vendredi 12 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205617 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 7ème chambre |
| Avocat requérant | PERROUTY |
Vu les procédures suivantes :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 juillet 2022 et le 9 février 2024, la SCI Immo 4 représentée par Me Perrouty, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande de concours de la force publique ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui accorder le concours effectif de la force publique afin de faire procéder à l'expulsion de l'occupant sans titre et de tous occupants du logement situé au 22 rue Général Gouraud à Lyon (69008), à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- la décision implicite de rejet de sa demande de concours de la force publique née le 10 février 2022 méconnaît les dispositions de l'article R. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution dès lors qu'elle n'est pas motivée ;
- en méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles, le refus de l'Etat de prêter son concours n'est pas justifié dès lors d'une part, qu'il n'existe aucune circonstance impérieuse tenant à la sauvegarde de l'ordre public et d'autre part, les conditions d'occupation du logement par l'occupant sans titre et les occupants de son chef laissent craindre des risques de troubles à l'ordre public ;
- par un courriel du 9 décembre 2022, les services préfectoraux l'ont informée de la suspension de la mesure, ce qui privait la décision de concours de la force publique de tout effet utile ; enfin, par un nouveau courriel du 2 janvier 2024, la préfète du Rhône l'a i informée de ce qu'elle avait décidé de lever la mesure de suspension et que l'expulsion pourrait être menée à terme à l'issue de la trêve hivernale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 janvier 2024, la préfète du Rhône conclut à ce qu'il n'y a lieu plus lieu de statuer sur la requête dès lors que par une décision en date du 15 novembre 2022, elle a octroyé le concours de la force publique pour une exécution à compter du 3 avril 2023 à l'issue de trêve hivernale qui court jusqu'au 31 mars 2024.
Par une ordonnance en date du 11 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 janvier 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des procédures civiles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Baux, vice-présidente, pour statuer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Baux,
- les conclusions de M. Pineau, rapporteur public,
- et les observations de Me Perrouty, représentant la SCI Immo 4.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Immo 4 est propriétaire d'un appartement situé au 22 rue Général Gourand, à Lyon (69008). Par un contrat du 21 mars 2016, la société requérante a donné à bail le logement à M. A. En l'absence de paiement des loyers par le locataire, la société requérante a saisi le tribunal judiciaire de Lyon qui a par un jugement en date 17 septembre 2021, d'une part, a constaté la résiliation du bail depuis le 2 mars 2021 et d'autre part, a autorisé l'expulsion locative de la locataire. Si par acte d'huissier du 27 septembre 2021, la SCI Immo 4 a fait signifier à l'occupant sans titre un commandement de quitter les lieux, par un nouvel acte d'huissier du 8 décembre 2021, le maintien dans les lieux de la locataire a été constaté. Le 10 décembre 2021, la société requérante a saisi le préfet du Rhône afin d'obtenir le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion. Une décision implicite de rejet de cette demande étant née le 10 février 2022, la Sci Immo 4 a saisi le tribunal afin qu'il prononce l'annulation de cette décision implicite et qu'il enjoigne à l'administration de lui accorder le concours de la force publique pour exécuter la décision du tribunal judiciaire du 10 décembre 2021.
2. En l'espèce, ainsi que l'oppose la préfète du Rhône, en accordant à la société requérante, par une décision en date du 15 novembre 2022, le bénéfice du concours de la force publique pour une exécution à compter du 3 avril 2023, puis postérieurement à sa suspension, à l'issue de la trêve hivernale, à compter du 31 mars 2024, l'autorité administrative a implicitement mais nécessairement abrogé la décision ayant implicitement rejeté la demande présentée par la SCI Immo 4, le 10 décembre 2021, la circonstance que l'autorité administrative ait suspendu, par un courriel du 9 décembre 2022, l'octroi dudit concours du fait de la reconnaissance à l'occupant sans titre d'un droit prioritaire au logement opposable jusqu'à ce que par un courriel du 2 janvier 2024, la préfète du Rhône ait décidé de lever cette mesure de suspension, étant à cet égard, sans incidence. Par suite, il n'y plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet contestée ni par voie de conséquence sur les conclusions à fin d'injonction y afférentes.
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la SCI Immo 4 et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête.
Article 2 : L'Etat versera à la SCI Immo 4 une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Immo 4 et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2024.
La présidente-rapporteure,
A. Baux
La greffière,
S. Rolland
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
No 2205617
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026