lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205733 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juillet 2022, Mme A B, représentée par la Selarl BS2A Bescou - Sabatier Avocats Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet du Rhône du 13 juin 2022 portant refus de lui fixer un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour et refus de lui délivrer un tel titre ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou, à défaut, de lui fixer un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour, de l'enregistrement de celle-ci et de la délivrance du récépissé correspondant, dans un délai de 15 jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de la décision attaquée ;
- la décision du 13 juin 2022 est entachée d'un défaut de motivation ;
- le refus de lui fixer un rendez-vous est entaché d'erreur de droit ;
- le refus critiqué résulte d'un défaut d'examen de sa situation et d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui, en dépit d'une mise en demeure, n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu le rapport de M. Gille au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 21 septembre 2021, Mme B a sollicité un rendez-vous auprès des services de la préfecture du Rhône sur la plateforme " demarches-simplifiees.fr " en vue du dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Elle demande l'annulation de la décision, matérialisée par un courrier électronique du 13 juin 2022 qui lui a été adressé sur la messagerie de ce site, portant rejet de sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il est constant que les demandes d'admission exceptionnelle au séjour sont au nombre de celles dont les services de l'Etat ont prévu le dépôt en préfecture lors d'un rendez-vous devant lui-même être sollicité en ligne par les intéressés sur la plateforme numérique dénommée " demarches-simplifiees.fr ". Alors que la préfète du Rhône n'a pas produit de mémoire en défense, il n'est pas allégué que la démarche de Mme B présentait un caractère abusif ou dilatoire justifiant qu'il n'y soit pas donné suite. Par suite, eu égard aux conséquences de la détention par la requérante du récépissé devant en principe lui être remis après un enregistrement de sa demande ainsi qu'à son droit de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombait à l'autorité administrative de fixer un rendez-vous à Mme B afin de la recevoir en préfecture en vue du dépôt de sa demande.
3. Pour refuser expressément de convoquer la requérante en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour, la préfète du Rhône s'est fondée sur l'absence de changement dans la situation de Mme B depuis le rejet d'une précédente demande. Si, contrairement à ce que soutient la requérante, la teneur de ce motif ne confère pas à la décision en cause la nature d'un refus de titre de séjour, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que Mme B est fondée à soutenir qu'un refus de rendez-vous ne pouvait légalement lui être opposé et à demander pour ce motif l'annulation de la décision du 13 juin 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Eu égard à ses motifs et sous réserve d'un changement de circonstances qui y ferait obstacle, l'exécution du présent jugement implique que la préfète du Rhône convoque Mme B à un rendez-vous en préfecture en vue du dépôt et, le cas échéant, de l'enregistrement de sa demande de titre de séjour. Il y a lieu de lui adresser une injonction en ce sens et de lui impartir un délai d'un mois pour s'y conformer. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte qui est demandée.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce et en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme B de la somme de 1 000 euros au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet du Rhône du 13 juin 2022 est annulée.
Article 2 : Sous la réserve mentionnée au point 4, il est enjoint à la préfète du Rhône de convoquer Mme B en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 27 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 3 juin 2024.
Le président, rapporteur,
A. Gille
L'assesseur le plus ancien,
F.-X. Richard-Rendolet
La greffière,
F. de Biasi
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026