LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2206221

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2206221

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2206221
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL BLANC-TARDIVEL-BOCOGNANO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 16 août 2022, 11 janvier 2023, 20 février 2023, 26 avril 2023, 2 mai 2023, 7 juillet 2023 et 10 juillet 2023, M. F C, représenté par la SELARL Blanc Tardivel Bocognano, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 juin 2022 par lequel le maire de Baix a refusé de lui délivrer un permis de construire portant sur la réalisation d'une maison individuelle sur un terrain situé chemin de la Voie douce ;

2°) d'enjoindre au maire de Baix de lui délivrer le permis de construire sollicité ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Baix la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'erreurs de fait et d'une erreur de qualification juridique des faits ; l'autorité administrative a dénaturé les faits de l'espèce ;

- il méconnaît l'autorité de la chose jugée qui s'attache au jugement n° 2001054 du 15 juillet 2021 du tribunal administratif de Lyon ;

- le projet s'insère dans les parties urbanisées de la commune conformément à l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme ;

- le projet respecte les dispositions de l'article R. 111-14 du code de l'urbanisme ;

- l'avis du 24 juin 2022 du préfet de l'Ardèche est illégal dès lors qu'il n'est pas signé, qu'il appartient au préfet d'établir que Mme B a reçu une délégation de signature, que cet avis dénature les faits de l'espèce, qu'il méconnaît l'autorité de la chose jugée qui s'attache au jugement n° 2001054 du 15 juillet 2021 du tribunal administratif de Lyon, que le projet s'insère dans les parties urbanisées de la commune et qu'il respecte les dispositions de l'article R. 111-14 du code de l'urbanisme ;

- aucun sursis à statuer ne peut être opposé à titre de substitution de motif.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 novembre 2022, 16 mars 2023, 1er juin 2023 et 13 juillet 2023, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, la commune de Baix, représentée par la SELAS Cabinet Champauzac, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés ;

- elle sollicite une substitution de motifs et de base légale tirée de ce qu'une décision de sursis à statuer aurait dû être édictée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2023, le préfet de l'Ardèche conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 2 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E,

- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,

- les observations de Me Soulier, représentant M. C,

- et celles de Me Di Curzio, représentant la commune de Baix.

Considérant ce qui suit :

1. M. C a déposé en mairie de Baix le 12 mai 2022 une demande de permis de construire pour la réalisation d'une maison individuelle sur un terrain situé chemin de la Voie douce. Il demande l'annulation de l'arrêté du 28 juin 2022 par lequel le maire a refusé de lui délivrer l'autorisation ainsi sollicitée.

2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, ainsi que dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale (). Lorsque le transfert de compétence à la commune est intervenu, il est définitif ; / b) Le préfet ou le maire au nom de l'Etat dans les autres communes. () ". Selon l'article L. 422-5 du même code : " Lorsque le maire () est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : / a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu ; () ". Il est constant que le plan d'occupation des sols de la commune de Baix est devenu caduc le 27 mars 2017. Par suite, le maire de Baix devait, ainsi qu'il l'a fait, recueillir l'avis conforme du préfet de l'Ardèche sur la demande de permis présentée par M. C. Par un avis du 24 juin 2022, le préfet de l'Ardèche a émis un avis conforme défavorable au projet.

3. Si l'avis conforme du préfet de l'Ardèche ne constitue pas une décision susceptible de recours, des moyens tirés de sa régularité et de son bien-fondé peuvent, quel que soit le sens de la décision prise par l'autorité compétente pour statuer sur la demande d'autorisation, être invoqués devant le juge saisi de cette décision.

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. "

5. L'avis défavorable émis pour le préfet de l'Ardèche du 24 juin 2022 a été édicté par Mme D B, cheffe de la délégation territoriale Sud Ardèche, qui bénéficiait, par arrêté du 31 mars 2022, d'une subdélégation de signature, dans le cadre de ses attributions au sein de la direction départementale des territoires, à l'effet de signer l'avis litigieux. La circonstance que cet avis, qui a été transmis par message électronique et qui comporte le nom et la qualité de la signataire, ne soit pas signé par cette dernière est sans incidence sur la régularité de la consultation du préfet, les dispositions précitées ne s'appliquant pas, sauf exception, aux relations entre personnes morales de droit public. Les moyens tirés de l'incompétence du signataire de cet avis et d'un vice de forme ne peuvent donc qu'être écartés.

6. En deuxième lieu, si l'avis du préfet indique que " la déclaration préalable pour la division du terrain a été refusée le 12 décembre 2019 ", alors que cette décision d'opposition a été annulée par un jugement n° 2001054 du 15 juillet 2021 du tribunal administratif de Lyon, qui a reconnu l'existence d'une décision tacite de non-opposition, en l'absence d'identité d'objet entre le refus de permis de construire litigieux et la décision d'opposition ainsi annulée, portant sur la division dont le terrain d'assiette du projet est issu, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'avis du préfet méconnaît l'autorité de la chose jugée qui s'attache à ce jugement.

