vendredi 2 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206395 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SIMONIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 26 août et 13 octobre 2022, Mme A C, représentée par Me Simonin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 juillet 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer dans le délai d'un mois un certificat de résidence algérien d'une durée de 10 ans ou, à défaut, d'un an, ou, à titre subsidiaire, de la munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler en vue du réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le refus de titre en litige se fonde sur des erreurs de fait s'agissant de ses revenus personnels et de la nature de ses attaches en France, qui révèlent un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- sa qualité d'ascendant à charge lui ouvre droit au certificat de résidence prévu au b) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le refus de séjour qui lui est opposé porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le refus de séjour en litige résulte d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'illégalité du refus de titre qui lui est opposé entache d'illégalité la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui méconnaît également les stipulations de l'articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'illégalité du refus de titre et de l'obligation de quitter le territoire qui lui sont opposés entache d'illégalité la décision fixant son pays de renvoi.
La requête a été communiquée au préfet du Rhône, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été fixée au 14 octobre 2022 par une ordonnance du 30 août précédent.
La demande d'aide juridictionnelle de Mme C a été rejetée par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 7 octobre 2022.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- et les observations de Me Simonin.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissante algérienne née en 1960, Mme C demande l'annulation de l'arrêté du 26 juillet 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 visé ci-dessus : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 5) au ressortissant algérien () dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Aux termes de l'article 7 bis de ce même accord : " Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour () : / b) aux ascendants d'un ressortissant français et de son conjoint qui sont à sa charge () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
3. Si Mme C conteste l'appréciation portée par l'autorité préfectorale dans les motifs de sa décision relatifs à la justification d'une absence de ressources propres ou à la nature et à l'ancienneté de ses attaches en France, cette critique ne saurait toutefois à elle-seule suffire pour considérer comme fondé le moyen de la requête tiré des erreurs de fait commises par l'autorité préfectorale ou pour caractériser le défaut d'examen de sa situation personnelle dont Mme C se prévaut également. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
4. Lorsqu'elle est saisie d'une demande tendant à la délivrance d'un certificat de résidence au bénéfice d'un ressortissant algérien qui, se prévalant des stipulations précitées du b) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien de 1968, fait état de sa qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français, l'autorité administrative peut légalement fonder un refus sur la circonstance que l'intéressé ne saurait être regardé comme étant à la charge de son descendant, dès lors qu'il dispose de ressources propres, que son descendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins ou qu'il ne justifie pas des ressources nécessaires pour le faire. Alors qu'il est constant que, comme le relève la décision en litige, Mme C dispose d'attaches familiales en Algérie, où elle a vécu à compter de 1985 et où résident en particulier ses frères et sœurs, et est entrée sur le territoire français en 2018 au bénéfice d'un visa de court séjour qui lui a été délivré en qualité d'ascendant non à charge, les affirmations de la requérante, qui se borne à faire état sans d'ailleurs en justifier du virement d'un montant de 14 000 euros en 2010, et les pièces du dossier, en particulier les attestations de non-perception de retraite ou de non-affiliation à la Caisse nationale de sécurité sociale produites, ne suffisent pas pour établir la nécessité et la réalité d'une prise en charge régulière de la requérante par ses enfants avant son entrée sur le territoire français. Dans ces conditions et alors même que Mme C fait valoir qu'elle est hébergée chez son fils et prise en charge par ses enfants depuis son entrée en France, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié doit être écarté.
5. Pour soutenir que le refus de titre en litige porte une atteinte excessive au droit au respect de sa vie privée et familiale, Mme C fait valoir la durée de sa présence et l'intensité de ses attaches en France, où se trouvent sa fille et son fils français et leur famille respective, en particulier ses petits-enfants. Il est toutefois constant que la requérante, qui est née en 1960 et dont les frères et sœurs résident en Algérie, n'est présente que depuis le mois de janvier 2018 en France où elle s'est maintenue à l'expiration du visa de court séjour qu'elle avait alors pu obtenir. Dans ces conditions, les circonstances dont il est fait état, tirées notamment de ce que Mme C partage désormais le quotidien de son fils et de sa famille et participe également à l'entretien et à l'éducation des enfants de sa fille, ne suffisent pas pour considérer que le refus de titre de séjour en litige a porté au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir que les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien de 1968 ont été méconnues. Ces circonstances ne suffisent pas davantage pour considérer que le préfet du Rhône a, dans l'exercice de son pouvoir de régularisation ou au regard des conséquences de celle-ci sur la situation personnelle de l'intéressée, entaché sa décision de refus d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que Mme C n'est pas fondée à soutenir que l'illégalité du refus de titre de séjour qui lui a été opposé entache d'illégalité la mesure d'éloignement prise sur son fondement.
7. Si Mme C soutient que l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français méconnaît les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ce moyen doit être écarté pour les motifs de fait relatifs à la situation personnelle de la requérante exposés aux points 4 et 5. Les circonstances dont il est fait état ne permettent pas davantage de considérer que le préfet du Rhône a entaché sa décision, au regard des conséquences de celle-ci sur la situation personnelle de Mme C, d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la fixation du pays de renvoi :
8. Eu égard à ce qui précède, Mme C n'est pas fondée à soutenir que l'illégalité du refus de titre et de l'obligation de quitter le territoire français en litige entache d'illégalité la décision fixant son pays de renvoi.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions dirigées contre l'arrêté du préfet du Rhône du 26 juillet 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme C, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Verley-Cheynel, présidente,
Mme D, 1ere vice-présidente,
M. Gille, vice-président.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2022.
Le rapporteur,
A. B
La présidente,
G. Verley-Cheynel
La greffière
G. Montézin
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026