mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205626 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET DAUMIN COIRATON DEMERCIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 juillet 2022 et 24 novembre 2023, la société HGM Ingénierie, représentée par Me Coiraton-Demercière, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer du 2 juin 2022 émis à son encontre par le centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne pour le paiement de la somme de 370 589,92 euros et de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne était incompétent pour émettre le titre exécutoire attaqué ;
- il lui appartient d'établir que le bordereau de titre de recettes a été signé par le directeur des finances ;
- le titre n'indique pas que le montant de la créance est fondé sur une décision juridictionnelle exécutoire, en méconnaissance de la circulaire du 21 mars 2011 relative à la forme et au contenu des pièces de recettes des collectivités territoriales et de leurs établissements ;
- il n'indique pas les bases et les éléments de calcul de la créance, en méconnaissance de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, de la circulaire du 21 mars 2011 et de l'instruction du 16 décembre 2011 relative au recouvrement des recettes des collectivités territoriales et des établissements publics locaux ;
- la créance à l'égard du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne n'est pas fondée dès lors qu'elle est seulement redevable à l'égard de l'institut de cancérologie Lucien Neuwirth ;
- elle n'est pas liquide dans la mesure où la cour administrative d'appel de Lyon n'a pas fixé le montant des intérêts dus ;
- elle est incertaine car contestée dans son montant ;
- une partie des intérêts dus a été réglée par la société Roux Gérald de sorte qu'il ne peut lui être réclamé le paiement de la totalité des intérêts mais seulement 259 412,94 euros ;
- le mode de calcul de ces intérêts est erroné dès lors qu'ils n'ont commencé à courir qu'à compter du 19 novembre 2019, date de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon, en application de l'article 1231-7 du code civil.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 octobre 2023, le centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne, représenté par Me Delcombel, conclut au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à la limitation de la décharge de paiement de la société HGM Ingénierie à la somme de 20 077,77 euros et, en tout état de cause, à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la société HGM Ingénierie en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre un titre de recettes émis de manière superfétatoire, l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon ayant déjà force exécutoire ;
- le titre est régulier et fondé dans son principe et son montant ;
- la décharge sera limitée à la somme de 20 077,77 euros compte tenu du règlement partiel des intérêts dus par la société Roux en décembre 2021 et des intérêts qui courent toujours.
Le centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne a produit un mémoire, enregistré le 22 décembre 2023, qui n'a pas été communiqué.
Par une ordonnance du 20 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- l'ordonnance du juge des référés n°1702320 du 7 décembre 2017 ;
- l'arrêt de la cour administrative d'appel n°19LY01216 du 19 novembre 2019 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lacroix,
- les conclusions de M. Reymond-Kellal, rapporteur public,
- et les observations de Me Sabot, représentant la société HGM Ingénierie, et de Me Debliquis, représentant le centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne ;
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance du 7 décembre 2017, le juge des référés du tribunal administratif de Lyon a notamment condamné in solidum plusieurs sociétés dont la société HGM Guy Huguet, aux droits de laquelle est venue la société HGM Ingénierie, à verser à l'institut de cancérologie Lucien Neuwirth (ICLN), à titre de provision, la somme de 598 247,91 euros assortie des intérêts légaux à compter du 23 mars 2017. Par un arrêt du 19 novembre 2019, la cour administrative d'appel de Lyon a confirmé l'ordonnance sur ce point et décidé que la société HGM Ingénierie et la société Roux Gérald garantiront les sociétés condamnées à hauteur respectivement de 70 et 30 % des sommes mises à leur charge. Par un courrier du 7 décembre 2021, l'ICLN a mis en demeure ces sociétés de procéder au paiement de la somme due en exécution de ces décisions de justice, dont 370 589,92 euros d'intérêts arrêtés à la date du 30 novembre 2011. Le 2 juin 2022, le centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne, venu aux droits de l'ICLN, a émis un avis des sommes à payer à l'encontre de la société HGM Ingénierie pour le paiement de la somme de 370 589,92 euros. Cette dernière demande l'annulation de ce titre et à être déchargée de l'obligation de payer cette somme.
2. Aux termes de l'article L. 111-3 du code des procédures civiles d'exécution : " Seuls constituent des titres exécutoires : / 1° Les décisions des juridictions de l'ordre judiciaire ou de l'ordre administratif lorsqu'elles ont force exécutoire ; / (). ". Aux termes de l'article R. 6145-54-4 du code de la santé publique : " Les produits des établissements publics de santé sont recouvrés : / 1° Soit en vertu de jugements ou de contrats exécutoires ; / 2° Soit en vertu de titres de recettes émis et rendus exécutoires par le directeur de l'établissement. / (). ". Si les décisions du juge des référés n'ont pas, au principal, l'autorité de la chose jugée, elles sont néanmoins, conformément au principe rappelé à l'article L. 11 du code de justice administrative, exécutoires. Il suit de là, d'une part, qu'une ordonnance par laquelle le juge des référés accorde une provision constitue un titre exécutoire dont le recouvrement peut être poursuivi directement et, d'autre part, qu'un titre émis aux mêmes fins par l'ordonnateur de l'établissement public de santé n'a pas de portée juridique propre et ne peut recevoir aucune exécution en cas d'annulation de l'ordonnance du juge des référés par le juge d'appel ou le juge de cassation.
3. Il résulte de l'instruction que l'avis des sommes à payer d'un montant de 370 589,92 euros émis le 2 juin 2022 par le centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne à l'encontre de la société HGM Ingénierie l'a été à la seule fin d'assurer le recouvrement des intérêts dus sur la provision que la société HGM Guy Huguet a été condamnée à verser à l'ICLN par l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lyon du 7 décembre 2017 qui a fixé les intérêts dus à compter du 23 mars 2017. Par suite, ce titre, qui n'a pas de portée juridique propre, n'est pas susceptible de recours.
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société HGM Ingénierie la somme de 1 400 euros à verser au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société HGM Ingénierie est rejetée.
Article 2 : La société HGM Ingénierie versera au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne la somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société HGM Ingénierie et au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne.
Copie en sera adressée à la trésorerie de Saint-Etienne.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Michel, présidente,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La rapporteure,La présidente,
A. LacroixC. Michel
La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026