vendredi 5 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205815 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | LOUVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés les 29 juillet, 2 août et 5 août 2022, sous le n° 2205815, Mme D C, alors détenue au centre pénitentiaire de Saint-Etienne La Talaudière, représentée par Me Mailly demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision en date du 27 juillet 2022 par laquelle la préfète de la Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, au profit de son conseil, la somme de 1 200 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Mme C soutient que :
1°) s'agissant de l'ensemble des décisions :
- elles sont entachées d'incompétence ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation personnelle et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
2°) s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-1, 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) s'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) s'agissant de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois :
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle justifie de circonstances humanitaires.
Par un mémoire en défense enregistré au greffe le 3 août 2022, la préfète de la Loire a conclu au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par l'article L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience du 5 août 2022 :
- le rapport de M. Pineau, magistrat désigné,
- les observations de Me Mailly, avocate pour Mme C, qui a repris les moyens et conclusions de la requête. Elle indique que Mme C, avant son incarcération, n'avait jamais troublé l'ordre public malgré sa durée de présence en France et elle a bénéficié d'une remise de peine et démontré une volonté d'intégration lors de son incarcération, démontrant que la mesure d'éloignement ne peut être fondée sur la menace à l'ordre public. Sa situation familiale s'oppose également aux décisions attaquées dans la mesure où ses deux enfants sont en France. S'ils sont actuellement placés et si Mme C ne dispose pas d'un droit de visite, la situation sera réévaluée en septembre 2022 par le juge des enfants et l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en faisant obstacle à ce que Mme C puisse reprendre contact avec ses enfants, leur père étant incarcéré pour une plus longue peine. Enfin, la requérante n'a aucune attache dans son pays d'origine, n'ayant jamais vécu en Serbie et n'en maîtrisant pas la langue.
- les observations de Mme C, requérante, assisté de Mme G, interprète en langue serbe, qui répond aux questions posées par le tribunal dans le cadre de l'instruction s'agissant des conditions de son séjour en France, de ses attaches familiales. Elle souligne sa volonté de ne pas laisser ses enfants seuls en France et de s'intégrer pour repartir sur de bonnes bases et permettre à ses enfants de bien grandir.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C. ressortissante serbe née le 17 juin 1992, a fait l'objet par un arrêté de la préfète de la Loire en date du 27 juillet 2022 de décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois. Mme C demande au tribunal de prononcer l'annulation de ces décisions.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions du III de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
3. En premier lieu, la décision attaquée, en date du 27 juillet 2022, a été signée par Mme F B, directrice de cabinet, qui a reçu délégation pour signer les décisions en litige par un arrêté de la préfète de la Loire du 12 juillet 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du lendemain, en cas d'absence ou d'empêchement de M. Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence dont seraient entachées les décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.
4. En second lieu, il ne ressort ni des termes des décisions contestées, ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète de la Loire n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme C avant d'édicter à son encontre les décisions en litige. Si la requérante fait état de ce qu'elle résiderait en France depuis près de dix ans, sans toutefois produire des éléments pour l'établir, alors qu'au demeurant l'un de ses enfants est né en Allemagne en 2014, il ressort de la lecture de l'arrêté en litige que la préfète a relevé la durée de séjour invoquée par l'intéressée et son absence de démarches pour solliciter la délivrance d'un titre de séjour. S'il est loisible à la requérante de contester l'appréciation portée par l'autorité administrative s'agissant de ses attaches en France, cette divergence d'analyse ne saurait établir le défaut d'examen invoqué alors que l'arrêté attaqué rappelle les faits saillants de sa situation familiale en précisant que son concubin, en situation irrégulière, est également incarcéré et que leurs deux enfants sont placés en famille d'accueil. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur de droit en l'absence d'examen particulier doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".
