mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205743 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | FLANDIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2022, M. B A et Mme C A, agissant tant en leur nom propre qu'en qualité de représentants légaux de leur fils D, représentés par Me Flandin, demandent au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à verser à M. D A la somme de 30 000 euros au titre des préjudices subis en raison de l'absence de place disponible en instituts médicoéducatifs pour leur fils ;
2°) de condamner l'Etat à verser à Mme C A la somme de 30 000 euros au titre de son préjudice moral ;
3°) de condamner l'Etat à verser à M. B A la somme de 2 000 euros au titre de son préjudice moral ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- en application des dispositions de l'article L.246-1 du code de l'action sociale et des familles, la carence de l'Etat est révélée par l'absence de place disponible pour leur fils D, en instituts médicaux spécialisés depuis 2016 ;
- les préjudices de M. D A doivent être évalués à la somme de 30 000 euros ;
- le préjudice moral de Mme C A doit être évalué à la somme de 30 000 euros ;
- le préjudice moral de M. B A doit être évalué à la somme de 2 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 mars 2023, l'Agence régionale de santé Auvergne Rhône-Alpes, représentée par Me Francia, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la carence de l'Etat n'est pas caractérisée dès lors que les requérants n'établissent pas avoir effectué toutes les diligences nécessaires et notamment avoir contacté tous les établissements susceptibles d'accueillir leur enfant ou avoir remis un dossier d'inscription complet, que leur fils a pu bénéficier d'une prise en charge dans le cadre d'un dispositif adapté à son handicap en classe ULIS et que la famille a décliné la place proposée pour la rentrée 2022 en raison de son déménagement dans un autre département ;
- la réalité et le quantum des préjudices allégués de M. D A ne sont pas démontrés ;
- les requérants ne démontrent aucun lien direct et certain entre le préjudice de Mme A et la carence reprochée ;
-le préjudice invoqué de M. B A n'est établi par aucune pièce.
La clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 12 janvier 2024 par une ordonnance du 28 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jorda, conseillère,
- les conclusions de Mme Fullana-Thévenet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Flandin, représentant M. et Mme A, ainsi que celles de Me Grosjean, représentant l'Agence régionale de santé Auvergne Rhône-Alpes.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, né le 8 janvier 2010, a été diagnostiqué comme souffrant d'un trouble relevant du spectre autistique. Bénéficiant d'une orientation en institut médicoéducatif depuis 2016, il n'y a toutefois jamais été accueilli. Estimant avoir subi des préjudices en raison de la carence de l'Etat dans la prise en charge de leur enfant, ses parents, M. B A et Mme C A, agissant tant en leur nom personnel qu'en qualité de représentants légaux de leur fils, ont adressé le 30 mars 2022 une demande indemnitaire préalable au ministre de la santé et des solidarités, qui a été implicitement rejetée. Par la présente requête, M. et Mme A demandent au tribunal de condamner l'Etat à leur verser la somme totale de 62 000 euros au titre des préjudices subis.
2. Aux termes de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles : " I. - La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : / 1° Se prononcer sur l'orientation de la personne handicapée et les mesures propres à assurer son insertion scolaire ou professionnelle et sociale ; / 2° Désigner les établissements, les services mentionnés à l'article L. 312-1 ou les dispositifs au sens de l'article L. 312-7-1 correspondant aux besoins de l'enfant ou de l'adolescent ou concourant à la rééducation, à l'éducation, au reclassement et à l'accueil de l'adulte handicapé et en mesure de l'accueillir () ". Et l'article L.246-1 du même code dispose que : " Toute personne atteinte du handicap résultant du syndrome autistique et des troubles qui lui sont apparentés bénéficie, quel que soit son âge, d'une prise en charge pluridisciplinaire qui tient compte de ses besoins et difficultés spécifiques. Adaptée à l'état et à l'âge de la personne, cette prise en charge peut être d'ordre éducatif, pédagogique, thérapeutique et social. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que le droit à une prise en charge pluridisciplinaire est garanti à toute personne atteinte du handicap résultant du syndrome autistique, quelles que soient les différences de situation. Si, eu égard à la variété des formes du syndrome autistique, le législateur a voulu que cette prise en charge, afin d'être adaptée aux besoins et difficultés spécifiques de la personne handicapée, puisse être mise en œuvre selon des modalités diversifiées, notamment par l'accueil dans un établissement spécialisé ou par l'intervention d'un service à domicile, c'est sous réserve que la prise en charge soit effective dans la durée, pluridisciplinaire, et adaptée à l'état et à l'âge de la personne atteinte de ce syndrome. En application de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles, il incombe par conséquent à la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), à la demande des parents, de se prononcer sur l'orientation des enfants atteints du syndrome autistique et de désigner les établissements ou les services correspondant aux besoins de ceux-ci et étant en mesure de les accueillir, ces structures étant tenues de se conformer à la décision de la commission. Ainsi, il incombe à l'Etat, au titre de sa mission d'organisation générale du service public de l'éducation, et, le cas échéant, de ses responsabilités à l'égard des établissements sociaux et médico-sociaux, de prendre l'ensemble des mesures et de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour que ce droit et cette obligation aient, pour les enfants en situation de handicap, un caractère effectif.
4. Lorsqu'un enfant autiste ne peut être pris en charge par l'une des structures désignées par la CDAPH en raison du manque de places disponibles, l'absence de prise en charge pluridisciplinaire qui en résulte est, en principe, de nature à révéler une carence de l'Etat dans la mise en œuvre des moyens nécessaires pour que cet enfant bénéficie effectivement d'une telle prise en charge dans une structure adaptée, et constitutive d'une faute de nature à engager sa responsabilité. La responsabilité de l'Etat doit toutefois être appréciée en tenant compte, s'il y a lieu, du comportement des responsables légaux de l'enfant, lequel est susceptible de l'exonérer, en tout ou partie, de sa responsabilité.
5. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 7 août 2013, la CDAPH de la métropole du Grand Lyon a décidé, dans le cadre de son projet personnalisé de scolarisation, de permettre à D de bénéficier d'une aide humaine de douze heures par semaine pour poursuivre sa scolarisation en milieu ordinaire. Par une décision du 10 mars 2016, la CDAPH a fixé la liste des instituts médicoéducatifs (IME) susceptibles d'accueillir D, à savoir : L'oiseau blanc à Décines Charpieu, Jean Bourjade à Villeurbanne, La maison de sésame à Genilac, Teranga à Tassin-la-Demi-Lune, Perce Neige à Thizy les Bourgs, La cerisaie à Bessenay ou à l'institut jeunes aveugles-primevères à Lyon. Par une décision du 27 avril 2017, la CDAPH a ajouté les IME du Val de Saône et de la Halte Montabarlet à cette liste. Dans sa décision du 6 août 2019, la CDAPH a établi une nouvelle liste comprenant des IME du Nord-Isère, à savoir Le domaine de Saint Clair, Les Hauts de Saint-Roch, Les magnolias ainsi que le dispositif La Parenthèse adossé aux Primevères à Lyon, en visant en outre tout autre établissement ou service de même type. A la même date, la CDAPH lui a également attribué une aide humaine individuelle de neuf heures par semaine. Enfin, par une décision du 26 octobre 2022, la CDAPH l'a orienté vers La halte Montaberlet ou la plateforme Passerelle ou tout autre structure semblable.
6. Si les requérants allèguent que Mme A a effectué de nombreuses et vaines tentatives pour trouver une place en IME à D, les pièces produites au dossier et notamment les échanges avec la présidence de la République ou l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, le courrier de soutien du maire de Décines ne sont pas suffisants pour l'établir. De même, en se bornant à transmettre le courrier, rédigé le 13 février 2024 par la directrice de l'IME La Côtière, attestant de l'enregistrement de leur enfant sur liste d'attente depuis septembre 2021, ils n'établissent pas que Mme A aurait eu depuis 2016 des échanges avec tous les IME listés par la CDAPH, et qu'aucune place n'aurait été disponible dans aucun de ces établissements sur cette période. A l'inverse, il résulte des pièces produites en défense que la directrice de l'IME Val de Saône, figurant sur la liste des IME susceptibles d'accueillir l'enfant depuis avril 2017, atteste qu'aucun dossier d'inscription n'a été déposé par la famille, que l'IME La maison de Sésame, qui figure sur la liste depuis la première décision de la CDAPH orientant l'enfant en IME, indique que la famille n'a pas déposé de dossier d'inscription complet avant le 11 mars 2021, et que la famille a décliné la place attribuée à l'IME Pierre de Lune / Halte Montaberlet comme il ressort d'un courrier électronique de l'assistante sociale de l'établissement du 27 juillet 2022. Dans ces conditions, les requérants ne produisent aucun commencement de preuve permettant d'établir qu'ils ont accompli les diligences nécessaires pour faire inscrire leur enfant dans tous les établissements listés dans les décisions précitées de la CDAPH, ni qu'ils auraient essuyé des refus de la part de tous ces IME. Par suite, l'ensemble des pièces produites par les requérants ne sont pas suffisantes pour révéler l'existence d'une carence de l'Etat.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fins indemnitaires présentées par M. et Mme A, tant en leur nom propre qu'au nom de leur enfant D, doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à Mme C A et à l'Agence régionale de santé Auvergne Rhône-Alpes.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bour, présidente ;
Mme Jorda, conseillère ;
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,
V. JordaLa présidente,
A-S. Bour
La greffière,
C. Delmas
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026