lundi 26 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205915 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP VINSONNEAU AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er août 2022, Mme C A, représentée par Me Augoyard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 juin 2022 par lequel le président de la Communauté de communes du pays des Vans en Cévennes a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie ;
2°) d'enjoindre au président de la Communauté de communes du pays des Vans en Cévennes de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie dans un délai d'un mois, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la Communauté de communes du pays des Vans en Cévennes la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- le refus critiqué est entaché d'une erreur de droit en ce qu'il lui oppose à tort le délai de deux ans mentionné à l'article 37-3 du décret du 30 juillet 1987 modifié ;
- c'est à tort que le lien entre sa pathologie et son activité professionnelle n'a pas été retenu.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 septembre 2023, la Communauté de communes du pays des Vans en Cévennes, représentée par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ;
- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 relatif au congé d'invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Feron,
- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique,
- et les observations de Me Barragan pour Mme A, ainsi que celles de Me Da Silva pour la Communauté de communes du pays des Vans en Cévennes.
Considérant ce qui suit :
1. Attachée territoriale employée par la Communauté de communes du pays des Vans en Cévennes (CCPVC) en qualité de coordinatrice du service d'action sociale et de la petite enfance et placée en congé de longue maladie depuis 2018 en raison d'un syndrome dépressif, Mme A conteste l'arrêté du 10 juin 2022 par lequel le président de la CCPVC a rejeté sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du IV de l'article 21 bis loi du 13 juillet 1983 visée ci-dessus : " Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau (). / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat () ".
3. L'arrêté en litige vise les textes dont il fait application et comporte la mention des deux motifs qui le fondent, tirés de la méconnaissance du délai de deux ans dans lequel la demande de la requérante aurait dû être formée et de l'absence de lien entre sa pathologie et ses fonctions. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cet arrêté doit être écarté.
4. A l'appui de sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie, Mme A se prévaut des énonciations en ce sens des avis émis par le Dr D le 4 avril 2022 ainsi que par le conseil médical départemental réuni le 4 mai 2022 et fait valoir que l'état dépressif qui a justifié son placement en congé de maladie à compter de 2018 trouve son origine dans la dégradation de ses conditions de travail résultant de la fusion en 2014 au sein de la CCPVC de la communauté de communes de Jalès où elle exerçait jusqu'alors les fonctions de directrice, qui s'est traduite en particulier par un surcroît d'activité, des conditions matérielles d'exercice de ses fonctions moins satisfaisantes et son placement dans une position subordonnée. Toutefois, alors que la décision en litige fait siennes les conclusions du rapport d'expertise du Dr B du 22 septembre 2021 et qu'il ne ressort pas du dossier que l'attitude de la supérieure hiérarchique de la requérante a excédé en l'espèce le cadre normal d'exercice du pouvoir hiérarchique, les éléments avancés et les témoignages produits par Mme A, s'ils font apparaître l'insatisfaction professionnelle que celle-ci a pu ressentir, ne permettent pas de caractériser, pour l'application des dispositions citées au point 2, l'existence d'un lien direct entre sa pathologie et l'exercice de ses fonctions ou des conditions de travail de nature à en susciter le développement. Dans ces conditions et alors qu'il ressort du dossier que le président de la CCPVC aurait pris la même décision s'il ne s'était pas également fondé comme il l'a fait à tort sur le caractère tardif de la demande de la requérante, les conclusions dirigées contre l'arrêté du 10 juin 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de la CCPVC, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la communauté de communes défenderesse sur le fondement de ces mêmes dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la Communauté de communes du pays des Vans en Cévennes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la Communauté de communes du pays des Vans en Cévennes.
Délibéré après l'audience du 27 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
La rapporteure,
C. FeronLe président,
A. GilleRendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 2024.
La greffière,
F. de Biasi
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
N°2205915
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026