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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2205840

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2205840

mardi 2 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2205840
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantMANTIONE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 juillet 2022, sous le n° 2205840, M. A D retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry (69125 Lyon - Saint Exupéry) demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision en date du 28 juillet 2022 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, au profit de son conseil, la somme de 1 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

M. D soutient que :

1°) s'agissant de l'ensemble des décisions :

- elles sont entachées d'incompétence ;

- elles sont entachées d'un défaut de motivation et d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation personnelle ;

2°) s'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

3°) s'agissant de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans :

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est disproportionnée au regard de sa situation personnelle dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Le 1er août 2022, le préfet du Puy-de-Dôme a versé des pièces au dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience du 2 août 2022 :

- le rapport de M. Pineau, magistrat désigné,

- les observations de Me Mantione, avocate pour M. D, qui a repris les moyens et conclusions de la requête en se désistant toutefois du moyen tiré de l'incompétence suite aux pièces produites en défense. Les conditions d'interpellation de M. D constituent un élément déterminant dans l'édiction des décisions contestées, or M. D a toujours contesté les faits qui lui étaient reprochés, n'étant pas l'auteur de l'agression mais la victime d'une rixe au cours de laquelle il n'a fait que se défendre, sa garde à vue ayant d'ailleurs abouti à un classement sans suite pour désistement des plaignants. En conséquence, M. D ne peut être regardé comme constituant une menace pour l'ordre public susceptible de fonder les décisions en litige. S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire, le classement sans suite à l'issue de la garde-à-vue constitue une circonstance particulière devant conduire à l'octroi d'un délai de départ volontaire. Enfin, s'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, elle présente un caractère disproportionné notamment en raison des attaches dont le requérant justifie en France puisque son fils, né en Algérie et reconnu après sa naissance, vit à Marseille avec sa mère qui effectue des démarches pour obtenir un titre de séjour.

- les observations de M. D, requérant, assisté de Mme C, interprète en langue arabe, qui répond aux questions posées par le tribunal s'agissant de son parcours sur le territoire français et des attaches dont il y dispose. Il indique avoir travaillé depuis son arrivée en France, sur les marchés et comme laveur de voiture, n'avoir jamais troublé l'ordre public, les faux documents qu'il avait acquis étant seulement destinés à lui permettre de travailler. Il indique avoir été la victime de l'agression, raison pour laquelle ses agresseurs n'ont pas déposé plainte car ils n'y avaient aucun intérêt.

- les observations de Me Tomasi, représentant le préfet du Puy-de-Dôme, qui conclut au rejet de la requête dont les moyens ne sont pas fondés. S'agissant de la menace à l'ordre public, le préfet n'est pas lié par le classement sans suite de la plainte et il lui appartient au contraire de prévenir les troubles à l'ordre public par des mesures de police, l'absence de poursuites pénales ne suffisant pas à démontrer l'absence d'atteinte à l'ordre public, caractérisée en l'espèce par la rixe ayant conduit à l'interpellation du requérant. Si l'affaire a été classée sans suite en l'absence de dépôt de plainte, il ressort des pièces que les autres protagonistes de la rixe ont fui car se trouvant également en situation irrégulière en France. S'agissant du refus de délai de départ volontaire, outre la menace à l'ordre public, il est justifié par un risque de soustraction résultant de l'absence de garanties de représentation, de la soustraction à une précédente mesure d'éloignement et de l'absence d'entrée régulière. Enfin, s'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français, sa durée de trois ans n'est pas disproportionnée puisque le requérant a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, que la menace à l'ordre public est caractérisée par les faits d'agression par arme blanche et les antécédents du requérant, connu pour usage de faux documents, et par l'absence de liens démontrés en France, le requérant ne produisant aucun document s'agissant de l'enfant dont il invoque la présence sur le territoire.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A D, ressortissant algérien né le 29 mai 1988, a fait l'objet de décisions portant obligation de quitter le territoire français, sans délai de départ volontaire, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans par un arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 28 juillet 2022. M. D demande au tribunal de prononcer l'annulation de ces décisions.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre provisoirement, M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

3. En premier lieu, les décisions attaquées visent les textes dont elles font application, notamment les stipulations et dispositions utiles de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elles précisent également les motifs ayant conduit le préfet du Puy-de-Dôme à faire obligation de quitter le territoire français à M. D sans délai de départ volontaire à destination du pays dont il a la nationalité ou tout pays où il établit être légalement admissible et à prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. S'il est loisible au requérant de contester l'appréciation portée par le préfet s'agissant de la menace à l'ordre public en soutenant avoir été la victime d'une agression et non son auteur, cette divergence d'analyse ne saurait établir le défaut de motivation invoquée alors que les décisions en litige comportent au contraire les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement, permettant ainsi au requérant d'en discuter utilement. Le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.

4. En second lieu, il ne ressort ni des termes des décisions en litige ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet du Puy-de-Dôme n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant avant d'édicter les décisions contestées qui rappellent les éléments déterminants de la situation personnelle de M. D, de son parcours depuis son arrivée sur le territoire français et les éléments que l'intéressé avait porté à la connaissance des services de police lors de ses auditions. Il résulte ainsi de ces éléments que le moyen tiré de l'erreur de droit en l'absence d'examen particulier doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. Aux termes des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public(). ".

6. Pour prononcer à l'encontre de M. D la décision attaquée, le préfet du Puy-de-Dôme s'est fondé sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 précité en relevant que l'intéressé ne pouvait justifier être entré régulièrement sur le territoire français et qu'il s'y était maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour. Par suite, le requérant ne peut utilement soutenir que sa présence ne constituerait pas une menace pour l'ordre public pour contester la décision portant obligation de quitter le territoire français lui ayant été faite, celle-ci n'étant pas fondée sur ce motif.

En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

7. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter de le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :/ 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "

8. Pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. D, le préfet du Puy-de-Dôme s'est fondé sur les dispositions précitées en relevant que le comportement du requérant constitue une menace pour l'ordre public et qu'il existe un risque de soustraction à la mesure d'éloignement prise à son encontre en l'absence d'entrée régulière en France, en raison de la soustraction à une précédente mesure d'éloignement et en l'absence de garantie de représentation. Si le requérant soutient que la consultation du fichier Visabio au cours de sa garde-à-vue, M. D s'étant présenté initialement sous une autre identité, a permis de constater qu'il disposait d'un passeport valable jusqu'en 2026, il n'est cependant pas contesté que l'intéressé ne peut présenter de documents d'identité ou de voyage en cours de validité et il relève dès lors des prévisions du 8° de l'article L. 612-3 précité permettant de fonder la décision en litige. Le requérant relève également du 5° de ce même article dès lors qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, édictée par le préfet du Pas-de-Calais le 24 mai 2021 et dont il a reçu notification ainsi qu'il ressort des pièces produites en défense, et la circonstance que cette décision ait été édictée alors que M. D entendait quitter la France pour se rendre en Grande-Bretagne demeure sans incidence sur l'application des dispositions précitées puisque le requérant n'a pas quitté le territoire français après l'édiction de cette mesure d'éloignement, au demeurant assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Ensuite, M. D relève également des prévisions du 1° de l'article L. 612-3 précité dans la mesure où il ne justifie pas du caractère régulier de son entrée en France, en l'absence de tout justificatif produit pour démontrer que c'est effectivement sous couvert du visa lui ayant été délivré le 23 avril 2019 qu'il serait entré sur le territoire. Enfin, s'agissant du motif tiré de la menace à l'ordre public et de l'application des dispositions du 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. D indique être la victime de la rixe et non l'agresseur et fait état de ce que sa garde-à-vue a été levée et que la procédure engagée a fait l'objet d'un classement sans suite en raison du désistement des plaignants et qu'en conséquence, son comportement ne pouvait être regardé comme constituant la menace invoquée. Toutefois, la circonstance que des faits n'aient pas donné lieu à des poursuites pénales ne saurait démontrer par elle-même l'absence de menace à l'ordre public et en l'espèce, si le requérant indique avoir été agressé et porter des marques de dermabrasions, il ressort néanmoins des pièces du dossier que les deux personnes, dont le requérant indiquent qu'elles auraient été ses agresseurs, ont été transportées au CHU de Clermont-Ferrand pour blessure à l'arme blanche. Dès lors, au regard de la nature des blessures précitées, le préfet a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, considérer que le comportement du requérant constituait une menace pour l'ordre public de nature à justifier le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, le classement sans suite précité ne pouvant être regardé comme une circonstance particulière au sens des dispositions précitées. Il résulte ainsi de ces éléments que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :

9. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

10. Pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans à l'encontre de M. D, le préfet du Puy-de-Dôme a relevé, au cours de l'examen de la situation de l'intéressé au regard des critères prévus par les dispositions précitées que ce dernier ne justifiait pas de circonstances humanitaires, qu'il était défavorablement connu des services de police pour obtention de documents administratifs constatant un droit, une identité ou une qualité, faits commis à Marseille le 23 mars 2021, qu'il a été placé en garde-à-vue le 27 juillet 2022 pour violences aggravées par l'usage d'arme blanche et qu'il y a ainsi lieu de considérer son comportement comme constituant une menace pour l'ordre public, qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et enfin que sa présence alléguée en France depuis trois ou quatre ans ne permet pas d'établir l'existence de liens personnels et familiaux anciens, intenses et stables en France. Si le requérant soutient qu'il justifierait de circonstances humanitaires, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet du Puy-de-Dôme a pu ne pas s'abstenir d'assortir la mesure d'éloignement sans délai prise à l'encontre de M. D d'une interdiction de retour sur le territoire français compte tenu de sa situation personnelle telle que sus-décrite, celle-ci ne caractérisant pas des circonstances humanitaires au sens de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. S'agissant ensuite de la durée de l'interdiction de retour et de l'application des dispositions de l'article L. 612-10 du même code, le préfet a pu, sans erreur d'appréciation, considérer que le comportement du requérant constitue une menace pour l'ordre public, ainsi qu'il a été exposé au point 8 du présent jugement, dans la détermination du quantum de l'interdiction de retour en litige. A cet égard, outre la menace pour l'ordre public, dès lors que M. D a également fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il ne justifie pas, en l'absence de tout élément relatif à la présence invoquée d'un enfant sur le territoire français, avoir noué des liens d'une nature particulière en France, c'est sans faire une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet a pu fixer la durée de l'interdiction de retour à trois ans, cette durée ne présentant pas dans les circonstances de l'espèce le caractère disproportionné invoqué, M. D pouvant le cas échéant, s'il s'y estime fondé en raison de la présence d'un enfant en France, solliciter l'abrogation de cette décision, une fois qu'il aura quitté le territoire national, pour y revenir régulièrement.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

DECIDE :

Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2205840 de M. D est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Me Mantione et au préfet du Puy-de-Dôme.

Lu en audience publique le 2 août 2022.

Le magistrat désigné,

N. B

La greffière,

N. Oudji

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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