vendredi 2 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206289 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | HMAIDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 août 2022 et un mémoire enregistré le 28 octobre 2022, M. C D, représenté par Me Hmaida, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2022 par lequel la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", ou à tous le moins de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- les décisions sont entachées d'incompétence ;
- elle sont entachées d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance des articles R. 425-11, R. 425-12, et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le préfet ne justifie pas avoir saisi pour avis le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ; l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas été pris au vu d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et transmis au collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ; aucun élément ne permet d'établir que l'avis sur lequel le préfet s'est fondé a été rendu par collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration préalablement habilités par son directeur ; aucun élément ne permet de s'assurer que le médecin qui a établi le rapport médical n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elles sont entachées d'erreurs de fait, dès-lors que la préfète de la Loire a considéré qu'il était de nationalité kosovare et que le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a examiné sa situation au regard de l'offre de soins et des caractéristiques du système de santé marocain.
- la décision portant refus d'admission au séjour est entachée d'un défaut d'examen particulier et sérieux de sa situation individuelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur de droit ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
- la décision fixant le pays de destination est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et de la mesure d'éloignement.
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement et de celle portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée
.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2022, la préfète de la Loire conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 7 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme F a donné lecture de son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, né le 10 janvier 1960 à Mitrovica (Yougoslavie), déclare être entré irrégulièrement en France pour la dernière fois le 20 juillet 2012. Ses demandes d'asile ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, les 27 novembre 2008 et 31 octobre 2013, puis par la Cour nationale du droit d'asile, les 20 juillet 2010 et 26 juin 2014. Il a bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour en date du 4 juin 2014, puis d'une carte de séjour temporaire au titre de son état de santé renouvelée du 8 juin 2015 au 3 janvier 2020. Par un arrêté du 13 août 2020, le préfet de Saône-et-Loire a refusé de renouveler son titre de séjour et lui a prescrit l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, décision confirmée par un jugement du tribunal administratif de Dijon du 11 mars 2021. Le 10 février 2022, M. D a sollicité auprès de la préfecture de la Loire la délivrance de nouveau d'un titre de séjour en raison de son état de santé sur le fondement de l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté en date du 25 juillet 2022, la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. D demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
2. Par un arrêté du 3 mai 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la Loire du même jour, accessible tant au juge qu'aux parties, la préfète de la Loire a donné délégation de signature à M. E B, sous-préfet de Montbrison, à l'effet de signer la totalité des actes établis par sa direction, à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions contenues dans l'arrêté contesté. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :
3. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni de l'ensemble des pièces du dossier, que la préfète de la Loire n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant, notamment au regard de son état de santé, de la durée de sa présence en France et de sa situation familiale, et aurait ainsi entaché ses décisions d'une erreur de droit.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le collège de médecins à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avais est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical/ Lorsque le demandeur n'a pas présenté au médecin de l'office ou au collège les documents justifiant son identité, n'a pas produit les examens complémentaires qui lui ont été demandés ou n'a pas répondu à la convocation du médecin de l'office ou du collège qui lui a été adressée, l'avais le constate. / L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office ".
5. Il ressort des pièces du dossier qu'un rapport médical relatif à la situation de M. D a été établi le 9 mai 2022 par le Dr A médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. C'est ainsi, nécessairement au vu de ce rapport, que le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, a rendu son avis du 21 juin 2022 produit en défense par le préfet et qu'il vise dans sa décision. Cet avis mentionne qu'il a été rendu par les trois médecins qui composent le collège, qui ont été régulièrement désignés et ont tous signé l'avis. En outre, il ressort des documents produits en défense par le préfet que le médecin qui a rédigé le rapport préalable prévu par l'article R. 425-11 du code précité, ne faisait pas partie du collège conformément aux dispositions de l'article R. 425-14 du même code. Dès lors, les moyens tirés des vices de procédure relatifs à l'absence d'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à l'absence de rapport médical transmis au collège de médecins de l'Office, à l'absence d'habilitation de ce collège de médecins et à l'absence de preuve que le médecin rapporteur n'a pas siégé en son sein, doivent être écartés.
