vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206427 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ROBIN VERNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 août 2022, M. C B, représenté par Me Robin, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 25 juillet 2022 par lesquelles la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a désigné un pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de procéder à l'effacement de toute mention personnelle dans le système d'information Schengen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle révèle que la préfète n'a pas procédé à un examen complet de sa situation personnelle ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision désignant le pays de renvoi est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle au regard des dispositions de l'article 3 de la convention européenne précitée ;
- elle est illégale en ce qu'elle a été prise pour l'application d'une mesure d'éloignement elle-même illégale ;
- l'interdiction de retour pour une durée de six mois présente un caractère disproportionné, dans son principe comme dans sa durée.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 septembre 2022, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.
La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme de Lacoste Lareymondie.
Vu :
- la décision du 30 septembre 2022 par laquelle le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. B ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 7 octobre 2022, Mme de Lacoste Lareymondie, magistrate désignée, a présenté son rapport et entendu les observations de Me Béligon, substituant Me Robin, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.
La préfète de l'Ain n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant angolais né en 2004, est entré en France en 2019 accompagné de sa mère pour y demander l'asile. Sa demande a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 25 janvier 2021. Par les décisions dont il est demandé l'annulation, la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a désigné un pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire pour une durée de six mois.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () / Lorsque, dans le cas prévu à l'article L. 431-2, un refus de séjour a été opposé à l'étranger, la décision portant obligation de quitter le territoire français peut être prise sur le fondement du seul 4°. ".
3. En premier lieu, la décision en litige a été signée par Mme A qui avait reçu délégation à cette fin par arrêté de la préfète du 31 janvier 2022 régulièrement publié le 1er février 2022. Le moyen tiré de ce que la décision aurait été signée par une autorité incompétente doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision comporte l'ensemble des motifs de droit et de fait sur lesquels la préfète s'est fondée pour ordonner l'éloignement de M. B. Elle est donc suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, la seule circonstance que la préfète n'évoque pas les résultats scolaires du requérant n'est pas de nature à établir qu'elle n'aurait pas procédé à un examen complet de sa situation au regard des conditions légales et règlementaires permettant d'ordonner son éloignement du territoire français.
6. En dernier lieu, si les pièces du dossier attestent du sérieux et de l'investissement de M. B dans le parcours scolaire qu'il a suivi en vue de l'obtention d'un CAP " conducteur d'installations de production ", cette seule circonstance est insuffisante à démontrer qu'il aurait fixé en France le centre de ses intérêts personnels et familiaux. En outre, le requérant, qui ne réside en France que depuis le mois de septembre 2019 selon ses propres déclarations, ne justifie d'aucune attache personnelle ou familiale à l'exception de sa mère qui fait également l'objet d'une mesure d'éloignement. M. B n'est donc pas fondé à soutenir qu'il est porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la désignation du pays de renvoi :
7. M. B n'ayant pas démontré l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à s'en prévaloir, sans soulever d'autres moyens que ceux qui viennent d'être écartés, pour soutenir que la décision désignant le pays de renvoi serait elle-même illégale.
8. Dans le cadre du présent litige, M. B n'apporte aucun commencement de preuve en vue d'établir qu'il encoure des risques pour sa vie ou sa sécurité en cas de retour en Angola alors qu'en outre, sa demande d'asile a été rejetée. La décision contestée, qui est par ailleurs suffisamment motivée, n'est donc pas contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
9. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français.
Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".
10. Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
11. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France étant mineur, accompagné de sa mère, afin d'obtenir une protection internationale. Si le rejet définitif de sa demande d'asile est intervenu le 24 février 2021, la décision de la Cour nationale du droit d'asile concernant sa mère date du 13 septembre 2021, soit de moins d'un an avant la mesure d'éloignement en litige, le requérant n'étant en outre devenu majeur que le 21 mai 2022. Par ailleurs, si M. B ne justifie d'aucune autre attache sur le territoire français que sa mère, qui fait également l'objet d'une mesure d'éloignement, il est constant que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Enfin, il n'a fait l'objet d'aucune précédente mesure d'éloignement. Dans ces circonstances, la préfète de l'Ain ne pouvait, sans entacher sa décision d'erreur d'appréciation au regard de la situation personnelle du requérant, édicter à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français.
12. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision lui interdisant de retourner sur le territoire français pendant six mois.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement que la préfète efface toute mention de M. B dans le système d'information Schengen. Il y a lieu, pour le tribunal, de lui ordonner d'y procéder dans le délai de quinze jours suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, le versement d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la préfète de l'Ain en date du 25 juillet 2022 interdisant à M. B de retourner sur le territoire français pour une durée de six mois, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Ain de procéder à l'effacement de toute mention de M. B dans le système d'information Schengen, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète de l'Ain.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.
La magistrate désignée,
E. de Lacoste Lareymondie
La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026