vendredi 2 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206394 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | ROYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 août 2022, M. B F E, représenté par Me Royon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2022 par lequel la préfète de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" ou "salarié" ou, à titre subsidiaire, de procéder dans un délai de deux mois au réexamen de sa situation et, dans l'attente, de le munir avant huit jours d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté en litige ;
- les décisions portant refus de titre de séjour et fixation de son pays de destination sont insuffisamment motivées ;
- il n'est pas justifié du recueil préalable de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- l'autorité préfectorale s'est illégalement crue tenue de refuser le titre de séjour demandé au vu de l'avis médical du 20 avril 2022 ;
- compte tenu de son état de santé, le refus de séjour en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le refus de séjour qui lui est opposé porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'illégalité du refus de titre qui lui est opposé entache d'illégalité les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation de son pays de destination, qui résultent également d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée à la préfète de la Loire, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été fixée au 14 octobre 2022 par une ordonnance du 30 août précédent.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant béninois né en 1992, M. E demande l'annulation de l'arrêté du 25 juillet 2022 par lequel la préfète de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'arrêté du 25 juillet 2022 a été signé par M. C, sous-préfet, en vertu de la délégation de signature que la préfète de la Loire lui a donnée par un arrêté du 12 juillet 2022 publié le lendemain au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de cet arrêté doit être écarté.
3. L'arrêté critiqué, qui fait en particulier état du fondement de la demande de titre de séjour du requérant, de sa situation familiale, de sa nationalité et de la teneur de l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le 20 avril 2022, comporte les éléments de fait et de droit qui donnent leur fondement aux décisions qu'il contient. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté du 25 juillet 2022 doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
4. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an (). / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ".
5. La préfète de la Loire ayant versé au dossier l'avis du collège des médecins de l'OFII du 20 avril 2022 au vu duquel la décision en litige a été prise, le moyen tiré du défaut de recueil préalable de cet avis ne peut qu'être écarté.
6. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort des pièces du dossier que la préfète de la Loire, dont la décision relève notamment qu'aucun élément du dossier ne venait utilement contredire l'avis du collège des médecins de l'OFII du 20 avril 2022, ne s'est pas estimée tenue par le sens de cet avis. Par suite, le moyen tiré de ce que l'autorité préfectorale aurait négligé d'exercer son pouvoir d'appréciation doit être écarté.
7. Pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par M. E en raison de son état de santé, la préfète de la Loire s'est fondée sur l'avis du 20 avril 2022 mentionné ci-dessus selon lequel l'état de santé du requérant pourrait faire effectivement l'objet d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Si M. E fait valoir les exigences du suivi de l'hépatite B qui l'affecte, les éléments d'ordre médical qui sont avancés, notamment les énonciations du rapport établi par le médecin traitant du requérant le 14 décembre 2021 faisant état d'une hépatite active sans complication découverte en 2012 et devant faire l'objet d'une surveillance, ou encore la présentation des conclusions de diverses études relatives à la prise en charge de l'hépatite en Afrique et aux carences du système de santé béninois, ne suffisent pas pour remettre en cause le bien-fondé de la décision préfectorale, prise conformément à l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII le 20 avril 2022 retenant la possibilité d'un suivi approprié du requérant au Bénin. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. Pour soutenir que le refus de titre en litige porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale, M. E fait valoir, outre son état de santé, l'intensité de ses attaches et sa bonne intégration en France où il a initialement pu séjourner en qualité d'étudiant en master d'ingénierie d'affaires, où il est autonome d'un point de vue financier, où il dispose de bonnes perspectives d'insertion professionnelle et où il exerce des activités bénévoles. Il est toutefois constant que le requérant, âgé de trente ans, n'est présent que depuis le mois de mars 2020 en France, où il ne fait pas valoir l'existence d'attaches familiales. Dans ces conditions, le refus critiqué ne saurait être regardé comme portant au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, M. E n'est pas fondé à soutenir que les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnues. Les circonstances dont il est fait état ne suffisent pas davantage pour considérer que la préfète de la Loire a, au regard de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé, entaché sa décision de refus d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination :
9. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que M. E n'est pas fondé à soutenir que l'illégalité du refus de titre de séjour qui lui a été opposé entache d'illégalité la mesure d'éloignement prise sur son fondement ou la décision fixant son pays de destination.
10. Si M. E soutient que l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français et la décision portant fixation de son pays de destination sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation, ce moyen doit être écarté pour les motifs de fait relatifs à la situation personnelle du requérant exposés aux points 7 et 8.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions dirigées contre l'arrêté de la préfète de la Loire du 25 juillet 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. E, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B F E et à la préfète de la Loire.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Verley-Cheynel, présidente,
Mme D, 1ere vice-présidente,
M. Gille, vice-président.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2022.
Le rapporteur,
A. A
La présidente,
G. Verley-Cheynel
La greffière
G. Montézin
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026