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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2206043

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2206043

lundi 8 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2206043
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation8ème chambre
Avocat requérantSELARL CORNET VINCENT SEGUREL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 août 2022, Mme A C, représentée par la société d'avocats Cornet-Vincent-Ségurel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 14 juin 2022 par laquelle le maire de la commune de Saint-Fons a refusé de reconnaître l'accident de service survenu le 17 mars 2021 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Fons de reconnaître l'accident de service du 17 mars 2021 et de la placer en congé d'invalidité temporaire imputable au service pour la période courant du 17 mars 2021 au 12 mai 2021 dans un délai de trente jours, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Fons la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il n'est pas justifié de la compétence de la signataire de la décision attaquée ;

- les documents produits au soutien de sa demande étaient conformes aux exigences réglementaires et ont été transmis dans les délais requis ;

- l'agression dont elle a été victime est constitutive d'un accident de service.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 avril 2023, la commune de Saint-Fons, représentée par Me Ducher, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu la décision attaquée et les pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Feron,

- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique,

- et les observations de Me Verrier pour Mme C, ainsi que celles de Me Ducher pour la commune de Saint-Fons.

Considérant ce qui suit :

1. Attachée territoriale employée par la commune de Saint-Fons, Mme C conteste la décision du 14 juin 2022 par laquelle le maire de Saint-Fons a refusé de reconnaître en tant qu'accident de service l'agression dont elle déclare avoir été victime le 17 mars 2021 et de requalifier en conséquence comme étant imputables au service les congés dont elle a bénéficié du 17 au 25 mars 2021 puis du 21 avril au 12 mai 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe :

2. La décision en litige a été signée par Mme B, 5ème adjointe en charge du personnel, en vertu de la délégation que le maire de Saint-Fons lui a donnée par un arrêté du 13 août 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision en litige doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne :

3. Aux termes de l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987 : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire () adresse par tout moyen à l'autorité territoriale une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie (). ; 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, le cas échéant, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant ". Aux termes de l'article 37-3 du même décret : " I.- La déclaration d'accident de service ou de trajet est adressée à l'autorité territoriale dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 37-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale () ".

4. Contrairement à ce que retient la décision en litige et eu égard à la nature de la pathologie en cause, le certificat médical du 14 mai 2022 transmis par Mme C à la commune de Saint-Fons et faisant état d'un " syndrome anxio-dépressif mineur réactionnel qui semble être en lien avec l'évènement qui a eu lieu au travail le 17 mars 2021 " doit être considéré comme répondant à l'exigence d'indication de la nature et du siège des lésions posée par les dispositions précitées de l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987 et Mme C est fondée en conséquence à soutenir que c'est à tort que l'autorité territoriale lui a opposé le caractère insuffisant sur ce point du certificat médical transmis. Toutefois, s'il a été établi moins de deux ans après la date de l'accident en litige et a été transmis à la commune de Saint-Fons dès le 23 mai 2022, le certificat du 14 mai 2022 rend compte en réalité de constatations médicales effectuées lors d'une consultation du 10 mai 2021. Dans ces conditions et alors qu'elle ne fait état d'aucune circonstance l'ayant empêchée de déposer sa déclaration dans le délai de quinze jours à compter de ces constatations prévues par l'article 37-3 du décret du 30 juillet 1987, Mme C n'est pas fondée à soutenir qu'en lui opposant le caractère tardif de sa déclaration d'accident de service, le maire de Saint-Fons a méconnu les dispositions de cet article 37-3.

5. Alors qu'eu égard au motif qui fonde à lui seul la décision en litige, Mme C ne saurait utilement soutenir que l'agression dont elle dit avoir été victime le 17 mars 2021 est constitutive d'un accident de service, il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre la décision du 14 juin 2022 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C, n'appelle aucune mesure d'exécution.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que la requérante présente sur leur fondement et dirigées contre la commune de Saint-Fons, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Saint-Fons sur le fondement de ces mêmes dispositions.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Fons sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la commune de Saint-Fons.

Délibéré après l'audience du 18 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gille, président,

M. Richard-Rendolet, premier conseiller,

Mme Feron, première conseillère.

La rapporteure,

C. Feron

Le président,

A. GilleRendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.

La greffière,

L. Khaled

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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