mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205556 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 25 janvier 2022 et transmise par une ordonnance de renvoi n° 2213841 du 18 juillet 2022 au tribunal administratif de Lyon où elle a été enregistrée le 21 juillet 2022, ainsi que par un mémoire complémentaire enregistré le 15 décembre 2023, M. A B, représenté par la Selarl Itineraires avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 juin 2022 par laquelle le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière a rejeté sa demande d'autorisation d'exercice en qualité de médecin dans la spécialité gériatrie ;
2°) de mettre à la charge du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il remplit toutes les conditions requises pour se voir délivrer une autorisation d'exercice.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2023, le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de moyens ;
- à titre subsidiaire, la décision n'est entachée d'aucune erreur d'appréciation.
La clôture d'instruction a été fixée au au 12 janvier 2024 par une ordonnance du 15 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 2006-1640 du 21 décembre 2006 ;
- le décret n° 2020-1017 du 7 août 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye
- les conclusions de Mme Collomb, rapporteure publique,
- les observations de Me Sahraoui de la Selarl Itineraires avocats pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, titulaire d'un diplôme de docteur en médecine délivré en 1988 par l'université de Damas, a sollicité le 1er décembre 2020 la délivrance d'une autorisation d'exercice en qualité de médecin dans la spécialité gériatrie. M. B demande au tribunal l'annulation de la décision du 2 juin 2022 par laquelle le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière a rejeté sa demande.
2. Aux termes du B du IV de l'article 83 de la loi de la loi du 21 décembre 2006 de financement de la sécurité sociale pour 2007, dans sa rédaction issue des lois du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la transformation du système de santé et du 17 juin 2020 relative à diverses dispositions liées à la crise sanitaire, à d'autres mesures urgentes ainsi qu'au retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne : " () les médecins titulaires d'un diplôme, certificat ou autre titre obtenu dans un Etat non membre de l'Union européenne ou non partie à l'accord sur l'Espace économique européen et permettant l'exercice de la profession dans le pays d'obtention de ce diplôme, certificat ou titre, présents dans un établissement de santé () entre le 1er octobre 2018 et le 30 juin 2019 et ayant exercé des fonctions rémunérées, en tant que professionnel de santé, pendant au moins deux ans en équivalent temps plein depuis le 1er janvier 2015 se voient délivrer une attestation permettant un exercice temporaire, sous réserve du dépôt d'un dossier de demande d'autorisation d'exercice avant le 30 juin 2021 (). La commission nationale d'autorisation d'exercice mentionnée au I de l'article L. 4111-2 du même code émet un avis sur la demande d'autorisation d'exercice du médecin. L'instruction préalable de chaque dossier est assurée par une commission régionale constituée par spécialité et présidée par le directeur général de l'agence régionale de santé. La commission régionale précitée est dissoute au plus tard le 31 décembre 2022. () La commission nationale émet, après examen de chaque dossier, un avis destiné au ministre chargé de la santé. Cette commission doit avoir auditionné tout candidat pour lequel elle émet un avis visant à l'obtention directe d'une autorisation d'exercice ou au rejet de sa demande. Elle peut auditionner les autres candidats. Le ministre chargé de la santé ou, sur délégation, le directeur général du Centre national de gestion peut, au vu de l'avis de la commission nationale :a) Soit délivrer une autorisation d'exercice ;) Soit rejeter la demande du candidat ;c) Soit prendre une décision d'affectation du médecin dans un établissement de santé en vue de la réalisation du parcours de consolidation des compétences qui lui est prescrit, d'une durée maximale équivalente à celle du troisième cycle des études de médecine de la spécialité concernée. A l'issue de son parcours de consolidation des compétences, le candidat saisit la commission nationale d'autorisation d'exercice compétente, qui émet un avis destiné au ministre chargé de la santé pour décision de ce dernier. ". Aux termes des dispositions de l'article L.4111-2 du code de la santé publique : " I. -Le ministre chargé de la santé ou, sur délégation, le directeur général du Centre national de gestion peut, après avis d'une commission comprenant notamment des délégués des conseils nationaux des ordres et des organisations nationales des professions intéressées, choisis par ces organismes, autoriser individuellement à exercer les personnes titulaires d'un diplôme, certificat ou autre titre permettant l'exercice, dans le pays d'obtention de ce diplôme, certificat ou titre, de la profession de médecin, dans la spécialité correspondant à la demande d'autorisation, chirurgien-dentiste, le cas échéant dans la spécialité correspondant à la demande d'autorisation, ou de sage-femme. ".
3. Pour rejeter la demande d'autorisation d'exercice présentée par M. B en qualité de médecin dans la spécialité gériatrie, le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière s'est fondé, après s'être approprié les termes de l'avis défavorable de la commission nationale d'exercice du 9 mai 2022, sur la circonstance que sa formation ne lui permet pas de lui prescrire un parcours de consolidation des compétences dès lors, d'une part, qu'il n'atteste d'aucune formation universitaire en gériatrie (ni spécialisation, ni DU en gériatrie, ni participation aux actions de formation médicale continue des sociétés savantes de la discipline), et, d'autre part, que sa formation pratique ne permet pas de combler l'absence totale de formation universitaire dans cette spécialité, l'intéressé ayant exercé pendant plusieurs années en qualité d'infirmier avec interruption des fonctions médicales, et ayant justifié d'une pratique de la gériatrie ne couvrant pas l'ensemble de la filiale gériatrique, laquelle n'est ni évaluée, ni étayée, notamment par des lettres de recommandations.
4. En se bornant à faire valoir qu'il a travaillé en tant que praticien attaché associé dans divers hôpitaux en gériatrie en France, et à produire son curriculum vitae ainsi que deux attestations indiquant qu'il a été employé en qualité de praticien attaché à partir du 1er septembre 2015 au sein du groupement hospitalier Aube-Marne, puis au centre hospitalier de Dreux du 10 décembre 2018 au 30 juin 2021 en tant que praticien attaché associé dans le service gériatrie, M. B ne justifie d'aucun élément précis quant à sa formation universitaire ainsi qu'à son expérience professionnelle de nature à démontrer que le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en rejetant pour les motifs rappelés au point précédent, et conformément à l'avis rendu à l'unanimité par commission nationale d'exercice, sa demande d'autorisation d'exercice en qualité de médecin dans la spécialité gériatrie.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions aux fins d'annulation de M. B doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence, que ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au centre national de gestion des patriciens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller.
Mme Bardad, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. SegadoLa greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026