6. En troisième lieu, si M. D soutient que la préfète de la Loire a entaché sa décision d'une erreur de fait en mentionnant qu'il était de nationalité kosovare alors qu'il déclare être de nationalité serbe, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé s'est toujours prévalu de sa nationalité kosovare, que ce soit lors de ses demandes d'asile ou en dernier lieu sa demande de titre de séjour. Par suite, alors même que le requérant produit à l'appui de sa requête un passeport à son nom émis le 24 novembre 2015 par la République de Serbie, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ne serait pas ressortissant du Kosovo. Par ailleurs, la circonstance que l'arrêté attaqué mentionne que l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été rendu au regard de l'offre de soins et des caractéristiques du système de santé marocain (sic) constitue à l'évidence une erreur de plume, sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, dès-lors qu'il est constant que l'avis émis par ce collège a été rendu au regard des caractéristiques du système de santé du Kosovo. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat (). / Si le collège des médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée ".
8. La partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.
9. La préfète de la Loire s'est appropriée l'avis précité du collège de médecins selon lequel si l'état de santé de M. D nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, toutefois, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire et vers lequel il peut voyager sans risque médical, il peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Le requérant soutient qu'il ne peut avoir accès au traitement approprié dans son pays d'origine. Toutefois les documents qu'il produit, qui montrent qu'il bénéficie d'un suivi médical en France en raison notamment de problèmes cardio-vasculaires, de diabète, et d'insuffisance rénale, ne permettent pas d'établir qu'il ne serait pas en mesure d'accéder personnellement à des soins. Ainsi, ils ne suffisent pas à remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration quant à la disponibilité d'un traitement appropriés à son état de santé au Kosovo. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit dès lors être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
11. M. D, âgé de 62 ans, fait valoir qu'il vit en France depuis plus de dix ans et notamment a séjourné régulièrement sous couvert d'un titre de séjour de juin 2014 à janvier 2020. Toutefois, ainsi que le fait valoir la préfète, les titres dont il a bénéficié avaient une vocation temporaire et ont été délivrés dans la limite de la durée des soins nécessaires, en outre l'intéressé s'est maintenu en dépit d'une obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 17 août 2020. Par ailleurs si le requérant qui fait valoir qu'il est veuf, soutient qu'il n'a plus d'attaches dans son pays d'origine et que quatre de ses enfants séjourneraient en France, dont deux régulièrement, il n'apporte au soutien de cette allégation aucun élément et ne démontre aucune vie privée et familiale intense, ancienne et stable ni insertion sociale ou professionnelle. Par ailleurs, et comme il a été dit précédemment, il pourra effectivement bénéficier d'une prise en charge appropriée dans son pays d'origine. Dans ces circonstances, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. D n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de séjour.
13. En second lieu, selon les termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; () ".
14. Comme il a été dit précédemment au point 9, M. D pourra bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Il en va de même, en l'absence d'indication particulière, du moyen tiré de l'erreur de droit.
15. En troisième lieu, en l'absence de tout élément particulier invoqué, et même en tenant compte des conséquences spécifiques à la mesure d'éloignement, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté pour les motifs énoncés au point 11 s'agissant du refus d'admission au séjour.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
16. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. D n'est pas fondé à exciper de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. D n'est pas fondé à exciper de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours
18. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
19. Pour prononcer l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, la préfète de la Loire a étudié la situation de l'intéressé au regard des quatre critères prévus à l'article L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, la circonstance qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement et celle selon laquelle sa présence sur le territoire français ne constitue pas une menace à l'ordre public. Si la décision mentionne que M. D est entré récemment en France, alors que l'intéressé soutient y être entré le 20 juillet 2012, en tout état de cause la préfète de la Loire aurait pris la même décision en se fondant sur les seuls motifs tirés de la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, ainsi que de la présence d'une précédente mesure d'éloignement inexécutée et nonobstant l'absence de comportement troublant l'ordre public. Dans ces conditions, la préfète de la Loire n'a pas commis d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L.612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois.
20. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1971 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, les sommes que M. D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er: La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, et à la préfète de la Loire.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Verley-Cheynel, présidente,
Mme Schmerber, vice-présidente,
M. Gille, vice-président.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2022.
La présidente,
G. F
La vice-présidente,
C. SchmerberLa greffière,
G. Montezin
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026