6. Pour faire obligation de quitter le territoire français à Mme C, la préfète de la Loire s'est fondée sur les dispositions précitées en relevant que son comportement représente une menace pour l'ordre public, se fondant sur la condamnation de Mme C à une peine d'un an d'emprisonnement pour des faits de vol aggravé par trois circonstances et fourniture d'identité imaginaire et sur son incarcération subséquente au centre pénitentiaire de Saint-Etienne La Talaudière. La requérante fait état de son bon comportement en prison, lui ayant permis de bénéficier d'une réduction de peine et de ce qu'elle a suivi des formations lors de son incarcération. Toutefois, dès lors que la requérante a été condamnée à une peine d'emprisonnement d'un an et qu'elle a été incarcérée, la préfète a pu sans commettre d'erreur d'appréciation s'agissant de la menace pour l'ordre public faire obligation de quitter le territoire français à Mme C sur le fondement des dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
8. Mme C fait état de la durée de sa présence en France, des liens qu'elle a noués au cours de son séjour et de ce que ses deux enfants sont présents sur le territoire national, ces derniers n'ayant fait l'objet que d'un placement temporaire en raison de son incarcération et de celle de leur père. Toutefois, la requérante ne produit aucun justificatif pour démontrer qu'elle résiderait en France depuis 2012 et, au demeurant, la seule durée de son séjour ne saurait démontrer, par elle-même, que Mme C disposerait d'attaches anciennes, stables et pérennes alors qu'il est constant que le compagnon, incarcéré à Roanne, est également dépourvu de droit au séjour en France. S'il est vrai que ses deux enfants, son fils né le 12 avril 2014 en Allemagne et leur fille née le 29 février 2016 à Alès, sont également présents en France, il ressort de la lecture de la décision en litige que les deux enfants de A C ont été placés auprès des services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) de Haute-Loire, en application d'une ordonnance rendue le 13 décembre 2021, et que ce placement a été renouvelé jusqu'au 31 décembre 2022 par un jugement du 23 décembre 2021, jugement versé à l'instance dont il ressort les importances carences éducatives des deux enfants. Il ressort également des pièces produites en défense que par une ordonnance du 9 mai 2022, le juge des enfants a refusé la demande présentée tendant à ce que les enfants de la requérante soient confiés à leur oncle et a suspendu, pour une durée de quatre mois, les droits de visite parentaux. Par suite, dès lors qu'à la date de la décision en litige, la requérante ne dispose pas d'un droit de visite auprès de ses deux enfants mineurs qui sont placés auprès de l'ASE, la décision par laquelle la préfète de la Loire a lui a fait obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme portant atteinte à l'intérêt supérieur de ses deux enfants mineurs, ni davantage comme ayant porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent ainsi être écartés. Par les mêmes motifs et l'absence d'argumentation spécifique, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation sera également écarté.
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
9. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () ".
10. En premier lieu, ainsi qu'il a été exposé au point 6, dès lors que Mme C a été condamnée à un an d'emprisonnement et a été incarcérée au centre pénitentiaire de Saint-Etienne La Talaudière, la préfète de la Loire a pu valablement se fonder sur le fait que son comportement constitue une menace pour l'ordre public pour lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire et la préfète n'a ni méconnu ni fait une inexacte application des dispositions des articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En second lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent, en l'absence de toute argumentation distincte dirigée spécifiquement contre la mesure d'éloignement, être écartés par les mêmes motifs que ceux qui ont été exposés au point 8.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
12. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
13. Mme C soutient qu'elle ne pourrait poursuivre sa vie privée et familiale en Serbie, pays dont elle ne maîtriserait pas la langue et où elle n'aurait jamais vécu. Toutefois, la requérante est de nationalité serbe ainsi qu'il ressort des éléments produits par la préfète en défense, relativement aux diligences réalisées par le service d'identification de la DZPAF à partir des empreintes digitales de l'intéressée et la saisine des autorités serbes, kosovares et monténégrines. En effet, Mme C a été titulaire, en Serbie, d'un document de voyage valide du 28 décembre 2011 au 28 décembre 2021 n'ayant été ni déclaré volé, ni déclaré perdu en Serbie. Par suite, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation ni méconnaître les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que la préfète de la Loire a pu fixer au pays dont Mme C à la nationalité ou tout pays où elle est légalement admissible, le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office. Enfin, pour les motifs exposés précédemment s'agissant de la situation des enfants de A C, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant sera écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois mois :
14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
15. Il ressort de la lecture de la décision attaquée que la préfète de la Loire a estimé que, compte tenu des circonstances au cas d'espèce, une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois ne porte pas atteinte disproportionnée à son droit respect de sa vie privée et familiale du fait que ses enfants sont placés jusqu'au 31 décembre 2022 et qu'elle pourra revenir régulièrement en France à l'issue de son interdiction de retour. Toutefois, la requérante fait valoir à l'audience que son droit de visite sera réévalué par le juge des enfants au mois de septembre 2022. De surcroit, il ne peut être contesté qu'en raison de la présence de ses deux enfants sur le territoire national et même si ces derniers sont placés auprès de l'ASE, Mme C dispose en France de liens d'une nature particulière et que la décision attaquée fait obstacle à ce qu'elle puisse revenir en France où se trouvent ses deux enfants mineurs. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences et à demander, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, l'annulation de cette décision.
16. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme C est seulement fondée à solliciter l'annulation de la décision du 27 juillet 2022 par laquelle la préfète de la Loire a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois.
Sur les frais liés aux litiges :
17. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par Mme C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DECIDE :
Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article2 : La décision du 27 juillet 2022 par laquelle la préfète de la Loire a prononcé à l'encontre de Mme C une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois est annulée.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2205815 de Mme C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à Me Mailly à la préfète de la Loire.
Lu en audience publique le 5 août 2022.
Le magistrat désigné,
N. E
La greffière,
F. Gaillard
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026