vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206399 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 3ème chambre |
| Avocat requérant | DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 août 2022 et 12 avril 2023, M. A B, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré du capital de son permis de conduire des points pour des infractions au code de la route commises les 30 et 31 mai, 27 juin, 5 et 7 septembre, 18 octobre, 16 et 17 novembre, 7, 14 et 16 décembre 2017, 10 mars 2018, 31 août, 2 et 21 septembre 2021, ensemble la décision référencée " 48 SI " du 20 juillet 2022, par laquelle le ministre l'a informé de la perte de validité dudit permis pour solde de points nul ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de son permis de conduire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de rejeter la demande de l'Etat présentée au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- pour chacune des infractions visées, il n'a pas été destinataire des informations préalables prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la décision référencée " 48 SI " est illégale en conséquence de l'illégalité des retraits de points sur lesquels elle se fonde.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. B la somme de 750 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le requérant s'est acquitté des amendes prononcées à la suite des infractions commises les 31 mai et 27 juin 2017, 5 et 7 septembre 2017, 18 octobre 2017, 16 et 17 novembre 2017 ; il a nécessairement eu notification de ces infractions et de l'information prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- s'agissant des infractions commises les 30 mai et 14 décembre 2017, constatées par radar automatique, en application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public ; le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée, lequel mentionne les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, y compris lorsqu'il est antérieur à l'arrêté du 13 mai 2011 ; en outre, il ressort de l'attestation de paiement émise par le trésorier du CNT-CSA, que le requérant s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire majorée ;
- s'agissant des infractions commises les 31 août 2021, 2 septembre 2021 et 21 septembre 2021, constatées par radar automatique, elles ont donné lieu à émission d'avis d'amende majorée adressés au domicile du requérant par courrier recommandé avec accusé de réception, que M. B s'est abstenu de réclamer et qui ont été retournés au CNT-CSA ;
- les infractions commises les 7 et 16 décembre 2017 et 10 mars 2018, sont des excès de vitesse inférieurs à 20 km/h, avec une vitesse maximale autorisée supérieure à 50 km/h de même nature que les infractions des 31 mai et 27 juin 2017, 5 et 7 septembre 2017 ; M. B ne peut soutenir ne pas avoir eu connaissance des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions est établie.
Par ordonnance du 27 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience au cours de laquelle a été entendu le rapport de Mme Wolf, présidente honoraire.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a commis une série d'infractions au code de la route. Par une décision référencée " 48 SI " du 20 juillet 2022, à la suite d'une infraction commise le 21 septembre 2021 ayant entrainé le retrait d'un point de son permis de conduire, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité dudit permis. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de la décision " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire, ainsi que des décisions de retraits de points y figurant.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. En application des dispositions de l'article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, dans leurs versions successives applicables à la date des infractions en litige, lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant.
3. L'information prévue par les dispositions susmentionnées du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, partant, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation. M. B soutient que les informations préalables, mentionnées par les dispositions précitées du code de la route, ne lui ont pas été délivrées lors de la commission des infractions des 30 et 31 mai, 27 juin, 5 et 7 septembre, 18 octobre, 16 et 17 novembre, 7, 14 et 16 décembre 2017, 10 mars 2018, 31 août, 2 et 21 septembre 2021.
S'agissant des infractions commises les 31 mai 2017, 27 juin 2017, 5 septembre 2017, 7 septembre 2017, 18 octobre 2017, 16 novembre 2017 et 17 novembre 2017 :
4. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral de M. B, que ce dernier a payé les amendes forfaitaires relatives aux infractions des 31 mai 2017, 27 juin 2017, 5 septembre 2017, 7 septembre 2017, 18 octobre 2017, 16 novembre 2017 et 17 novembre 2017, relevées par radar automatique, ainsi que le prouvent les mentions " tribunal d'instance ou de police de contrôle automatisé ". Il découle de cette seule constatation que M. B a nécessairement reçu les avis de contravention correspondants, au verso desquels figure l'information exigée par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
S'agissant des infractions commises les 30 mai et 14 décembre 2017 :
5. Ces infractions ont été relevées par radar automatique et ont donné lieu à amende forfaitaire majorée, ainsi que cela résulte du relevé d'information intégral. Il résulte de l'instruction, et notamment des attestations de paiement émanant du trésorier du contrôle automatisé produites par le ministre, que M. B a payé les amendes forfaitaires majorées correspondant à ces infractions. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée qui comporte les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route. En l'absence de tout élément avancé par l'intéressé de nature à mettre en doute la réalité des paiements ainsi attestés, ces documents, dont les mentions sont suffisamment précises, permettent d'établir que l'intéressé s'est acquitté des amendes forfaitaires majorées correspondant aux infractions en cause. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information prescrite à l'article L. 223-3 du code de la route à l'occasion des infractions des 30 mai et 14 décembre 2017.
S'agissant des infractions commises les 31 août 2021, 2 septembre et 21 septembre 2021 :
6. Le ministre se prévaut des mentions du relevé d'information intégral de l'intéressé pour attester de l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée afférent à ces infractions, relevées par radar automatique. Il produit en outre à l'instance la copie des enveloppes ayant notifié les titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée à l'adresse postale du contrevenant. Il ressort des mentions portées sur ces enveloppes que ces plis ont été retournés à l'administration revêtus des mentions " présenté/avisé " avec la date à laquelle la lettre a été présentée et le destinataire avisé et " pli avisé et non réclamé ". Ces éléments sont suffisamment clairs, précis et concordants pour permettre de considérer que ces plis doivent être, dès lors, regardés comme régulièrement notifiés à la date de sa présentation. Il suit de là que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable du contrevenant. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision du ministre lui retirant, pour chaque infraction, un point de son permis de conduire a été prise au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant des infractions commises les 7 décembre et 16 décembre 2017 et 10 mars 2018 :
7. Il s'agit d'infraction de même nature que les infractions des 31 mai 2017, 27 juin 2017, 5 et 7 septembre 2017. Ces infractions consistent toutes en un excès de vitesse inférieur à 20 km, pour une vitesse autorisée supérieure à 50 km, faisant encourir au contrevenant une perte d'un point. Or, pour les infractions des 31 mai 2017, 27 juin 2017, 5 et 7 septembre 2017, M. B a payé les amendes forfaitaires et a donc reçu les informations prescrites à l'article L. 223-3 du code de la route. De surcroit, il a effectué le 24 janvier 2018 un stage de sensibilisation à la sécurité routière, au cours duquel il a pu bénéficier d'un rappel de ces informations préalables. Par suite, l'irrégularité affectant les retraits de points afférents aux infractions des 7 et 16 décembre 2017 et 10 mars 2018 est demeurée sans incidence sur le sens des décisions ainsi prises, n'a pu avoir pour effet de priver l'intéressé d'une garantie. Le moyen doit donc être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions du ministre de l'intérieur portant retrait de points du solde de points du permis de conduire de M. B à la suite des infractions visées aux paragraphes 3 doivent être rejetées ainsi que ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. B soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
10. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du ministre de l'intérieur et des outre-mer présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du ministre de l'intérieur et des outre-mer présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La magistrate désignée
A. Wolf
Le greffier,
J.-P. Duret
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026