jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206037 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LAWSON BODY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 août 2022, M. A C, représenté par Me Lawson-Body, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 juillet 2022 par laquelle la préfète de la Loire a retiré son certificat de résidence algérien et lui a enjoint de le restituer ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire, à titre principal, de lui délivrer un nouveau certificat de résidence algérien de dix ans ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande en lui délivrant, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le signataire de la décision attaquée ne justifie pas d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations du a) de l'article 7 bis et du 2) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée à la préfète de la Loire qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une lettre du 28 août 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 12 septembre 2023 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 22 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leur famille ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique au cours de laquelle le rapport de Mme B a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 9 octobre 1982, est entré en France le 15 décembre 2014 muni d'un visa de type C. Il s'est marié avec une ressortissante française le 15 décembre 2018. Il s'est vu délivrer, le 2 septembre 2020, un certificat de résidence algérien valable jusqu'au 1er septembre 2030. Par une décision du 5 juillet 2022, la préfète de la Loire a procédé au retrait de son certificat de résidence. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; (). Le premier renouvellement du certificat de résidence délivré au titre du 2) ci-dessus est subordonné à une communauté de vie effective entre les époux ". L'article 7 bis du même accord dispose que : " Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : / a) Au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, dans les mêmes conditions que celles prévues à l'article 6 nouveau 2) et au dernier alinéa de ce même article ".
3. Les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France.
4. Aucune des stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ne prévoit le retrait d'un certificat de résidence de dix ans légalement délivré sur le fondement des stipulations du a) de l'article 7 bis de cet accord en cas de modification de la situation familiale de l'intéressé, et notamment en cas de rupture de la communauté de vie entre les époux. Toutefois, en l'absence de stipulations expresses sur ce point prévues par l'accord franco-algérien, le préfet peut légalement faire usage du pouvoir général qu'il détient, même en l'absence de texte, pour retirer une décision individuelle créatrice de droits obtenue par fraude. L'administration doit cependant rapporter la preuve de la fraude, et non le requérant, dont la bonne foi se présume.
5. Il ressort des pièces du dossier que, pour retirer à M. C le certificat de résidence de dix ans qu'il détenait en qualité de conjoint d'une ressortissante française depuis le 2 septembre 2020, la préfète de la Loire s'est fondée sur la rupture de la communauté de vie entre les époux, mariés depuis le 15 décembre 2018, ceux-ci n'habitant plus ensemble depuis décembre 2021. Toutefois, d'une part, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la rupture de la communauté de vie entre les époux postérieurement à la délivrance du certificat de résidence ne saurait constituer un motif de retrait de ce certificat. D'autre part, à supposer que la préfète de la Loire ait entendu se prévaloir d'une fraude, la rupture de la vie commune trois ans après le mariage ne saurait, par elle-même, révéler le caractère frauduleux de l'obtention du certificat litigieux par M. C. Il en est de même du contexte de tensions entre les époux, l'épouse du requérant ayant d'abord déclaré, dans une première attestation du 27 avril 2022, avoir fait " l'objet d'un mariage gris " avant de reconnaître ensuite, dans une attestation du 19 mai 2022, partager une communauté de vie avec M. C, en précisant " qu'il s'agissait là de notre plus grosse dispute. () / Notre réconciliation a été immédiate et notre relation s'en retrouve même renforcée ". Dans ces conditions, et alors que la préfète de la Loire n'a pas fondé sa décision sur l'absence de communauté de vie des époux à la date de délivrance du certificat de résidence, M. C est fondé à soutenir que la décision du 5 juillet 2022 par laquelle la préfète de la Loire a retiré son certificat de résidence algérien et lui a enjoint de le restituer est entachée d'illégalité. Cette décision doit, par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
6. Le présent jugement, qui annule la décision de retrait du certificat de résidence de dix ans délivré à M. C le 2 septembre 2020, implique nécessairement, eu égard au motif d'illégalité retenu, que le certificat de résidence lui soit restitué ou, à défaut, qu'un duplicata de ce certificat lui soit délivré. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de la Loire de procéder à cette mesure d'exécution dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme que demande M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 5 juillet 2022 de la préfète de la Loire est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la Loire de restituer à M. C son certificat de résidence ou, à défaut, de lui délivrer un duplicata de ce certificat dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète de la Loire.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,
Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
La rapporteure,
F-M. BLe président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026