LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2205773

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2205773

vendredi 12 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2205773
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantFERRON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Ferron, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 mai 2022 par laquelle le recteur de l'académie de Lyon a rejeté sa contestation du titre de perception en date du 8 novembre 2021 faisant état d'un indu sur rémunération d'un montant de 7 419,40 euros ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Lyon, dans un délai deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à titre principal, de régulariser sa situation et de lui rembourser les sommes illégalement répétées, à titre subsidiaire, de procéder à une nouvelle instruction de sa situation et au réexamen de ses droits ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée en droit et en fait ;

- la décision du 28 octobre 2021 portant " trop perçu sur rémunération " retire la décision du 25 août 2020 créatrice de droit et méconnait les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision est entachée d'erreurs de droit et d'appréciation s'agissant du régime du temps de travail applicable, dès lors qu'elle a été recrutée sur un emploi à temps complet exercé à temps partiel.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 janvier 2024, le recteur de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes, recteur de l'académie de Lyon, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les dispositions combinées des articles 4 et 6 de la loi du 11 janvier 1984 ne permettent pas de recruter un agent contractuel à temps incomplet sur le fondement des dispositions de l'article 4 de cette loi ;

- la décision contestée est suffisamment motivée ;

- la décision du 25 août 2020 lui octroyant un plein traitement résulte d'une erreur de liquidation et n'a pas la nature d'une décision créatrice de droit ;

- l'intéressée a été recrutée sur le fondement de l'article 6 de la loi du 11 janvier 1984, quand bien même son contrat vise par erreur les dispositions de l'article 4-2° de cette loi et que ses fiches de paye comportent la mention erronée qu'elle exerce à " temps partiel " ; en tout état de cause, aucune demande de travail à temps partiel n'a été reçue.

Par une lettre du 20 mars 2024, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions tendant à ce que soit prononcée l'annulation de la décision du 10 mai 2022 par laquelle le recteur de l'académie de Lyon a rejeté la contestation de Mme A contre le titre de perception en date du 8 novembre 2021 faisant état d'un indu sur rémunération d'un montant de 7 419,40 euros relèvent, pour la somme de 7 301,88 euros correspondant à des indemnités journalières de sécurité sociale, de la compétence des juridictions judiciaires et doivent donc être regardées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 ;

- le décret n°86-83 du 17 janvier 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bertolo,

- les conclusions de M. Pineau, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a été recrutée par le rectorat de l'académie de Lyon en qualité de médecin contractuel santé scolaire et a bénéficié de trois contrats successifs, du 1er janvier au 31 août 2019, du 1er septembre 2019 au 31 août 2020 et enfin, du 1er septembre 2020 au 31 août 2021, sur une quotité de travail de 60%. Par un arrêté du 25 août 2020, l'intéressée a été placée en congé de maternité du 2 décembre 2020 au 1er juin 2021 puis rétablie dans ses droits à plein traitement. Toutefois, le 28 octobre 2021, Mme A a été informée de ce qu'ayant bénéficié d'un trop perçu de rémunération, durant son congé de maternité, un titre de perception d'un montant de 7 419,40 euros était émis à son encontre par la direction générale des finances publiques, le 8 novembre 2021. La requérante demande au tribunal de prononcer l'annulation de la décision du 10 mai 2022 par laquelle le recteur de l'académie de Lyon a rejeté son recours administratif préalable obligatoire à l'encontre du titre de recettes contesté.

Sur la créance contestée correspondant au recouvrement d'indemnités journalières de sécurité sociale :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale () ". Et selon les termes de l'article L. 142-8 du même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 ; () ". Ces dispositions attribuent compétence au juge judiciaire pour connaître des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale.

3. D'autre part, aux termes des articles L. 321-1 et L. 323-1 et suivants du code de la sécurité sociale, l'assurance maladie comporte pour l'assuré social le droit à une indemnité journalière s'il se trouve dans l'incapacité physique constatée par le médecin traitant, notamment du fait de maladie. Selon les termes de l'article R. 323-11 du même code : " La caisse primaire de l'assurance maladie n'est pas fondée à suspendre le service de l'indemnité journalière lorsque l'employeur maintient à l'assuré, en cas de maladie, tout ou partie de son salaire ou des avantages en nature, soit en vertu d'un contrat individuel ou collectif de travail, soit en vertu des usages, soit de sa propre initiative. / Toutefois, lorsque le salaire est maintenu en totalité, l'employeur est subrogé de plein droit à l'assuré, quelles que soient les clauses du contrat, dans les droits de celui-ci aux indemnités journalières qui lui sont dues. / Lorsque, en vertu d'un contrat individuel ou collectif de travail, le salaire est maintenu en totalité ou en partie sous déduction des indemnités journalières, l'employeur qui paie tout ou partie du salaire pendant la période de maladie sans opérer cette déduction est subrogé de plein droit à l'assuré dans ses droits aux indemnités journalières pour la période considérée, à condition que le salaire maintenu au cours de cette période soit au moins égal au montant des indemnités dues pour la même période. /Dans les autres cas, l'employeur est seulement fondé à poursuivre auprès de l'assuré le recouvrement de la somme correspondant aux indemnités journalières, dans la limite du salaire maintenu pendant la même période. ". Enfin, l'article 2 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'État prévoit que : " La réglementation du régime général de sécurité sociale ainsi que celle relative aux accidents du travail et aux maladies professionnelles sont applicables, sauf dispositions contraires, aux agents contractuels () ".

4. Il résulte de ce qui précède que le critère de la compétence des organismes du contentieux de la sécurité sociale est, en ce qui concerne les agents publics, lié non à la qualité des personnes en cause, mais à la nature même du différend. Par conséquent, les litiges à caractère individuel qui peuvent s'élever au sujet de l'affiliation d'une personne à un régime de sécurité sociale relèvent de la compétence des juridictions du contentieux général de la sécurité sociale. Il en va ainsi, même dans le cas où les décisions contestées sont prises par des autorités administratives, dès lors que ces décisions sont inhérentes à la gestion, suivant des règles de droit privé, du régime de sécurité sociale en cause.

5. Il résulte de l'instruction que si l'État a maintenu une rémunération à Mme A pendant la durée de son congé de maternité du 2 décembre 2020 au 1er juin 2021, elle a également bénéficié du versement d'indemnités journalières de sécurité sociale en complément de son traitement. Le titre exécutoire du 8 novembre 2021 faisant état d'un indu sur rémunération d'un montant de 7 419,40 euros correspond pour la somme de 7 301,88 euros au recouvrement d'indemnités journalières de sécurité sociale et pour le surplus, soit 117,52 euros, à deux jours de carence. L'action de la requérante contre la somme qui lui est réclamée de 7 301,88 euros qui correspond au remboursement de ces indemnités journalières, pour lesquelles l'employeur est subrogé de plein droit à l'assuré, se rattache à la récupération de prestations versées à un assuré social en application du code de la sécurité sociale. Un tel litige relève de la compétence des juridictions judiciaires.

Sur le surplus de la créance :

6. Aux termes de l'article 115 de la loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018 : " I. - Les agents publics civils et les militaires en congé de maladie et les salariés en congé de maladie pour lesquels l'indemnisation de ce congé n'est pas assurée par un régime obligatoire de sécurité sociale ou est assurée par un régime spécial de sécurité sociale mentionné à l'article L. 711-1 du code de la sécurité sociale ne bénéficient du maintien de leur traitement ou de leur rémunération, ou du versement de prestations en espèces par l'employeur qu'à compter du deuxième jour de ce congé. ".

7. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision du 10 mai 2022 doit être regardée comme une décision de rejet d'une réclamation préalable obligatoire formée à l'encontre du titre de perception en date du 8 novembre 2021, ayant pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de l'intéressée qui, en formulant les conclusions visées ci-dessus, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision ne peut qu'être écarté comme inopérant dès lors que ce vice propre est sans incidence sur la solution du litige.

8. En second lieu, il résulte de l'instruction que le titre exécutoire du 8 novembre 2021 fait état d'un indu sur rémunération d'un montant de 117,52 euros, correspondant à deux jours de carence. Si Mme A soutient, d'une part, que la décision du 25 août 2020 serait une décision créatrice de droit et que la décision du 28 octobre 2021 méconnait les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration et, d'autre part, que la décision du 10 mai 2022 serait entachée d'erreurs de droit et d'appréciation quant au régime du temps de travail applicable, ces moyens ne critiquent pas utilement l'application qui lui a été faite, de deux jours de carence et sont ainsi sans incidence sur le bien-fondé de cette créance.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A, en tant qu'elle conteste le recouvrement de la somme de 117,52 euros correspondant à deux jours de carence, doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de Mme A dirigées contre la décision du 10 mai 2022 par laquelle le recteur de l'académie de Lyon a rejeté sa contestation contre le titre de perception en date du 8 novembre 2021 faisant état d'un indu sur rémunération d'un montant de 7 419,40 euros, n'appelle aucune mesure d'exécution.

Sur les frais liés au litige :

11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme A présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E

Article 1er : La requête de Mme A, en tant qu'elle conteste le recouvrement de la somme de 7 301,88 euros correspondant à des indemnités journalières de sécurité sociale, est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée au recteur de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes, recteur de l'académie de Lyon.

Délibéré après l'audience du 29 mars 2024, où siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Bertolo, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2024.

Le rapporteur,

C. Bertolo

La présidente,

A. Baux

La greffière,

S. Rolland

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions