vendredi 28 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206275 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | PRUDHON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 août 2022 sous le n° 2206275, Mme G F D Major, ayant pour avocat Me Prudhon, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler les décisions en date du 3 août 2022 par lesquelles le préfet du Rhône l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays de destination d'une reconduite d'office ;
3°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer une carte de séjour temporaire, à défaut de réexaminer sa situation en lui délivrant un récépissé de demande de titre de séjour, le tout sous quinze jours, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Mme F D Major soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'un vice d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- la mesure d'éloignement a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- cette mesure méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant son pays de destination méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par mémoire enregistré le 6 octobre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requérante entrait dans les prévisions du 4° de de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle n'est pas fondée à se prévaloir des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 de ce code, faute de production d'éléments probants tendant à démontrer l'absence de possibilité de bénéficier d'un suivi médical dans son pays d'origine, elle qui n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour " étranger malade " dans les trois mois suivant sa demande d'asile du 20 décembre 2019.
Par une décision du 30 septembre 2022, le bureau d'aide juridictionnelle a admis Mme F D Major au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative et la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Vu la prestation de serment de M. C, interprète en langue portugaise.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience tenue le 7 octobre 2022. Le magistrat désigné y a présenté son rapport et a entendu Mme F D Major, assistée de M. C, interprète en langue portugaise.
Le préfet du Rhône n'était pas présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G F D Major, ressortissante angolaise née en 1993, est entrée en France en décembre 2019. Sa demande d'asile a été rejetée le 25 novembre 2021 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) puis le 8 avril 2022 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Le 3 août 2022, le préfet du Rhône, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fait obligation à Mme F D Major de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixe son pays de destination d'une reconduite d'office. Mme F D Major demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions relatives à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Mme F D Major ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 30 septembre 2022, il n'y a plus lieu de statuer sur ces conclusions.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
3. En premier lieu, l'arrêté du 3 août 2022 contenant les décisions attaquées a été signé par Mme B E, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture du Rhône, fonctionnaire qui bénéficiait d'une délégation pour ce faire, régulièrement consentie par arrêté du préfet du Rhône du 8 juin 2022. Doit par suite être écarté le moyen d'incompétence de l'auteur de l'acte.
4. En deuxième lieu, il est disposé par le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que ne peut pas faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français " L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".
5. Mme F D Major soutient que son état de santé, caractérisé par un stress post-traumatique et une affection gynécologique, ne pourra pas être pris en charge en Angola, pays où se situe l'origine de son traumatisme et où n'existe pas de " protocole de soins adaptés ". Toutefois, s'agissant de la première affection, les pièces médicales produites par la requérante ne permettent pas d'établir, d'abord, de lien entre son affection psychique et un évènement survenu en Angola ni, serait-ce le cas, que ce lien fait obstacle à ce que la requérante regagne ce pays, ensuite, qu'elle ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Angola. S'agissant de la seconde affection, elle est documentée par un courrier du 2 décembre 2020 émanant d'un praticien hospitalier de l'institut de cancérologie des Hospices civils de Lyon, qui décrit une déchirure du col de l'utérus, et par un certificat du 11 août 2022 où le médecin généraliste de la requérante ajoute qu'un suivi gynécologique consécutif à une intervention chirurgicale portant sur un polype de l'endomètre nécessite une structure de soins (plateau technique chirurgical, imagerie médicale, avis de professeurs en gynécologie) inexistante en Angola. Toutefois ces pièces médicales ne révèlent pas qu'un défaut de suivi de cette intervention, ou même de l'affection gynécologique dont souffre la requérante, pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, ne peut qu'être écarté le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En troisième lieu, si la requérante est titulaire d'une " Licenciatura em gestão e marketing ", diplôme obtenu en avril 2016 sanctionnant 4 années d'études supérieures dans le système éducatif angolais, si elle a acquis une bonne connaissance de la langue française, et si elle est munie d'une expérience professionnelle dans le domaine de la restauration, ces éléments ne suffisent pas à démontrer une particulière insertion de Mme F D Major dans la société française durant les deux années et huit mois de son séjour en France. Rien ne fait obstacle, en ce compris son état de santé compte tenu de ce qui a été exposé au point précédent, à ce qu'elle reconstitue sa vie privée et familiale en Angola, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 26 ans, où sa fille âgée d'à peine 6 ans, née en Angola, pourra y entamer une scolarité en école primaire. De la sorte, n'a pas été méconnu par le préfet du Rhône, quand il oblige Mme F D Major à quitter le territoire français, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui protège le droit de toute personne au respect de sa vie privée et familiale.
7. En dernier lieu, il est stipulé par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants. ".
8. Mme F D Major soutient être exposée, en Angola, à des risques de persécutions en raison de ses liens avec un homme politique influent ayant fait l'objet d'une arrestation et en raison de son appartenance à un mouvement religieux, risques dont témoigneraient des violences sexuelles subies dans ce pays et l'enlèvement de son compagnon. Toutefois elle n'apporte à l'appui qu'une coupure de presse datée du 22 novembre 2019 relatant la condamnation d'un général angolais, ancien chef du service du renseignement et de la sécurité militaire, à 3 années de prison pour appropriation illicite de documents militaires, pièce très insuffisante pour établir la réalité des risques allégués, écartés d'ailleurs par les instances compétentes en matière d'asile. Par suite, la décision fixant le pays de destination de la requérante n'a pas été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme F D Major n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions qu'elle attaque. Doivent par conséquent être rejetées ses conclusions à fin d'annulation ainsi que les conclusions à fin d'injonction qui les assortissent.
Sur les frais de procès :
10. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, il ne saurait être mis à sa charge le versement de la somme réclamée par la requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas[0] lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme F D Major tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête présentée par Mme G F D Major est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme G F D Major et au préfet du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
B. A
La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026