lundi 24 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205956 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | IMBERT MINNI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juillet 2022, M. E A, représenté par Me Imbert Minni, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 5 mai 2022 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de départ volontaire de quatre-vingt-dix jours et a fixé un pays de destination ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
M. A soutient que :
- la décision portant refus d'admission au séjour a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, à défaut pour le préfet d'avoir communiqué les éléments qui ont permis au collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'apprécier les possibilités de traitement de son état de santé en Algérie ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-7) de l'accord franco-algérien, dans la mesure où il ne pourra bénéficier de manière effective de soins appropriés à son état de santé en Algérie ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa vie privée et familiale, qui ne peut se reconstituer dans son pays d'origine ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire doit être annulée du fait de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination doit être annulée en raison de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour.
Par une ordonnance du 4 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 13 septembre 2022.
Un mémoire présenté par le préfet du Rhône a été enregistré le 4 octobre 2022, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chenevey, président-rapporteur,
- et les observations de M. A, requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 29 décembre 1937, indique être entré en France le 22 juin 2018 muni d'un passeport assorti d'un visa de court séjour. Il a déposé le 10 avril 2019 une demande de délivrance d'un titre de séjour, eu égard à son état de santé, laquelle a été rejetée le 16 avril suivant. Il a sollicité à nouveau son admission au séjour le 27 décembre 2021 en se prévalant d'éléments nouveaux. Il demande l'annulation des décisions du préfet du Rhône du 5 mai 2022 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire dans un délai de départ volontaire de quatre-vingt-dix jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office.
En ce qui concerne le refus d'admission au séjour :
2. En premier lieu, la décision contestée a été signée par Mme B C, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture du Rhône, qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté du préfet du Rhône du 5 avril 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 8 avril suivant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque dès lors en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / () 7. Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ; () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux demandes de certificats de résidence formées par les ressortissants algériens en application de ces stipulations, le préfet délivre le titre de séjour : " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. " En application de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. () ".
4. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays dont l'étranger est originaire et que si ce dernier y a effectivement accès. Toutefois, la partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.
5. D'une part, eu égard au secret médical, le préfet du Rhône, qui ne pouvait mentionner dans la décision en litige que les éléments portés à sa connaissance, s'approprie l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui a estimé que si l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut, eu égard à l'offre de soins et au système de santé du pays dont il est originaire, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Le préfet indique également qu'après un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé, celui-ci ne remplit pas les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Dans ces conditions, en se bornant à soutenir que le préfet aurait dû communiquer les éléments qui ont permis au collège de médecins de l'OFII d'apprécier les possibilités de traitement de son état de santé en Algérie, M. A n'établit pas que le refus de titre litigieux serait entaché d'un vice de procédure.
6. D'autre part, M. A n'a pas levé le secret médical, ainsi qu'il est en droit de le faire. Il soutient qu'il ne peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, sans aucune autre précision. Dès lors, le requérant n'apporte pas d'éléments de nature à renverser la présomption d'accès effectif à un traitement approprié en Algérie. Par suite, le préfet du Rhône n'a pas méconnu les dispositions de l'article 6-7) de l'accord franco-algérien en refusant de lui délivrer un certificat de résidence algérien.
7. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement de la décision attaquée, à défaut de toute autre information apportée par M. A, que l'intéressé est arrivé en France en juin 2018 à l'âge de 80 ans, qu'il vit dans un centre d'hébergement d'urgence et qu'il ne dispose pas d'attaches familiales sur le territoire français, alors qu'il a déclaré avoir un fils résidant en Algérie. Compte tenu de ces éléments, le préfet du Rhône n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. A en refusant de lui délivrer un titre de séjour.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ne peut qu'être écarté.
9. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 7, et alors que M. A, qui se maintient en France en situation irrégulière depuis plusieurs années, ne précise pas pourquoi il ne pourrait poursuivre sa vie privée et familiale dans son pays d'origine, il n'apparaît pas que le préfet du Rhône aurait porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet n'a pas davantage entaché l'obligation de quitter le territoire en litige d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
10. M. A ne peut utilement se prévaloir de l'illégalité du refus de titre de séjour pour contester la décision fixant le pays de renvoi, ce refus n'en constituant pas la base légale. En tout état de cause, compte tenu de ce qui vient d'être exposé à propos de l'obligation de quitter le territoire français, il n'y a pas lieu d'annuler la décision fixant le pays de destination.
11. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du préfet du Rhône du 5 mai 2022. Il s'ensuit que sa requête doit être rejetée dans l'ensemble de ces conclusions.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président-rapporteur,
Mme Marie Monteiro, première conseillère,
Mme Marine Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2022.
Le président-rapporteur,
J.-P. Chenevey
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
M. D
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026