mardi 16 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206163 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | ROMANET DUTEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 août 2022, M. B A, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry (69125), représenté par Me Romanet-Duteil, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les décisions en date du 10 août 2022 par lesquelles la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son avocate d'une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour Me Romanet-Duteil de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Il soutient que :
- l'autorité administrative ne justifie pas de la compétence du signataire des décisions contestées ;
- les décisions ne sont pas suffisamment motivées ;
- sa situation personnelle n'a pas fait l'objet d'un examen particulier ;
- la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, alors qu'il réside en France depuis six mois, qu'il y travaille et qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, le préfet a méconnu les dispositions des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et adopté une mesure disproportionnée ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle, le signalement dans le système d'information Schengen qui découle de cette décision constituant de fait une mesure d'expulsion de tout l'espace Schengen.
Des pièces ont été produites le 16 août 2022 par la préfète de l'Ain.
Par une décision du 1er septembre 2021, la présidente du tribunal administratif de Lyon a désigné Mme C pour statuer au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 16 août 2022, Mme Maubon, magistrate désignée, a présenté son rapport, et entendu :
- les observations orales de Me Romanet-Duteil, représentant M. A, qui reprend les conclusions et les moyens de sa requête, en abandonnant le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte ; il soutient en outre qu'il n'a pas compris la précédente obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet et ne l'a en conséquence pas contestée, qu'il a été interpellé dans un contexte particulier puisqu'il a été victime de séquestration, qu'il a été placé en rétention administrative malgré la notification d'un avis à victime, qu'il souhaite travailler en France comme coiffeur, que son grand-père réside en France, que les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen sont laissés à l'appréciation du tribunal, que l'interdiction de retour sur le territoire français est excessive eu égard à sa situation ;
- les observations orales de M. A, requérant, assisté par Mme D, interprète en langue arabe ; il expose qu'il est entré en France fin avril 2022, qu'il n'a pas sollicité de titre de séjour immédiatement, que la famille de sa mère réside en France, que sa mère réside en Algérie.
- les observations orales de Me Morisson-Cardinaud, substituant Me Tomasi, représentant la préfète de l'Ain, qui conclut au rejet de la requête, en exposant que l'arrêté a été signé par une autorité disposant d'une délégation de signature pour ce faire, les décisions sont motivées et résultent d'un examen sérieux de la situation de l'intéressé, M. A s'est maintenu irrégulièrement en France sans solliciter la délivrance d'un titre de séjour et a travaillé sans autorisation, il dispose d'attaches en Algérie, la décision de refus de délai de départ volontaire est fondée sur le 1° le 4° et le 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'interdiction de retour sur le territoire français est proportionnée, eu égard à la faible durée de présence en France et à la méconnaissance d'une précédente obligation de quitter le territoire français.
La clôture de l'instruction est intervenue, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, le 16 août 2022 à 14 heures 55.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 2 juillet 1996, de nationalité algérienne, déclare être entré sur le territoire français en février 2022 depuis l'Italie et la Suisse. Il a fait l'objet d'arrêtés du préfet de la Haute-Savoie du 17 juillet 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et assignation à résidence dans le département de la Haute-Savoie. Par arrêté du 10 août 2022, la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera susceptible d'être renvoyé, et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un arrêté du même jour, la même autorité a décidé de le maintenir en rétention administrative pour une durée de quarante-huit heures, prolongée pour une durée de vingt-huit jours par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Lyon. Ces deux arrêtés lui ont été notifiés le 10 août 2022. M. A demande l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu de faire droit à la demande de M. A tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle, sur le fondement du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () / () / 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. / () ".