7. En troisième lieu, en vertu de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune. " Ces dispositions interdisent en principe, en l'absence de plan local d'urbanisme ou de carte communale opposable aux tiers ou de tout document d'urbanisme en tenant lieu, les constructions implantées en dehors des parties urbanisées de la commune, c'est-à-dire des parties du territoire communal qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. Il en résulte qu'en dehors du cas où elles relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues par l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme, les constructions ne peuvent être autorisées dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune. Pour apprécier si un projet a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune, il est tenu compte de sa proximité avec les constructions existantes situées dans les parties urbanisées de la commune ainsi que du nombre et de la densité des constructions projetées.

8. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet, non bâti et à l'état naturel, présente une superficie d'environ 5 520 m². Ce tènement, situé à l'est d'une partie urbanisée de la commune et au sud d'une lisière forestière, assure avec cette dernière une continuité avec un vaste espace naturel qui s'étend au nord de ce terrain. Si un lotissement est présent à l'ouest de la parcelle, le terrain litigieux ne fait pas partie de ce lotissement, ni du même compartiment de terrain. Le commissaire enquêteur, consulté dans le cadre de l'élaboration du plan local d'urbanisme de la commune de Baix, a d'ailleurs considéré que cette parcelle se trouve en dehors du périmètre construit, en zone naturelle. Dans ces conditions, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que le terrain d'assiette du projet se situe à l'extérieur de la partie actuellement urbanisée de la commune. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet a méconnu l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme : " Peuvent toutefois être autorisés en dehors des parties urbanisées de la commune : / 1° L'adaptation, le changement de destination, la réfection, l'extension des constructions existantes ou la construction de bâtiments nouveaux à usage d'habitation à l'intérieur du périmètre regroupant les bâtiments d'une ancienne exploitation agricole, dans le respect des traditions architecturales locales ; () ". Et aux termes de l'article R. 111-14 du même code : " En dehors des parties urbanisées des communes, le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature, par sa localisation ou sa destination : / 1° A favoriser une urbanisation dispersée incompatible avec la vocation des espaces naturels environnants, en particulier lorsque ceux-ci sont peu équipés ; / () ".

10. Dès lors que la décision attaquée pouvait être légalement fondée sur le seul motif tiré de ce que le projet se situe en dehors des parties actuellement urbanisées de la commune de Baix et que l'autorité administrative aurait pris la même décision si elle ne s'était fondée que sur cette seule considération, le requérant ne peut utilement soutenir que le préfet de l'Ardèche a méconnu les dispositions de l'article R. 111-14 du code de l'urbanisme en fondant également sa décision sur ces dernières dispositions.

11. En cinquième lieu, si le préfet de l'Ardèche a considéré à tort que le terrain d'assiette du projet présente une superficie de 18 650 m² alors que sa superficie ne s'élève en réalité qu'à 5 520 m², ce terrain étant issu d'une précédente division, cette erreur, compte tenu de la configuration des lieux exposée au point 8 ci-dessus, n'a eu aucune incidence sur l'appréciation qui a été portée par le préfet sur les parties urbanisées de la commune. Dès lors, le moyen tiré d'une dénaturation des faits doit être écarté.

12. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que l'avis défavorable conforme émis par le préfet de l'Ardèche le 24 juin 2022 est légal. Dans ces conditions, dès lors qu'en application de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme, ainsi que le fait valoir le préfet de l'Ardèche en défense, le maire de Baix avait compétence liée pour refuser de délivrer le permis de construire sollicité par M. C, les moyens tirés d'erreurs de fait, d'une erreur de qualification juridique des faits, de dénaturation des faits, de la méconnaissance de l'autorité de la chose jugée qui s'attache au jugement n° 2001054 du 15 juillet 2021 du tribunal administratif de Lyon et de la méconnaissance des articles L. 111-3 et R. 111-14 du code de l'urbanisme, dirigés contre l'arrêté du 28 juin 2022, doivent être écartés comme inopérants.

13. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la demande de substitution de motifs et de base légale sollicitée en défense par la commune de Baix, que les conclusions à fin d'annulation de M. C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

14. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Baix au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens. D'autre part, le maire ayant agi au nom de l'Etat, la commune de Baix, qui n'a pas la qualité de partie à l'instance, ne peut demander que soit mise à la charge du requérant une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Baix au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F C, à la commune de Baix et à la préfète de l'Ardèche.

Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Jean-Pascal Chenevey, président,

Mme Marine Flechet, première conseillère,

Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.

La rapporteure,

F.-M. E

Le président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

G. Reynaud

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions