mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205756 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | ROYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juillet 2022, Mme B C, représentée par Me Royon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2022 par lequel la préfète de la Loire l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à sa mission d'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'arrêté a été pris par une personne incompétente ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;
- la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée à la préfète de la Loire, qui n'a pas produit de mémoire en défense, mais a produit des pièces le 19 septembre 2022.
Par une décision du 9 septembre 2022, le bureau d'aide juridictionnelle a admis Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. A.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante arménienne née en 1990, est entrée en France en novembre 2021, avec son mari et ses deux enfants. Elle a présenté une demande d'asile, qui a été rejetée par décision du 17 mars 2022 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Par arrêté du 6 juillet 2022, la préfète de la Loire l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office. Mme C demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur la légalité de l'arrêté du 6 juillet 2022 :
En ce qui concerne le moyen commun aux différentes décisions :
2. L'arrêté attaqué a été signé par M. Dominique Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture de la Loire, titulaire d'une délégation de signature à cet effet par arrêté de la préfète de la Loire en date du 5 mai 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Loire du 6 mai 2022. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la requérante ne séjournait en France que depuis quelques mois, à la date de la décision attaquée. Si elle fait valoir qu'elle est enceinte, les pièces médicales qu'elle produit, qui fixent d'ailleurs au 30 mai 2022 la date de début de grossesse, ne permettent pas d'établir qu'elle ne pouvait voyager à la date de la mesure d'éloignement contestée. Dans ces conditions, et alors qu'il ne ressort des pièces du dossier ni que l'état de santé de son mari ferait obstacle à ce qu'il quitte le territoire français ni que les intéressés ne pourraient mener une vie familiale normale hors de France et notamment en Arménie, en raison des risques auxquels ils seraient exposés, la décision obligeant Mme C à quitter le territoire français ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. En deuxième lieu, si la requérante fait valoir que sa fille aînée est scolarisée en France, et que son deuxième enfant doit l'être prochainement, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces derniers ne pourraient poursuivre leur scolarité en Arménie. Dans ces conditions, et alors que cette décision n'a pas pour effet de séparer les enfants de leurs parents, qui ont font l'objet de mesures d'éloignement le même jour, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas l'intérêt supérieur de ces enfants, protégé par l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant.
6. Enfin, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'indiquant pas par elle-même le pays vers lequel doit être réalisée la mesure d'éloignement, le moyen tiré par le requérant des risques encourus en Arménie et de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant.
En ce qui concerne le pays de destination :
7. En premier lieu, la décision fixant le pays de destination cite les dispositions applicables et précise que Mme C, dont la demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans le pays dont elle a la nationalité. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision fixant le pays de destination ne peut qu'être écarté.
8. En deuxième lieu, pour les motifs exposés au point 4, et alors que la décision n'a pas pour effet de séparer la requérante de son mari, de même nationalité, le moyen selon lequel la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
10. Si la requérante fait valoir qu'elle a présenté de nouveaux éléments à l'appui de son recours devant la Cour nationale du droit d'asile, et notamment deux convocations envoyées à son mari dans le cadre d'une enquête pénale pour désertion, ces seuls éléments, en l'absence d'ailleurs d'autres indications sur les menaces auxquelles elle prétend être exposée, ne sont pas de nature à établir la réalité de risques personnels de traitements prohibés par les stipulations précitées en cas de retour dans son pays, alors au demeurant que son recours a été rejeté le 22 juin 2022 par la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, le moyen doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté du 6 juillet 2022 de la préfète de la Loire est entaché d'illégalité et à en demander l'annulation. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de la requête doivent également être rejetées, de même que les conclusions tendant à l'application combinée des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la préfète de la Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
Thierry A La greffière,
Sophie Lecas
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026