'urbanisme. Ces parcelles se trouvent à l'est de la commune, dans un secteur qui accueille de nombreuses maisons individuelles qui morcellent un paysage majoritairement agricole et boisé. Il ressort des orientations du projet d'aménagement et de développement durable que la communauté de communes, auteur du plan local d'urbanisme, entend notamment " densifier de manière raisonnée et qualitative () et sous réserve de ne pas impacter les espaces naturels et agricoles à enjeux ". Elle vise également, par ce plan, " à préserver les secteurs sur lesquels la pression urbaine a été forte ces vingt dernières années, à exclure des enveloppes urbaines les surfaces agricoles à enjeux, à maintenir les connexions pour le fonctionnement des exploitations () et à prendre en compte le risque de conflits d'usages ", mais aussi à répondre à " l'étalement urbain qui a notamment généré la destruction et le mitage de surfaces agricoles et naturelles stratégiques ", comme cela ressort du rapport de présentation de son plan local d'urbanisme intercommunal. Le parti d'urbanisme de l'intercommunalité a ainsi clairement pour ambition de mieux délimiter les secteurs urbains et les secteurs agricoles, à partir de l'existant, afin de préserver les terres agricoles restantes. Il ressort par ailleurs du diagnostic foncier agricole réalisé à l'occasion de l'élaboration du plan que le quartier des Sausses, où sont situées les parcelles en litige, présente un enjeu agricole. Ce parti d'urbanisme se matérialise par le zonage retenu, qui détermine, au nord-ouest du tènement des requérants, en direction du bourg, une zone UB, en limite de laquelle leurs parcelles se situent, ces dernières étant quant à elles rattachées au secteur agricole situé plus au sud et à l'est. Ce zonage répond au parti d'urbanisme retenu par l'intercommunalité en délimitant de manière précise, à partir de l'existant, des secteurs urbains et des secteurs agricoles. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de rechercher si ces parcelles, dont l'une supporte la maison d'habitation des requérants, présentent en elles-mêmes un potentiel agronomique, c'est sans erreur manifeste d'appréciation qu'elles ont été classées en zone agricole par la communauté de communes Ardèche des Sources et Volcans.
4. En second lieu, les requérants ne peuvent soutenir qu'un maintien du classement du tènement en zone UB s'imposait, dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif de vérifier qu'un autre classement était possible, mais seulement de s'assurer que le classement retenu n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du 31 mars 2022.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes Ardèche des Sources et Volcans, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme C demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions pour mettre à leur charge la somme demandée par cette communautés de communes au titre des frais qu'elle a exposés.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la communauté de communes Ardèche des Sources et Volcans formulées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et Mme A C et à la communauté de communes Ardèche des Sources et Volcans.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Jean-Pascal Chenevey, président,
- Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,
- Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.
La rapporteure,
M. Chapard
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026