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / () ". L'arrêté du 10 août 2022, par lequel la préfète de l'Ain a obligé M. A à quitter le territoire français mentionne les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application, indique les motifs de cette décision, à savoir l'entrée irrégulière en mars 2022 et le maintien sans avoir sollicité de document de séjour ainsi que le travail en France sans autorisation, et fait référence de manière précise et circonstanciée à la situation personnelle du requérant. Ainsi, elle comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfait dès lors aux exigences de motivation résultant des dispositions des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que la préfète de l'Ain, qui a pris en considération l'exercice d'une activité professionnelle par M. A, ne se serait pas livrée à un examen particulier de la situation personnelle du requérant. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
7. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : /
1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;/ () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ". L'arrêté du 10 août 2022, par lequel la préfète de l'Ain a refusé d'accorder un délai de départ volontaire à M. A, mentionne les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application, indique les motifs cette décision, à savoir l'entrée irrégulière, l'absence de demande de titre de séjour, l'absence de documents d'identité et l'expression de l'intention de ne pas se conformer à la mesure d'éloignement, et fait référence de manière précise et circonstanciée à la situation personnelle du requérant. Ainsi, elle comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté.
9. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que la préfète de l'Ain ne se serait pas livrée à un examen particulier de la situation personnelle du requérant. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.
10. En troisième lieu, à supposer même que M. A n'aurait pas explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français mais simplement exprimé son souhait de se maintenir en France et d'y régulariser sa situation, il ressort des pièces du dossier que la décision est également fondée sur les circonstances que M. A ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, ce qui n'est pas contesté et qui justifie l'adoption d'une décision de refus de délai de départ volontaire sur le fondement du 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et sur la circonstance qu'il est dépourvu de document d'identité, ce qui n'est pas contesté et qui justifie l'adoption d'une décision de refus de délai de départ volontaire sur le fondement du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il résulte de l'instruction que la préfète de l'Ain aurait pris la même décision si elle s'était fondée sur l'un ou l'autre ou les deux de ces motifs, qui suffisent à fonder la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant refus d'un délai de départ volontaire doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
12. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit plus haut que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les () décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. " L'arrêté du 10 août 2022, par lequel la préfète de l'Ain a interdit M. A de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans à compter de l'exécution de la mesure d'éloignement, mentionne les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application, indique les motifs du principe et de la durée de l'interdiction de retour décidée et fait référence de manière précise et circonstanciée à la situation personnelle du requérant. L'arrêté mentionne en particulier l'arrivée récente de l'intéressé en France, l'absence de lien familial stable et ancré en France et l'absence de circonstances humanitaires faisant obstacle à la mesure. Ainsi, l'arrêté comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui constituent le fondement tant du principe que de la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté.
15. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que la préfète de l'Ain ne se serait pas livrée à un examen particulier de la situation personnelle du requérant. Si l'arrêté mentionne que M. A n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'un arrêté du préfet de la Haute-Savoie du 17 juillet 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai lui a été notifié le jour même, et si la préfète indique qu'il a été placé en garde à vue pour des faits de cambriolage, bien qu'il ait été victime et non auteur de séquestration, ces erreurs ou imprécisions ne sont pas de nature à révéler un défaut d'examen de sa situation personnelle au regard des critères ayant été pris en compte pour décider de l'interdiction de retour sur le territoire français. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.
16. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A déclare être entré en France fin avril 2022, soit depuis moins de quatre mois à la date de la décision attaquée, qu'il n'a pas cherché à régulariser sa situation et qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée. S'il ressort des pièces du dossier qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public et s'il déclare travailler, bien qu'irrégulièrement, et entretenir des liens avec la famille de sa mère, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il disposerait d'attaches fortes en France, dès lors qu'il est présent depuis peu de temps en France, ayant résidé plus de vingt-cinq ans en Algérie, où demeure sa mère selon ses déclarations. Dans ces conditions, au regard des critères listés çà l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de l'Ain n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à l'encontre de M. A une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de deux ans, soit les deux tiers de la durée maximale pouvant être prononcée dans cette hypothèse. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit donc être écarté.
17. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision emporte des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la situation de M. A, qui dispose en tout état de cause de la possibilité de demander l'abrogation de l'interdiction de retour prononcée. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit donc également être écarté.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doivent être rejetées.
19. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de la requête doivent être rejetées, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation et celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Ain.
Copie en sera adressée à l'association Forum Réfugiés - Cosi.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 août 2022.
La magistrate désignée,
G. C
La greffière,
F. GAILLARD
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour exécution conforme,
Une greffière
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026