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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2205574

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2205574

mercredi 10 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2205574
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL REFLEX DROIT PUBLIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 juillet et 8 août 2022, M. et Mme E et D C, représentés par Me Flynn, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 5 août 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Etienne ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux de M. F pour la transformation d'un garage en habitation et la surélévation d'une maison existante, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Etienne une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont intérêt à agir ;

- en application du 3ème alinéa de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, ils justifient de la réception de leur recours gracieux par le pétitionnaire en versant au débat le certificat de dépôt de la lettre recommandée le contenant dont l'intéressé avait été avisé le 21 avril 2022 ;

- leur requête en annulation n'est pas tardive car l'affichage de l'autorisation de construire était incomplet et n'a dès lors pu faire courir le délai de recours contentieux ;

- la condition d'urgence est présumée remplie en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ;

- la demande d'autorisation d'urbanisme qui ne porte pas sur l'intégralité du bâtiment qui n'a aucune existence légale, est dès lors irrégulière ;

- le projet d'extension de 34 m2 étant situé en zone N du plan local d'urbanisme (PLU), les dispositions de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions des articles R. 431-36 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ont également été méconnues en l'absence de production des documents graphiques d'insertion pour représenter le projet à l'achèvement des travaux et permettre au service instructeur d'apprécier l'insertion de la construction dans le bâti environnant ;

- en créant 34,2 m² de surface de plancher supplémentaire du fait de la surélévation du garage, outre la création de 39,9 m² de surface de plancher par transformation du garage en pièce de vie, le projet méconnait les dispositions de l'article N2 du règlement du PLU ;

- la demande de sursis à statuer formulée sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ne relève pas de l'office du juge des référés.

Par un mémoire enregistré le 5 août 2022, la commune de Saint-Etienne, représentée par Me Nguyen, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête au fond est tardive ainsi par suite, que la présente requête;

- en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, les requérants ne justifient pas de la notification de leur recours gracieux au titulaire de la décision ; en tout état de cause, il n'est pas justifié de la notification à la ville de Saint-Etienne et à M. F de la requête au fond enregistrée le 21 juillet 2022 ;

- en outre, le bénéficiaire de l'autorisation apportant la preuve de ce que l'affichage sur le terrain de l'arrêté contesté portait mention de la notification requise par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme conformément aux exigences de l'article R. 424-15 du même code et dès lors que cet affichage n'est contesté, ni dans sa continuité, ni dans sa régularité et que les requérants en ont eu connaissance au plus tard le 10 décembre 2021, un recours gracieux reçu le 21 avril 2022 soit plus de trois mois après l'expiration, le 11 janvier 2022, du délai de recours contentieux, était tardif ;

- les requérants ne disposent d'aucun intérêt à agir.

Par un mémoire enregistré le 5 août 2022, M. B F, représenté par Me Baltassat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable ;

- en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, les requérants ne justifient pas de ce que leur recours gracieux lui aurait été notifié ; par suite, le recours gracieux notifié à la seule commune de Saint-Etienne n'a pas permis de proroger le délai du recours contentieux ; ainsi tant la requête au fond que la présente requête, sont tardives ;

- en outre, l'arrêté contesté a été affiché le 30 octobre 2021 ; les requérants ne contestent ni la régularité ni la continuité de cet affichage qui a été constaté par huissier le 30 octobre à 17 heures ; ainsi le délai de recours contentieux expirant le 31 décembre 2021, le recours gracieux adressé à la ville de Saint-Etienne, le 15 avril 2022, et reçu le 20 avril suivant, était tardif ;

- enfin, les requérants ont eu connaissance de l'arrêté en litige au plus tard le 10 décembre 2021 ; ainsi, en tout état de cause, le dit recours gracieux était tardif ;

- les requérants ne disposent par ailleurs, d'aucun intérêt à agir ;

- à titre subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé et en tout état de cause, il pourrait être procédé à une régularisation par le dépôt d'une demande de permis de construire, en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 code de l'urbanisme.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 21 juillet 2022 sous le n° 2205573 par laquelle M. et Mme C demandent l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Baux, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A ;

- les observations de Me Sevino, substituant Me Flynn qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens et qui précise d'une part, que la construction est visible de la rue et qu'ainsi, il était nécessaire de présenter des éléments relatifs à son architecture et d'autre part, qu'un permis de construire était en l'espèce, requis ;

- les observations de Me Nguyen, pour la commune de Saint-Etienne, qui reprend et maintient l'ensemble des éléments exposés dans ses écritures et rappelle que la requête au fond est irrecevable dès lors qu'elle n'en a pas été avertie et que les pièces produites par les requérants n'en justifient pas davantage ; que les requérants ne démontrent pas leur intérêt à agir ; enfin, que l'incomplétude du dossier est régularisable ;

- les observations de Me Dandan, pour M. et Mme F, qui maintient l'ensemble des éléments exposés dans ses écritures et rappelle l'irrecevabilité de la requête au fond ; que les requérants ne démontrent pas leur intérêt à agir ; enfin, que l'incomplétude du dossier est régularisable ; que le constat d'huissier produit ne démontre en rien l'intérêt à agir des requérants mais justifie de ce qu'ils entendent, de fait, contester non le projet, objet de la décision attaquée, mais, la construction existante ; qu'enfin, il n'existe aucun moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme C demandent au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 5 août 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Etienne ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux de M. F pour la transformation d'un garage en habitation et la surélévation d'une maison existante.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".

3. Les moyens invoqués par M. et Mme C à l'appui de leur demande de

suspension et énoncés ci-dessus ne paraissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, il y a lieu, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité tant de la requête au fond que de la requête en référé ni davantage sur la condition d'urgence, de rejeter les conclusions à fin de suspension de la requête ensemble celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants les sommes que demandent la commune de Saint-Etienne et M. F en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Etienne sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Les conclusions présentées par M. F sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme E et D C, à la commune de Saint-Etienne et à M. B F.

Fait à Lyon le 10 août 2022.

La juge des référés,

A. A

La greffière,

F. Gaillard

La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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