vendredi 10 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205651 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BENOIT FAVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 juillet 2022 et 27 octobre 2022, Mme A B, représentée par Me Boulloud, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2022 par lequel le maire de Saint-Priest a autorisé la SCI Munier et Fils à procéder à la démolition d'un abri et d'une véranda ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Priest la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le fait que l'attestation du demandeur indiquant qu'il remplit les conditions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme pour déposer sa demande ne soit pas signée dans le dossier de demande du permis de démolir obtenu le 1er février 2021 démontre une fraude, le pétitionnaire ne disposant pas de titre lui permettant de déposer une telle demande ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de forme, faute de viser la version modifiée du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon ;
- le dossier de demande de permis de démolir est incomplet faute de comporter les moyens mis en œuvre dans la démolition pour éviter toute atteinte au château de Saint-Priest, conformément à l'article R. 451-4 du code de l'urbanisme ;
- du fait de cette incomplétude, l'avis de l'architecte des Bâtiments de France est entaché d'illégalité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2022, la commune de Saint-Priest conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme B le versement d'une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le moyen tiré du vice de forme qui entacherait les visas de l'arrêté attaqué est inopérant ;
- les autres moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2022, la SCI Munier et Fils, représentée par la SELARL Cabinet Benoît Favre, conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit fait application à titre subsidiaire des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en toute hypothèse, à ce que soit mis à la charge de Mme B le versement d'une somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, Mme B étant dépourvue d'intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chapard,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Ongotha, substituant Me Favre, pour la SCI Munier et Fils.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Munier et Fils a déposé en mairie de Saint-Priest le 24 mars 2022 une demande de permis de démolir portant sur un abri et une véranda. Par arrêté du 23 mai 2022, le maire a délivré l'autorisation ainsi sollicitée. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / () ". Aux termes de l'article R. 451-1 du même code : " La demande de permis de démolir () / comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis. "
3. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration ou d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Les tiers ne sauraient donc utilement, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, faire grief à l'administration de ne pas en avoir vérifié l'exactitude.
4. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle déclaration ou d'une demande de permis de construire vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de s'opposer à la déclaration ou de refuser la demande de permis pour ce motif.
5. Si la requérante soutient que l'absence de signature de l'attestation prévue par l'article R. 451-1 précité jointe à la demande de permis déposée en mairie le 4 décembre 2020 démontre une fraude de la société pétitionnaire quant à sa qualité pour déposer la demande ayant donné lieu au permis de démolir litigieux du 23 mai 2022, il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire disposait, à cette date, d'informations de nature à établir un caractère frauduleux, alors que l'attestation jointe à la demande ayant donné lieu à ce permis a été signée par la SCI Munier et Fils. En outre, à considérer même que le terrain d'assiette du projet fasse l'objet d'une indivision dont ferait partie la société pétitionnaire, un seul des co-indivisaires peut valablement présenter une demande d'autorisation d'urbanisme. Il appartient alors au seul juge judiciaire, le cas échéant, de se prononcer sur le bien-fondé d'une contestation des travaux en cause par les autres propriétaires, laquelle ne peut, en tout état de cause, caractériser, par elle-même, une fraude du pétitionnaire. Dans ces conditions, le moyen tiré d'une fraude de la SCI Munier et Fils quant à sa qualité pour déposer une demande de permis de démolir doit être écarté.
6. En deuxième lieu, Mme B ne peut utilement soutenir que la décision attaquée vise la version initiale du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon, et pas sa version modifiée, une omission ou une erreur dans les visas d'un acte administratif n'étant pas de nature à en affecter la légalité.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 451-4 du code de l'urbanisme : " Lorsque l'immeuble est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier joint à la demande comprend en outre la description des moyens mis en œuvre dans la démolition pour éviter toute atteinte au patrimoine protégé. ".
8. La circonstance que le dossier de demande de permis ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
9. Si la requérante soutient que le dossier de demande accompagnant le permis litigieux ne comportait aucun élément sur les moyens mis en œuvre pour éviter toute atteinte au château de Saint-Priest, monument historique dans les abords duquel se situe le projet, il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de situation et du document d'insertion graphique, que, tant l'architecte des bâtiments de France que le maire de Saint-Priest, étaient en mesure d'apprécier l'éventuel impact du projet, au demeurant d'ampleur modeste, sur ce monument. Par suite, les moyens tirés de l'incomplétude du dossier de demande et de l'illégalité de l'avis de l'architecte des bâtiments de France en résultant doivent être écartés.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 23 mai 2022.
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Saint-Priest qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. La commune de Saint-Priest ne justifiant pas de frais liés à l'instance, il ne peut être fait droit à sa demande présentée sur ce même fondement. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 400 euros à verser à la SCI Munier et Fils au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à la SCI Munier et Fils la somme de 1 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Saint-Priest présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la commune de Saint-Priest et à la SCI Munier et Fils.
Délibéré après l'audience du 26 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Jean-Pascal Chenevey, président,
- Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,
- Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La rapporteure,
M. Chapard
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026